(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin, un petit 21 avril.

(Bruno Duvic) Libération : "Hollande en tête, Le Pen trouble fête"

Le Figar o : "la percée de Marine Le Pen relance le second tour"

Le Parsien-Aujourd'hui en France : "un duel attendu et une suprise"

Les Echos , "Hollande en tête, l'équation difficile de Sarkozy"

L'Humanité : "Sarkozy, le désaveu"

Voilà quelques grandes unes ce matin, elles font donc une place importante à celle qui est arrivée 3ème avec 18% : Marine Le Pen... Elle fait pire que son père, titre encore Libération. Dans Les Echos , Guillaume Tabard en fait le personnage central de son éditorial, intitulé "Un petit 21 avril"

"C'est elle qui renvoie la droite à ses doutes idéologiques

C'est elle qui renvoie la France à ses angoisses

C'est elle qui empêche la gauche de savourer pleinement

C'est elle qui inflige le plus cinglant des démentis aux observateurs et sondeurs"

"Elle s'installe dans le paysage et pulvérise Mélenchon", écrit Didier Louis dans Le Courrier Picard

Quelle est cette "stratégie gagnante de Marine Le Pen", dont parle Mediapart ? Le site répond : insécurité économique et sentiment d'insécurité physique. Son succès s'expliquerait par son monopole sur la réponse à la demande populaire de protection.

A l'inverse, ajoute un spécialiste du FN sur Mediapart , les deux principaux candidats ont tenu un discours très technocratique, difficilement audible auprès de l'électoral précarisé.

Elle démocratise la xénophobie ajoute le même spécialiste, Sylvain Crépon dans Libération ...

Vote de crise, voilà comment Francis Brochet analyse ce premier tour dans Le Progrès .

C'est aussi l'un des aspects de l'échec de Nicolas Sarkozy...

La droite a la tête à l'envers, constate Jean-Marie Colombani, sur slate.fr . « La droitisation de sa campagne pourrait valoir à Nicolas Sarkozy d'être responsable d'une énorme tragédie : Marine Le Pen aspirant à être l'épine dorsale de la droite française. »

« Il voulait être le candidat de la rupture, au lendemain de ce premier tour, il est celui de la glissade », écrit méchamment Dominique Jung dans Les Dernière nouvelles d'Alsace .

Méchant aussi, Laurent Joffrin, sur le site du Nouvel Observateur : il "comptait sur la majorité silencieuse pour faire mentir les pronostics, cette majorité est sortie de son silence pour lui crier de partir. Il est en « pâle position » pour Libération .

La dominante du premier tour restera le rejet du président sortant ajoute Michel Lepinay dans Paris Normandie .

Et dans Marianne , qui sort exceptionnellement aujourd'hui lundi, c'est la curée, comme si le second tour était déjà passé. A la Une sur fond noir, un Sarkozy tassé sur lui-même, la main sur le visage. Et juste ces 3 lettres au milieu de la page : "Fin". « La République s'en portera mieux, la démocratie aussi » peut-on lire dans l'édito de Maurice Szafran.

On en oublierait presque qu'il y a un second tour. Et « la gauche n'est toujours pas et de loin majoritaire dans le pays », écrit Etienne Mougeotte dans Le Figaro

En synthèse, il place Marine Le Pen et François Bayrou devant leur responsabilité : veulent-ils faire élire la gauche ?

Après les surprises du premier tour, c'est une nouvelle campagne qui commence pour Anita Hauser sur atlantico.fr .

Et la victoire est tout à fait jouable, selon les mots du président candidat dans le Figaro. L'UMP va lancer une campagne effrénée. Omniprésence médiatique.

Dans son édito vidéo sur le site de L'Express , Christophe Barbier analyse les chiffres. 50% de reports de voix de Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy a perdu. 75 à 80%, il peut avoir un espoir.

Mais l'espoir est du côté de François Hollande

Oui mais paradoxe : beaucoup d'éditorialistes enterrent déjà Nicolas Sarkozy.

Peu sacrent déjà François Hollande.

Il y a bien Franz Olivier Giesbert, pour dire sur lepoint.fr "le nouveau président s'appelle François Hollande".

Eric Dupin sur Rue89 : pourquoi il sera élu le 6 mai.

Il y a la jolie photo page 3 de Libération . Un petit saut de cabri sur l'estrade après son discours à Tulle hier soir. L'image dit l'élan qui porte le candidat. Mais en même temps il descend de l'estrade pour repartir au charbon.

Dans ce petit air de 21 avril, le choix est désormais clair selon Nicolas Demorand qui relève d'abord la nette victoire de François hollande. "Formuler des réponses à la colère et au désarroi sans céder sur les valeurs de République. Sortir de la crise par le haut".

La joie retenue à gauche, on la sent dans l'éditorial de Marc Dejean dans Presse Océan , à Nantes. Hier midi, Jean Marc Ayrault, maire de la ville, se disait confiant mais prudent jusqu'au bout. Au même moment, écrit Marc Dejean, sur quelques panneaux d'affichages sauvages, on pouvait lire "dégageons Sarkozy sans faire confiance à Hollande".

Le meilleur rassembleur vaincra pour Rémi Godeau dans L'Est Républicain .

Rassembler pour François Hollande, c'est capter le maximum de voix d'électeurs de Jean Luc Mélenchon.

Dans L'Humanité , Patrick Apel Muller dresse le bilan de la campagne du Front de gauche : un nombre trop important d'électeurs a voté en faveur de Marine Le Pen, le Front de Gauche seul avait fait du FN son ennemi. Mais c'est la réussite du Front de gauche qui permet d'envisager la défaite du président sortant. Pas une voix ne doit manquer à François Hollande. Toute la gauche a cet objectif.

Un coup d'oeil à la presse étrangère pour finir...

Remarquable travail de Courrier International sur la présidentielle vue de l'étranger... Si l'on suit ce récit multimédia de 20 heures à la fin de soirée, on retient pèle-mèle, le réquisitoire du Guardian , en Grande Bretagne : "Populisme, démagogie et absence de pragmatisme sont les vainqueurs du premier tour.

"Le résultat exceptionnellement bon de Marine Le Pen est le symptôme d'un certain archaïsme français", dit le correspondant en France du quotidien espagnol ABC . Ses projets de rompre avec l'euro et de fermer les frontières sont "surréalistes". "Constater que certains Français soutiennent ces idées, c'est lamentable".

A propos de Nicolas Sarkozy, désaccord dans la presse anglo-saxonne. The Economist parle du

"vote anti-Sarkozy". Sarkozy survit répond The Daily Beast aux Etats Unis

Puisqu'on parle des Américains... François Hollande en tête ça les intrigue, dit la correspondante de CBS News "Ils ont peur de la gauche en général"

Pour l'espagnol El Pais . « En ces temps tristes et médiocres », le socialiste semble être le seul, en Europe, à pouvoir envoyer valdinguer le joug de l’austérité. Il pourrait amorcer « une réaction collective » sur le Vieux continent.

Pour le journal économique allemand Handelsblatt , le nouveau président devra, en un temps réduit, convaincre les investisseurs qui ont perdu confiance en la France, et les électeurs qui attendent un changement politique rapide.

La presse anticipe plutôt une victoire du socialiste... Son visage rigolard est à la Une du site de La Folha de Sao Paulo . « C’est le grand jour pour Tulle ! », s'exclame le correspondant allemand de Die Welt .

La crise mais... Mais Tulle au centre du Monde, le coq français a les pattes dans la crotte, mais il chante toujours...

A demain !

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