Deux amis qui font la Une d’une bonne partie des journaux. La Une de LA CROIX : crane châtain foncé d'un côté... et de l'autre une belle tignasse blonde.

Une personne attendant d'être servie dans un centre d'accueil BSM à Philadelphie, l'une des villes les plus pauvres des Etats-Unis
Une personne attendant d'être servie dans un centre d'accueil BSM à Philadelphie, l'une des villes les plus pauvres des Etats-Unis © AFP / Spencer Platt

La Une de L’HUMANITE – cette fois, ils sont de profil, de même que dans LE FIGARO. L’homme au crane châtain foncé, c’est Emmanuel Macron. Celui à la belle tignasse blonde, évidemment c’est Donald Trump. Le président français entame donc ce lundi une visite d'Etat de trois jours à Washington, la première de l'ère Trump, que Macron, nous dit-on, va tenter de convaincre de faire évoluer sur différents sujets, et notamment celui du nucléaire iranien. On nous raconte déjà tout ce matin, y compris dans les éditos : le lieu des déjeuners, les espoirs d’un tel déplacement, les enjeux politiques, le plant de chêne qu’offrira Macron à Trump – en rappelant au passage qu’un chêne donne des glands… Mais le plus intéressant est sans doute le numéro spécial de LIBERATION qui, à l'occasion de cette visite, propose vingt pages d'analyses et de reportages sur les failles de l'Amérique. C'est l'Amérique côté chaos. Celle qui ne fait pas rêver.

Des infrastructures, des routes qui s'effritent ou s'effondrent, des barrages qui se fissurent, des trains qui déraillent trois fois plus souvent qu'en Europe. Un taux d'homicides par armes à feu sans commune mesure avec les autres pays développés. Un racisme systémique et un taux d'incarcération digne d'un régime totalitaire. Des inégalités qui ne cessent de s'accroître. Une société anxieuse, minée par les hypothèques ou les remboursements d'emprunts étudiants. Des femmes – surtout les femmes noires, nombreuses à mourir en couche.  Et une espérance de vie qui a même reculé pour la deuxième année consécutive, pour se placer au trentième rang mondial, entre le Costa Rica et Cuba. Un enfant né en France a une espérance de vie de quatre ans supérieure à celle d'un enfant né aux Etats-Unis. Non, cette Amérique-là, celle de l’homme à la tignasse blonde, ne fait vraiment pas rêver. 

Cela dit, la France connaît elle aussi de nombreux problèmes.

Problèmes dans les prisons. « La surpopulation carcérale atteint des records dans les maisons d’arrêt », explique LE FIGARO : près de 70.400 personnes incarcérées, alors que les prisons françaises comptent moins de 60.000 places. Dans les maisons d’arrêt de Paris, Toulouse et Marseille, on compte même, par endroit, deux fois plus de détenus que de places.   

Problèmes dans la jeunesse. C’est toujours dans LE FIGARO, qui nous apprend que les troubles du comportement touchent les enfants de plus en plus tôt : anorexie mentale, boulimie, addictions, automutilations, dépression… Jusque-là, on parlait surtout de ces pathologies pour les adolescents. Or, désormais, elles concernent fréquemment des enfants d’à peine dix ans, et il en va de même des tentatives de suicide. 

Du côté des médecins, ce n’est pas non plus la grande forme. Une praticienne du Maine-et-Loire raconte, dans LE COURRIER DE L’OUEST, son agression par un patient. Et le journal précise que de plus en plus de docteurs, très souvent des généralistes, sont victimes de violence. Une hausse « alarmante », précise le quotidien.

Et puis, deux infos judiciaires pas franchement de nature à remonter le moral…  

D’abord la rubrique « faits divers ». Une enquête, dans LE PARISIEN, sur Nordhal Lelandais. L’homme qui a déjà avoué le meurtre de la petite Maëlys et du caporal Arthur Noyer pourrait être impliqué dans une nouvelle disparition : celle de Lucie Roux, 43 ans, qui s’est volatilisée en 2012, alors qu’elle était hospitalisée en psychiatrie dans la banlieue de Chambéry. A l’époque, Nordhal Lelandais se trouvait dans le même établissement pour des problèmes d’alcoolisme et une ancienne patiente assure qu’il a plusieurs fois déjeuné avec la jeune femme disparue. La sœur de Lucie Roux demande aujourd’hui que la police lance de nouvelles investigations. 

Autre affaire, grande affaire. Une enquête, dans LIBERATION, sur l’usine du cimentier Lafarge qui finançait le groupe Etat Islamique en Syrie. « Comment Lafarge informait l’Etat », titre à sa Une de journal. Selon les derniers éléments du dossier d’instruction, les services secrets français étaient tenus au courant des conditions d’activité de la multinationale, et notamment des versements à l’organisation terroriste. A l’automne 2014, l’ancien directeur de la sûreté de l’usine aurait même été en contact avec le cabinet militaire du président François Hollande. Pour LIBERATION, l’Etat français serait donc au centre de l’affaire. Une formule qui sous-entend « affaire d’Etat ».

Mais il y a tout de même du plus léger dans les journaux. Du plus léger, du plus heureux.

Une histoire d’amitié. C’elle d’un homme qui se jette à l’eau pour sauver un copain de la noyade. C’était à Ploemeur et ils sont tous les deux en photo à la Une du TELEGRAMME.

« Une histoire d’amour plus fort que la grève », titre à sa Une LA PROVENCE. Un couple de Ch’tis, Jacques et Marie-Lucie qui, malgré donc, les grèves à la SNCF, pourront fêter leurs Noces de diamant dans le Sud… Après avoir appris que leur voyage en TGV Lille-Paris-Avignon tombait un jour de grève, leurs enfants ont écrit à huit dirigeants de la SNCF et même à la ministre des Transports, racontant que leurs vieux parents devaient retrouver dans le SUD une quarantaine de membres de leur famille… « Vous avez le pouvoir de permettre ce voyage malgré la grève. Merci de le faire s’accomplir, pour que notre bonheur familial puisse prendre le chemin… de fer ! » Emu par le courrier, le directeur adjoint de la SNCF a assuré aux deux octogénaires que leurs TGV circuleraient bien ce lundi… Les noces de diamant, c’est soixante ans de mariage.

Ce matin, dans la presse, il est d’ailleurs question de deux autres anniversaires.

Les noces de bois pour le mariage pour tous… Cinq années déjà. Le sujet fait notamment la Une de LA DEPÊCHE : cinq années que la loi instaurant le mariage pour les couples de même sexe a été instituée. Depuis le 23 avril 2013, 40.000 couples homosexuels se sont dit « oui »… Vous lirez, çà et là, leur bonheur, et comment cette union est entrée dans les mœurs.  Cela étant, l’homophobie n’a pas été éradiquée pour autant, loin de là : ces derniers mois, le nombre des agressions homophobes serait même reparti à la hausse.

Pour finir, autre anniversaire : les 30 ans de la sortie du film « Le Grand Bleu »… Il était sorti en mai 1988, et pour l’occasion, LE PARISIEN a recueilli les souvenirs de l’acteur principal Jean-Marc Barr. Interview amusante : il explique qu’il n’a jamais vu « le Grand Bleu » en entier… Lors de sa présentation au Festival de Cannes, « J’étais complétement bourré », dit-il. « Le seul souvenir que j’ai, c’est qu’il fallait absolument que je trouve des toilettes pour pisser. Et puis sept ou huit ans après, je l’ai revu, mais pas jusqu’au bout… ça me paraissait trop juvénile. » Jean-Marc est un bel acteur de 55 ans. Aujourd’hui, il vit aux Etats-Unis. Lui, l’Amérique continue de le faire rêver.

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.