Patrick COHEN : A la Une, ce matin : mélange des genres... Bruno DUVIC : Lors des dernières élections régionales, Martin Hirsch a quitté le gouvernement. Cette figure de l'ouverture a repris sa liberté. Et il en fait usage en publiant un livre intitulé : "Pour en finir avec les conflits d'intérêts". Les détails sont dans Le Point et L'Express (qui sortent dès ce mercredi, en prévision de la grève de demain). Question de base d'abord : qu'est-ce qu'un conflit d'intérêts ? Réponse de Martin Hirsch : "C'est une situation où celui qui est chargé de l'intérêt général peut être influencé par ses propres intérêts". Et cette année, les controverses autour de cette notion n'ont pas manqué : les élus et les permis de construire, dans la tempête Xynthia ; les labos pharmaceutiques, au moment de la grippe A ; la double casquette d'Henri Proglio, à la fois chez EDF et Veolia Environnement ; et puis bien sûr l'affaire Woerth/Bettencourt. "Le problème, en France, dit Martin Hirsch, c'est que le conflit d'intérêts n'existe pas dans notre Code pénal". Pour arrêter la suspicion généralisée, il faut se doter de procédures strictes. Martin Hirsch propose une réforme simple : le principe de la déclaration d'intérêts. Les ministres, les parlementaires, les hauts fonctionnaires et un certain nombre d'élus rendraient publics leurs sources de revenus et leurs liens financiers éventuels avec des entreprises. "Ce que je propose, dit Martin Hirsch, est compatible avec une vie privée normale : des amis, des jardins secrets. Il y a aussi des cumuls à interdire quand on est parlementaire : par exemple, être avocat d'affaires ou consultant de grandes entreprises". Le Point cite un passage du livre où l'ancien haut commissaire égratigne Jean-François Copé, chef du groupe UMP à l'Assemblée, avocat à temps partiel dans un grand cabinet d'affaires : "Se mettre à l'abri des conflits d'intérêts signifierait s'interdire de traiter toute affaire pouvant avoir une incidence fiscale, et s'interdire d'avoir à traiter avec les directions du ministère des Finances. Cela ne laisse pas beaucoup de place pour une activité d'avocat d'affaires". Patrick COHEN : Vous parliez de l'affaire Bettencourt. Une autre est en train de prendre de l'ampleur dans la presse... Bruno DUVIC : L'affaire Wildenstein... Le scénario est similaire. Il est question de bataille autour d'un héritage : en l'occurrence, celui d'un grand marchand de tableaux, Daniel Wildenstein, mort en 2001. Sa dernière épouse et ses deux fils se disputent le magot. Et la veuve accuse les deux fils (issus d'un premier mariage) de l'avoir spoliée et d'avoir caché une partie de l'héritage dans des paradis fiscaux. Selon Médiapart, ce matin, Sylvia Wildenstein a alerté à plusieurs reprises les ministres du Budget Eric Woerth puis François Baroin. Ses lettres n'ont pas reçu de réponse. Alors elle a déposé plainte contre X pour "trafic d'influence, corruption active et passive, et recel de blanchiment d'argent". A la différence, pour l'instant, de l'affaire Bettencourt, cette plainte-là pourrait déboucher sur la saisie d'un juge indépendant. Il se trouve que l'un des deux fils, Guy Wildenstein, est délégué de l'UMP pour la côte Est des Etats-Unis et membre du Premier Cercle, cette structure de riches donateurs qui financent le parti de la majorité. Comme dans l'affaire Bettencourt, il est aussi question de Légion d'Honneur... Selon Le Canard Enchaîné de cette semaine, Nicolas Sarkozy en personne a remis à Guy Wildenstein la Cravate de Commandeur de la Légion d'Honneur en mars 2009 à l'Elysée. On le voit, le climat reste assez délétère, en ce mois de septembre. Témoins de la méfiance de la presse à l'égard du pouvoir, les commentaires sur les mises en garde répétées de Brice Hortefeux sur les risques d'attentat. Depuis hier, les éditorialistes s'interrogent sur cette insistance. Un exemple parmi d'autres, ce matin : Bruno Dive, dans Sud-Ouest… "Pas question, bien sûr, de remettre en cause la menace terroriste. Le ministre et la police disposent d'informations que nous n'avons pas. Mais pourquoi une telle insistance ? On veut croire qu'il s'agit d'inciter à la vigilance. On n'ose imaginer qu'un pouvoir en difficulté cherche par là à créer un dérivatif". Patrick COHEN : A la rubrique "faits-divers" : fric-frac et clopes... Bruno DUVIC : Voici les cambrioleurs à l'aspirateur... Une quinzaine de fric-frac en cinq ans. Principales cibles : les magasins Monoprix. C'est Le Parisien-Aujourd'hui qui raconte, ce matin. Les malfrats ont repéré une faille dans le système d'acheminement de l'argent dans les coffres des magasins. Les caissières placent les fonds dans des tubes, qui circulent dans des circuits pneumatiques. Il suffit de percer un trou dans le conduit et de brancher l'aspi : l'affaire est dans le sac. Dernier butin en date : 70.000 € au Monoprix de la rue Garibaldi, à Saint-Ouen. Pour les clopes, lisez La Provence... Enquête, ce matin, sur les cigarettes de contrebande. Elles représenteraient aujourd'hui 18 à 20% du marché. 15 € la cartouche de Marlboro, entre trois et quatre fois moins cher qu'au tabac du coin. Pour La Provence, Philippe Larue s'est fourni en cibiches entre la rue des Dominicaines et la porte d'Aix, à Marseille. C'est un gamin à lunettes qui lui a servi de guide. Quant au revendeur, il planquait sa camelote sous une plaque d'égout. Ce marché noir a deux visages : le petit trafic sous le manteau : les cigarettes viennent du Maghreb. Elles représentent 60% des saisies ; et puis le trafic à grande échelle : là, ça vient de Chine, qui fournit 80% du tabac illégal en Europe. Au-delà de la perte, en termes de taxes, pour l'Etat, c'est un vrai défi de santé publique. Parmi les près de 700 milliards de fausses cigarettes qui circulent dans le monde, certaines sont fabriquées avec du ciment, de la sciure, des insectes, du plastique, des pneus, et même (bon petit-déjeuner) des excréments... Patrick COHEN : En bref, d'autres informations glanées dans la presse... Bruno DUVIC : Quand le grand-père maternel de Nicolas Sarkozy était radié de l'Ordre des Médecins par Vichy... Docteur Mallah Aron, dit Bénédict, né à Salonique, naturalisé en 1926. Radié parce que "Français mais d'origine étrangère". Le Nouvel Observateur s'est procuré le document de l'époque. C'était la première fois, relève L'Obs, que s'opérait une discrimination entre différentes catégories de Français : ceux de souche et les naturalisés. L'Histoire à la Une de la rubrique "cinéma", dans la presse... Tous les journaux parlent de votre film, Rachid Bouchareb. La polémique, au moment du Festival de Cannes, semble retombée. Dans Le Parisien, Jamel Debbouze affirme que ceux qui ont attaqué "Hors-la-loi" le regretteront. Et il a encore envie de travailler avec vous, Rachid Bouchareb. Il vous propose même de tourner un porno halal. France Inter à la Une de Télérama... "Grand corps fragile" : c'est le titre de cette longue enquête, dans laquelle, à vrai dire, il n'y a rien de nouveau. L'hebdo revient sur l'ambiance tendue dans la station et sur le lien viscéral entre France Inter et ses auditeurs. Et puis, évidemment, on n'échappe pas (et c'est tant mieux) à l'expo Monet, au Grand Palais, à Paris... C'est dans tous les quotidiens, mais aussi dans les mensuels spécialisés, comme L'Oeil ou Arts Magazine. Petite anecdote glanée dans Arts Magazine, pour dire à quel point Claude Monet était un bourreau de travail : il peignait par tous les temps. Hiver 1889, dans la Creuse... Il gèle à pierre fendre, mais Monet est tout de même dehors. Ses doigts se couvrent d'engelures : il les enduit de graisse, met des gants et continue...

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