Les primes, les stock-options, les parachutes dorés... Si vous avez aimé la polémique à la SOCIETE GENERALE, si vous avez aimé la polémique chez VALEO, ou encore chez CHEVREUX, filiale du CREDIT AGRICOLE, alors vous allez adorer la polémique qui s'annonce désormais chez DEXIA... La banque DEXIA... on évoquait hier l'indemnité de départ accordée à son ancien patron, Axel Miller... 825.000 euros... Ceci malgré de très mauvais résultats... Eh bien, ce n'est pas tout, et c'est LIBERATION qui l'annonce à sa Une : "DEXIA, la provocation"... La banque a distribué 8 millions d'euros de bonus à ses cadres dirigeants... Nouveau scandale... car DEXIA ne doit aujourd'hui sa survie qu'à l'aide des Etats... Ce sont les Etats français et belge qui lui ont évité la faillite... DEXIA qui, dans le même temps, nous rappelle Nicolas Cori, est en train de supprimer 900 postes, dont 250 en France... Mais qu'à cela ne tienne... 8 millions d'euros donc pour le top management, à quoi s'ajoutent non seulement les 825.000 euros d'indemnité de départ de l'ancien PDG, mais aussi la hausse de salaire que s'est généreusement octroyé son successeur... Pierre Mariani a augmenté son salaire fixe de 30 % par rapport à Axel Miller... Mais après tout pourquoi se priver ! "DEXIA retourne aux bonus habitudes"... commente du coup LIBERATION... qui pointe par ailleurs un parachute doré passé jusque là sous silence : celui de l'ancien directeur général de CARREFOUR, José-Luis Duran, évincé du groupe en novembre, mais évincé avec les formes : en l'occurrence un petit pactole de 4 millions 800.000 euros... La fermeture de l'usine CONTINENTAL de Clairoix, la fermeture de l'usine MOLEX de Villemur-sur-Tarn... Après s'en être pris à la sous-préfecture de Compiègne, les salariés de CONTINENTAL seront aujourd'hui à Hanovre où ils doivent manifester avec leurs collègues allemands... LE COURRIER PICARD évoque "le baroud d'honneur des CONTI", ce qui donne dans l'EST REPUBLICAIN "La colère sourde des CONTI"... "L'insurrection des CONTI" titre de son côté NORD ECLAIR... Tandis que l'HUMANITE justifie ce matin les dégradations auxquelles se sont livrés certains des salariés... "Leur colère est juste et ils sont en état de légitime défense"... Le quotidien explique que si le climat social se tend, ce n'est pas à cause des salariés, mais à cause du refus des directions et des pouvoirs publics de les entendre... Un commentaire validé par un spécialiste des conflits sociaux interrogé par LIBERATION... Il s'appelle Guy Groux, il est directeur de recherches au CNRS et pour lui, c'est une évidence, "c'est Nicolas Sarkozy qui a provoqué la radicalité des conflits à laquelle on assiste"... A ce propos, Hervé Algalarrondo dans LE NOUVEL OBSERVATEUR nous apprend quel est le film préféré du chef de l'Etat... C'est "LE GRAND RESTAURANT", film où le tenancier, joué par Louis de Funès, prend un malin plaisir à terroriser ses employés... "Quand je serai élu, je serai comme lui" avait lancé rigolard Sarkozy à des journalistes pendant sa campagne... "Ignoble avec les faibles, et servile avec les puissants"... La surprise, constate mon confrère, c'est que le Président tient parole... D'où ce "climat social à l'orage" ainsi que le titre ce matin L'ALSACE... LE PARISIEN, de son côté, revient sur la situation à MOLEX avec le témoignage des deux dirigeants séquestrés pendant 26 heures... Ils se disent encore sous le choc, ils se sont sentis humiliés... "Comme un singe dans un zoo", explique Marcus Kerriou, le co-gérant de l'usine... "A un moment, moi, j'ai craqué" rapporte pour sa part la DRH... "A la sortie, c'était le pire, on nous a abreuvé d'insultes"... Du coup, ils pensent porter plainte et ils dénoncent des syndicats qui manipulent les salariés... Le co-gérant ajoute : "Ces actes donnent une image catastrophique de la France dans le monde des affaires"... Eh bien, c'est l'objet cette semaine du dossier de "COURRIER INTERNATIONAL" qui propose précisément différents points de vue venus de l'étranger sur ces conflits qui se radicalisent en France, ainsi que d'ailleurs dans d'autres pays d'Europe... Dans LA REPUBBLICA, l'intellectuel italien Adriano Sofri note ainsi qu'il flotte sur le continent comme un air de révolte... Pas encore une révolution, mais un vrai vent de rébellion... Dans la SUDDEUTSCHE ZEITUNG, Mickaël Klaïgen écrit, lui, qu'à ses yeux "la séquestration de patrons est avant tout un signe de faiblesse syndicale"... Et c'est donc l'impuissance des syndicats français qu'il met en avant... Sachant toutefois que cette résistance ouvrière produit jusque là ses effets note pour sa part le Britannique Grégor Gall dans le GUARDIAN... Il fait le comparatif entre les méthodes employées par les salariés anglais et par les salariés français... Les Anglais occupent leurs usines, les Français séquestrent leurs patrons... Et, au final, au vu des résultats, l'avantage, écrit-il, revient à la méthode française... Deux histoires qui se rejoignent dans LE FIGARO et dans LIBERATION... Deux histoires qui se rejoignent en Espagne et en Egypte... Dans LE FIGARO c'est Diane Cambon qui raconte... "Homme de 29 ans, en parfait état de santé, non fumeur, vend pour 150.000 euros l'un de ses reins"... Cette surprenante annonce est visible sur un site internet espagnol, et ce n'est pas la seule... Aujourd'hui, la police espagnole s'inquiète d'une multiplication de ce genre de propositions... Certains proposent un rein, pour d'autres c'est un poumon... La plupart des vendeurs sont espagnols, mais il y a aussi de nombreux immigrés en provenance d'Amérique latine, et chaque fois ils invoquent de grosses difficultés financières souvent liées aux remboursements de lourds crédits immobiliers... Le titre du papier : "Quand les désespérés de la crise vendent leurs organes sur internet"... Dans LIBERATION, c'est Claude Guibal qui raconte... L'Egypte, malade du trafic d'organes... Et là, c'est encore moins anecdotique, c'est un véritable marché... Selon les Nations-Unies, l'Egypte est l'un des pays les plus touchés au monde par les trafics d'organes après la Chine, les Philippines ou l'Inde... Dans les bidonvilles du Caire, les rabatteurs sont nombreux qui recrutent les donneurs au profit souvent de malades originaires des pays du Golfe... Ils sont riches, ils ont de l'argent, mais ils sont en mauvaise santé... Ils achètent les organes des pauvres... Et c'est donc devenu un véritable business dans le pays... A la Une de VSD, grande photo de Jacques Chirac qui serait donc devenu la personnalité politique préférée des Français... "Chirac secret, la vraie vie de l'ex président" titre l'hebdomadaire... en oubliant toutefois de nous donner la moindre nouvelle de son chien, Sumo, on est déçu... A la Une de l'EXPRESS, grande photo de Jean-François Copé... "Tête à claques ou nouvelle star" se demande le journal... Réponse : les deux évidemment... Dossier à l'occasion de la sortie du nouveau livre du président du groupe UMP à l'Assemblée, lequel n'a jamais caché qu'il rêvait de devenir un jour président tout court... Et, sinon, pourquoi pas Bernard Tapie à l'Elysée... Ne hurlez pas, il n'est pas candidat, mais dans LE POINT dont il fait la Une, il explique qu'après tout il ne serait peut-être pas si mauvais... En tout cas aussi bon que beaucoup d'autres... "Berlusconi a t-il un seul argument de plus que moi pour être à la tête de son pays", dit-il, en expliquant que son principal projet aujourd'hui, c'est de faire un nouveau spectacle, un spectacle écrit par lui, monté par lui et joué par lui pour déconstruire le mythe Bernard Tapie... Vous n'allez pas en revenir", prévient-il... On n'en revient déjà pas ! Pour le reste, je vous invite à aller lire ce matin le papier de MEDIAPART consacré à l'affaire Coupat... Vous apprendrez que les conversations de Julien Coupat lors de ses parloirs sont vraisemblablement placées sous écoute... Et puis plusieurs journaux reviennent sur la nouvelle censure, censure à la RATP... Après les affiches de TATI, ce sont celles d'Audrey Tautou qui ont été transformées... On a zappé les affiches où elle apparaissait avec une cigarette... A ce train là, commente Didier Paubel dans LE DAUPHINE LIBERE, on pourrait réclamer le retrait du nom gravé en gros sous le portrait de la jeune femme... COCO n'est-il pas le diminutif d'un dangereux stupéfiant...

Frédéric Pommier

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