Avec des révélations aujourd'hui... Enfin, des choses qui étaient "dans les tuyaux", comme on dit, mais qui se confirment... D'abord dans "Le Figaro", à qui le ministre de la Santé assure que le projet visant à interdire la fumée dans les lieux publics "va se faire". Je cite le ministre. Oui, parce que l'info est bel et bien là... Elle tient donc en 3 mots : "va se faire". Parce que, jusque-là, on savait que ça pouvait se faire, mais on se demandait si ça allait vraiment se faire, et quand. Ca va donc se faire à partir du 1er janvier prochain, précise le ministre, au "Figaro"... Il sera donc interdit de fumer dans TOUS les lieux publics, sauf dans les bars-tabacs, les discothèques et les casinos... En revanche, les restaurateurs et hôteliers vont donc devoir interdire à leurs clients de fumer... C'est comme ça... Il va falloir faire avec... Puisque ça va se faire. Autre révélation, cette fois dans "Le Parisien", qui nous parle du chèque-transport... Là aussi, ça va se faire... Egalement au 1er janvier prochain... Il s'agit d'atténuer les conséquences de la hausse du prix des carburants. Ce chèque, c'est donc une prime... Et c'est un proche de Dominique de Villepin qui l'a confirmé hier à la rédaction du "Parisien" : "La décision politique de mettre sur pied ce chèque-transport est prise". Avec ce chèque, les salariés français devraient bénéficier d'une somme de 30 euros par mois environ... Elle sera versée par les entreprises, et utilisable ensuite, non seulement dans les stations-service, mais très probablement dans les transports en commun... A l'exception des Franciliens, qui voient déjà une partie importante de leur carte orange remboursée. Mais attention : les entreprises ne seront pas obligées de verser cette prime... Seules celles qui le voudront le feront. Troisième révélation... Elle s'inscrit aussi dans le domaine social... C'est "La Tribune" qui l'apporte... Les étudiants pourraient être dispensés de payer la taxe d'habitation, alors que, de leur côté, les boursiers quittant le domicile parental devraient bénéficier d'une allocation de 200 euros. Après l'épisode houleux du CPE, le gouvernement entend se réconcilier avec le monde étudiant... Ceci explique cela, analyse Anne Eveno, de "La Tribune". Précisons que l'idée d'exonérer les étudiants de cette taxe, dès lors qu'ils ne sont pas en résidence universitaire bien sûr, n'est pas nouvelle... Elle date de la fin 2002... Mais bon, de discussions budgétaires en discussions budgétaires, les députés l'avaient repoussée... Mais là, apparemment... Et puisqu'on peut le dire, disons-le : ça va se faire. Et pendant ce temps, la croissance... Ca fait des années qu'on dit qu'elle ne joue pas le jeu... Et que sans elle, point de salut... Point de réformes... Eh bien, la croissance est là... Et "Les Echos", ainsi que "La Tribune", s'en félicitent en Une... "La Tribune" qui dresse le bilan de cette éclaircie, en 4 volets, 4 phrases... 1) Le PIB a progressé de 1,1% au deuxième trimestre... Ca, c'est la croissance... 2) Merci l'investissement, qui en est à l'origine... 3) La formation brute de capital fixe des entreprises a progressé de 1,8%... et là, merci la demande... 4) La consommation des ménages reste solide. Comme l'aurait dit Pierre Mauroy en son temps, lorsqu'il était à Matignon : "Tous les clignotants sont au vert". Oui, mais pour combien de temps ?... Car là est bien la question, posée par François-Xavier Pietri, dans son éditorial... Notre confrère de "La Tribune" nous rappelle d'abord que ce n'est pas la première fois que l'investissement des entreprises, traditionnel mouton noir de l'activité ces dernières années, enregistre ponctuellement une amélioration sensible... Le problème, c'est que, jusqu'à présent, ces soubresauts sont restés sans suite. Ce qui veut dire, pour résumer la pensée de notre confrère, que les économistes, tout comme le gouvernement, vont scruter avec une attention redoublée les prochains indicateurs. C'est la traditionnelle question, qu'on se pose dans ces cas-là... Vous savez : "s'agit-il d'une éclaircie ou d'un phénomène durable ?". De son côté, le journal "Les Echos" met en exergue un autre bon résultat... Celui de l'emploi... L'emploi généré par les entreprises. Ensemble, nous indique "Les Echos", les poids-lourds du CAC 40 ont augmenté leur effectif de presque 2% l'an dernier. D'où ce commentaire de Patrick Lamm : "Dans le florilège des idées reçues en France, écrit-il, il en est une qui a la vie dure : c'est celle qui consiste à dire que les grandes entreprises, non seulement ne créent pas d'emploi, mais en détruisent. Or, nos champions de l'industrie, des services et de la finance ont embauché l'an dernier... Ils ne méritent donc pas le reproche de 'mauvais citoyens' que ne manquent pas de leur adresser les syndicats et les partis de gauche à la moindre annonce de redéploiement". Bien. Voilà que la croissance, un peu comme la musique adoucit les moeurs, adoucit la rentrée... "Adoucit la rentrée", c'est d'ailleurs le titre de "La Croix"... Oui, écrit Dominique Gerbaud, il y a eu pire rentrée. Les Français n'ont pas la tête des mauvais jours, ils auraient même plutôt meilleur moral, comme le confirme l'INSEE... Depuis deux mois consécutifs... Ce qui ne s'était pas vu depuis longtemps... Oui, il y a eu pire rentrée pour le gouvernement aussi... Un gouvernement enfin libre d'agir, conclut Dominique Gerbaud. Et c'est bien sûr une phrase qui n'est pas innocente... C'est une phrase qui pose le débat... Puisque la croissance veut bien s'y mettre, on attend les réformes. Eh bien, ça va se faire, semble répondre le gouvernement... Et même si une année d'élection présidentielle, traditionnellement, n'est pas une année propice pour les réformes, "il y en aura", assure Dominique de Villepin... Et c'est "Le Figaro" qui détaille les 7 chantiers du Premier ministre... Avec tout d'abord la bataille pour l'emploi, érigée en priorité absolue... Le débat sur la fiscalité... Le pouvoir d'achat... L'éducation et l'égalité des chances... Et des dossiers épineux, comme la réduction du nombre de fonctionnaires, la fusion Suez-GdF, et le dossier des sans-papiers. Les sans-papiers, justement... Parce qu'il y a 10 ans jour pour jour, l'église Saint-Bernard de Paris était évacuée... "Libération" consacre donc aux sans-papiers un numéro spécial aujourd'hui... Outre le dossier principal, qui porte sur le sujet, une bonne partie des autres pages du quotidien raconte l'histoire d'un expulsé ou, au contraire, d'un régularisé, voire d'un naturalisé, ou d'un autre, ou une autre, qui a refusé une régularisation... Et puis bien sûr l'histoire d'un homme ou d'une femme qui est arrivé en France sans papiers, et qui est encore en France, mais toujours sans papiers. Bref, que sont-ils devenus ? Sadio Nakaté, par exemple... Lui est naturalisé... A l'église Saint-Bernard, Emmanuelle Béart était son témoin... Détail piquant : lors de la procédure de naturalisation, l'an dernier, l'administration française lui a demandé s'il voulait changer de prénom... Sadio a dit oui : Erwann. "Non, pas assez français", lui a-t-on répondu. "Prenez plutôt Hugo". Alors va pour Hugo. Il y a aussi Moussa Sissoko, Malien... Toujours sans papiers, la France le considère comme un "primo-arrivant". C'est le terme officiel pour ceux qui sont chez nous toujours sans papiers. "Mais qu'est-ce que ça veut dire, 'chez nous' ?, proteste Albert Jacquard. Tout le monde a le droit de venir vivre ici. Et il est heureux pour moi que ces gens venus d'ailleurs aient la bonne idée de venir chez moi pour m'enrichir". Saint-Bernard, c'était donc il y a 10 ans... 10 ans pour rien, écrit Gérard Dupuy... Parce que 10 ans après, ce sont les mêmes visages d'enfants, jetés dans un drame qui les dépasse, qu'on a vus à Saint-Bernard et revus à Cachan. Saint-Bernard, il y a 10 ans... "Libération" publie, en dernière page, ce qu'était sa Une à l'époque... Une photo pleine page, où l'on voit les policiers débarquer et casser la porte de l'église à coups de hache... Une photo avec, pour légende, la déclaration du ministre de l'Intérieur de l'époque... Jean-Louis Debré... "Avec coeur et humanité". Alors, si vous êtes Parisien, vous avez remarqué qu'en ce mois d'août, il y a un peu plus de travaux dans le métro que d'habitude... Et puisqu'on parle de métro, c'est assez logiquement dans le journal "Le Parisien" que l'histoire nous est racontée. En ce moment, les rames ne s'arrêtent pas à la station Saint-Sébastien-Froissart, pour cause de travaux donc... Et à chaque fois, au micro, une voix au ton plutôt impersonnel rappelle l'information aux voyageurs. Mais de temps en temps... il faut tomber dessus... et notre confrère Germain Moyon, du "Parisien", a eu cette chance-là... La voix crachée par le haut-parleur se défoule, et amuse la galerie. Et c'est ainsi que la voix, hier, a dit : "La RATP nous demande d'annoncer que la station Saint-Sébastien-Froissart se refait une beauté. Et comme elle est pudique, nous n'y marquerons pas l'arrêt... Le prochain se fera à l'excellente station Filles-du-Calvaire". Mieux encore : au moment où les portes se referment, avant l'excellente station Filles-du-Calvaire, la même voix reprend et dit : "C'est parti, mon kiki, pour de nouvelles aventures". Eclats de rire dans la rame. Image assez inhabituelle dans le métro, où les Parisiens sont rarement hilares. Enfin, moins drôle... Et c'est toujours dans "Le Parisien"... Au coeur de son dossier principal consacré aux galères dans les transports aériens, et en particulier comment se faire rembourser... Voici l'histoire la plus parlante qu'on ait pu trouver... L'histoire de Georges. L'an dernier, au mois d'août, il décolle d'Orly avec son épouse, pour Marrakech. Au retour, le couple apprend qu'ils atterriront avec 2 heures de retard à Roissy. Première galère. Circonstance aggravante : ils ont laissé leur voiture au parking d'Orly... Evidemment, puisqu'ils sont partis de là-bas. "Pas de problème, une navette vous conduira là-bas", lui dit-on à Marrakech. Or, atterrissant à Roissy vers 22 heures, le couple n'a pas le temps d'aller chercher la navette, parce que le bagage de Georges a été égaré. Et dans la valise, il y a les clés de la voiture et de l'appartement. "Bon, eh bien, partez en taxi jusqu'à Chartres", dit-on au couple à Roissy... "On vous remboursera". Le couple accepte, mais arrivés à Chartres, Georges reçoit un coup de fil où on lui dit que la valise a été retrouvée. Le couple remonte donc dans le taxi, revient à Roissy, récupère sa valise, file à Orly, saute dans sa voiture et arrive à Chartres vers 5 heures du matin. Georges envoie la facture du taxi : 328 euros... La compagnie aérienne Aigle Azur lui répond qu'il n'est pas question de le dédommager... Alors le couple menace de saisir la justice et d'ébruiter l'affaire dans la presse... Eh bien, une lettre recommandée et quelques coups de téléphone plus tard, la somme lui est remboursée. Vive la presse ! Bonne journée. A demain.

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