Siri, cet assistant intelligent, qui est-il ? Brangelina, pourquoi leur échec est le nôtre et comment le surmonter ?

8H30 la revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence ce matin par quelques questions existentielles

Patrick, faut-il avoir peur de la mort ?

Mais qui nous parle ? Siri, ce robot parlant intégré à votre smartphone. Libération rend compte ce matin d’une étude captivante sur ce logiciel à la voix suave menée par Nicolas Santolaria.

Intégré aux iphone, ce logiciel d’Apple marque l’ouverture au grand public de l’ère des assistants personnels intelligents. Mais qui est-il, et que produit exactement cet autre qui n’en est pas un ? s’interroge l’auteur…Siri marque en fait « un point de non-retour dans l’investissement de la sphère du langage par la logique finaliste de la machine » et traduit le fait que la machine a en fait colonisé le langage, qui était jusque là la marque constitutive de l’humanité, ce qui pourrait bien produire dit il, une mutation anthropologique radicale. Siri, né d’un programme militaire, est surtout un ami très intéressé. Ce que Nicolas Santolaria démontre, mais il faut lire tout le livre pour suivre la démonstration, et ne pas se contenter de l’excellent article de Robert Maggiori, c’est qu’en faisant mine de répondre à tous nos ordres, il façonne en réalité celui qui lui donne, et fait en sorte qu’il continue à désirer le monde tel qu’il est, et tel que la logique marchande l’a modelé.

Impuissant donc à répondre à des questions existentielles pour l’instant, mais si c’était pour ôter à terme à l’humanité sa capacité d’abstraction et de réflexion ? ce logiciel, aussi bluffant qu’inquiétant a pourtant déjà parfois, le sens de l’esquive, et de l’humour

On poursuit ce matin avec un divorce

Dessin de Large dans Sud-Ouest. Conclave à l’Onu entre grands de ce monde, l’un d’eux demande « L’ordre du jour ? », un autre répond « Brad et Angelina »

« C’en est fini de la Syrie, des élections en tout genre et des attentats, un autre événement, un drame les éclipse : que le couple Brangelina, Brad Pitt et Angelina Jolie pour les ignares, explose et un mythe s’effondre. Il ne faut pas désespérer de l’humanité, elle a toujours su affronter les vrais problèmes » raille Michel Schifres dans son billet de l’Opinion…

Bon, pas question d’en faire des tonnes sur un divorce de plus me direz vous, on est tout de même sur France Inter, mais un bref aperçu de l’ampleur de l’écho donné à cette info dans la presse. Pour le pire et le meilleur.

La Une du New York post hier, avec photo pleine page de l’ex de Brad, l’actrice Jennifer Anniston, littéralement morte de rire…pour illustrer la supposée vengeance de la femme abandonnée.

La Une du Daily mail hier, accusant Marion Cotillard, qui vient de tourner un film avec Brad Pitt d’être la responsable de cette séparation, le même Daily Mail ce matin, avec Marion Cotillard dénonçant cette calomnie. Intox, info, ça fait toujours 2 numéros dont les ventes sont assurées… … Même France football a plongé dans l’hystérie médiatique: Cristiano Ronaldo, copain de bringue de Brad, a du se défendre d’être pour quoi que ce soit dans cette rupture...Bon chez nous, Paris Match a raté le big bang, il fait sa Une ce matin sur…Ingrid Chauvin…

Passons au meilleur, au sérieux en tout cas…Violaine Morin dans le Monde tente d’expliquer pourquoi la séparation du power couple d’Hollywood provoque de telles réactions. Ce couple nous a touché dit elle, parce que dans leur « vraie vie », il dégageait une impression de générosité, de courage, et de progressisme…10 ans qu’on les côtoient, 10 ans qu’on les trouve sympas, du coup même si cela ne nous concerne pas, on cherche à comprendre leur rupture, quitte à se projeter dans leur échec…

Leur échec qui serait donc un peu le nôtre …

Et comment le surmonter ? bon, on laisse Brad et Angelina se débrouiller, mais « comment surmonter nos échecs ?», passionnant dossier dans Philosophie magazine. S’inspirant du dernier essai de Charles Pépin, les vertus de l’échec, paru chez Allary éditions, le magazine nous explique comment il peut y avoir une fécondité de l’échec. La preuve, tous nos grands hommes ont raté quelque chose, de gaulle et steve jobs à l’appui, avant de se réaliser. Alors ce n’est pas franchement dans la culture française, chez nous l’échec reste indigne, la culture de la réussite explique sans doute que nos élites ont beaucoup de mal quand elles subissent une déroute, électorale ou économique à renoncer à leur position. En revanche, dans le monde anglo saxon, l’idée que l’échec nourrit la vie fait partie de la culture commune, la Silicon Valley vit parait il au rythme des « conférences de ratage » organisées dans les entreprises. Alors comment accepter que l’échec a des vertus ? En nous référant aux philosophes. D’Aristote à Hegel et Sartre, en passant par Nietzsche, l’échec peut nous inviter à la prudence et l’humilité, aussi bien qu’à nous dépasser et nous fortifier et nous pousser à la persévérance…Comment transfigurer l’échec, dossier à lire pour se sentir plus fort dans Philosophie Magazine du mois d’octobre...

Et parce qu’on ne saurait rester orphelins

de notre couple mythique, sauf à croire que toute relation amoureuse est vouée à l’échec, Slate.fr cherche à nous rassurer…nous allons très vite trouver un « power couple » de substitution. Pourquoi pas Barack et Michelle Obama propose Vincent Manilève, leur amour dure depuis 24 ans, leur rencontre a déjà fait l’objet d’un film. Oublions Brangelina, vive Michrack ou Barchelle

Barack Obama qui va d’abord se consacrer à essayer de sauver une autre femme…

Récit de Philippe Gélie dans le Figaro. A compter du mois d’octobre, Barack Obama prévoit de consacrer 1 ou deux jours par semaine à soutenir la candidature d’Hillary Clinton. Un engagement sans précédent de la part d’un président en fonction. Sans doute cela s’explique t il par la situation délicate de la candidate démocrate dans les sondages, mais Philippe Gélie explique qu’Obama en fait une affaire personnelle. Il est clairement effaré dit il, par le personnage de Trump, antithèse de la pondération, du consensus et de la prudence qu’il juge nécessaires pour être président. Et puis, Obama se sent en partie responsable de l’irruption de Trump, le républicain étant porté par la colère et la frustration d’une classe moyenne blanche paupérisée. Fort de sa popularité, le président sortant va donc tenter de faire de l’élection un référendum sur son propre bilan. Avec les noirs et les jeunes en cibles principales, ceux qui avaient cru en lui et qui ont du mal aujourd’hui à se retrouver dans Hillary Clinton.

Soutien inattendu en tout cas pour la démocrate, George Senior Bush, 92 ans…une proche vient d’affirmer sans être démenti, qu’il voterait pour Hillary.

Et puisque décidément ce matin, vous vous intéressez aux couples Hélène, un dernier ?

Gainsbourg/Birkin à la Une de Vanity fair, pour remettre les choses à l’endroit. Pygmalion Gainsbourg, oui bien sûr, mais Birkin fut aussi sa muse. Véronique Mortaigne raconte comment c’est Jane qui a rendu beau le vilain gainsbarre qui ne s’aimait pas, elle qui lui a rendu sa force, elle qui lui a donné une famille. Joli témoignage dans Vanity Fair de la gardienne du temple d’un couple iconique où Jane, l’anglaise à l’éternel accent a autant façonné Serge que lui a créé Jane.

Voilà, c’est fini… Merci Siri, et Merci à Philippe Lefébure pour son aimable collaboration du matin…

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