Cyril Hanouna croqué en homme de pouvoir et encensé par Marlène Schiappa dans M le magazine du Monde. Bonheur de l'adoption d'un couple homosexuel dans la Nièvre, le Journal du Centre, bonheur des pigeons d'Istanbul, le Figaro. Sublime hors-série de Causette sur les liaisons torrides du sexe et de la nourriture.

On parle de pétrole... 

Et on parle donc d'une malédiction, la malédiction des ressources, le terme a été inventé à propos du Nigeria, que le pétrole a livré au crime et à la pollution, l'excellent La Croix L'hebdo reprend l'expression à propos de l'Ouganda, où la multinationale française Total s'est lancée avec des partenaires locaux et chinois dans dans un projet pharaonique depuis les rives du Lac Albert, où l'or noir a été découvert il y a quinze ans. Un projet à 10 milliards de dollars, signé le 11 avril dernier, pour extraire 230.000 barils par jour et acheminer ce pétrole dans un  oléoduc de 1445 kilomètres jusqu'à l'océan indien, via la Tanzanie... 

Les tuyaux chauffés, chauffés parce que brut est très visqueux, traverseront les terres des éléphants, des lions, des chimpanzés, des buffles et des hippopotames, des réserves forestières et aboutiront non loin de récifs coraliens, près de tortues marines. Ajoutez une raffinerie à construire et un aéroport, l'arrivée forcément de travailleurs migrants qui défricheront la forêt, ajoutez les expropriations de terres coutumières mal protégées, des paysans déjà interdits de cultiver et qu'il faut nourrir parfois -forcément, ils ne peuvent plus aller sur leurs terres, paysans qui réaliseront assez tôt qu'il n'y aura guère de travail pour eux dans l'industrie qui s'installe et transforme leurs paysages, l'asphalte sur les pistes, une banque qui pousse, une grande station service déjà qui atteste la puissance de Total... Et vous avez la trame d'un récit bien mené.. Un Président ougandais Yoweri Museveni autrefois guérillero marxiste et désormais six fois réélu se prenant (écrivait le Figaro en février -excellent portrait) pour une sorte de messie africain, qui avait fait célébrer des prières d'actions de grâce  à la découverte de l'or noir. Un peuple qui ne s'y retrouve pas... Et donc Total, la multinationale qui a besoin de l'Ouganda pour maintenir la production de pétrole et financer dit-elle des énergies vertes, Total que des ONG poursuivent devant les tribunaux et que les banques lâcheraient, avant-hier les Echos ont affirmé que les françaises  BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole ont rejoint Barclays et Crédit suisse dans le refus de financer le projet ougandais, il serait trop dur à défendre murmure un banquier...   

Il n'est pas que le pétrole, le site France info nous raconte une autre histoire ougandaise, mais celle là plus heureuse, une histoire de bananes, l'Ouganda en est le premier producteur africain mais cette plante produit tant de déchet, une entreprise Tex Fab les récupère et en fait des textiles des tapis des paniers et même des extensions capillaires, bellement blondes et biodégradable, après usage on les enterre et on en fait du compost. Qui parle de pétrole...  Mais comment se passer d'énergie...    

Dans Ouest-France notre ministre de l'Economie Bruno Le Maire annonce l'abandon du projet Hercule, qui coupait en trois EDF pour complaire l'Europe mais au grand dam des syndicats,.... Dans le Figaro  on apprend que le Orly suédois ferme, fini, l'aéroport de Bromna près de Stockholm était celui des vols intérieurs, le premier en Europe a poser des pistes asphaltées, il venait d'être rénové, mais le voilà emporté par la pandémie mais aussi surtout par le flygskam, la honte de voler. 

Il est curieux de lire alors, dans le Télégramme, qu'on se mobilise à Morlaix pour sauver l'aéroport de Ploujean, on pourrait créer une compagnie régionale, qui désenclaverait la Bretagne; nom de code Brocéliande, à l'ouest voler est encore une magie...   

On parle aussi d'ambition...  

Celle de Cyril Hanouna croqué dans le magazine du Monde en homme de pouvoir. Les photos du journal signées Paul Schmidt ont belles et inquiétantes, elles l'épaississent et disent une la force d'un homme qu'une Bande dessinée imagine en président l'an prochain, c'est une blague, mais dont sérieusement la ministre Marlène Schiappa, son invitée récurrente, pense qu'il devrait présenter le débat de l'entre deux tours en 2022 -et elle égrène ses qualités: un homme brillant, qui connait la société, et qui avait pris au sérieux le mouvement des gilets jaunes, et si on le dénigre, cela relève ajoute Marlène Schiappa du "mépris de classe": étrange idée à propos d'un fils de médecin dont le prénom est Valéry, en hommage au Président  Giscard d'Estaing qu'aimait beaucoup sa maman... 

Mais qu'importe. Hanouna s'imagine en directeur des programmes d'Europe un, si son patron et bienfaiteur Vincent Bolloré la rachète, le journal décrit aussi la peur qu'inspire Hanouna, à la fois généreux et vengeur à l'excès. Michel Drucker dit de lui qu'il  restera dans l'histoire de la télé -mais si Drucker est aimable, dit un médisant, c'est parce qu'Hanouna le fera venir chez Bolloré quand le service public le lâchera! Il n'en est pas encore là Drucker, qui raconte dans Paris-Match sa traversée de la maladie et sa renaissance, et veut être le premier centenaire de la télévision. 

Pendant ce temps, Télérama raconte la transhumance de notre téléréalité vers Dubaï, son futurisme sur le sables; ses selfies devant le Burj Khalifa, la plus haute tour du monde, ses restaurants et ses jet-skis, qui prouvent aux anges et aux marseillais, que oui, ils ont réussi. Comparé à Dubaï, dit l'écrivain Aurélien Bellanger le luxe a la française ressemble à une maison de poupée, êtes vous vexé?  

Dans la Nièvre, et dans le Journal du Centre, Vincent et Robert heureux quinquagénaires, se moquent bien du luxe car ils ont Pascal, quatorze ans, qu'ils ont rencontré quand il en avait huit, et ils racontent le long chemin pour  convaincre des administrations des psys qu'un couple marié homosexuel, le leur, ferait le bonheur d'un môme. Sur la photo, Pascal, son papa et son papou jouent au baby foot. Qui  a besoin de Dubaï ? 

Et on parle pour finir de pigeons...

Car oui les bonheurs se passent de télé.

A Istanbul en Turquie, on cultive la colombophilie, vieille passion locale que l'enferment et la méchanceté des temps ont rendu vitale pour ses adeptes... On monte sur ses terrasses, on fait s'envoler les pigeons, ils reviennent, on leur parle, on se sent grandi de regarder le ciel, c'est dans le Figaro. 

A Tinajin en Chine, on s'en va lire dans une bibliothèque futuriste dont l'auditorium a la forme d'un œil, à Rio au Brésil on lit au cabinet royal portugais, 350000 ouvrages dans un bâtiment néo-gothique du XIXe siècle, le magazine du Parisien nous montre en ce jour mondial du livre des lieux qui nous font oublier tout le bruit... Le magazine des Echos, lui, nous invite aux musées qui nous manquent, avec un érudit merveilleux, Krzystof Pomian, qui consacre son existence à une histoire mondiale des musées. Marianne, elle, nous invite à La Fontaine qui fut splendidement illustré par Gustave Moreau. Sommes nous requinqués?  

Il ne nous manque que les joies gustatives.  Nous nous précipiterons sur le hors-série de Causette, journal féministe jeune et sensuel, qui nous dit les liaisons sulfureuses du sexe et de la nourriture, c'est excitant acidulés sucré plein d'abricots de fraises de pâtisseries aux formes suggestives et l'on se souvient de "la Grande bouffe" de Ferreri...  C'est curieux comme ce fétichisme anglais qui consistait à se reverser des flageolets sauce tomate dans sa culotte, Hanouna eut-il aimé autrefois?    ----------------

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