La revue de presse du samedi 23 décembre, par Rosalie Lafarge.

Avec d'abord, ce cadeau (empoisonné diront certains) pour les pères suédois, à découvrir dans Libération. En Suède, le gouvernement envisage de prolonger la durée du congé paternité en le faisant passer de trois à cinq mois. Une mesure qui pourrait renforcer le phénomène des "latte papa". 

Ces pères, modernes ou normaux, c'est selon, n'hésitent plus à se promener avec leur porte bébé kangourou. Ils envahissent les aires de jeu et les cafés (d'où leur surnom), parce qu'ils sont en congé parental. 

En Suède, les parents se partagent ces congés nous explique Libération. 480 jours à répartir, mais à une condition : que chacun prenne au moins trois mois. Si le père ne les prend pas, ils sont perdus. 

Visiblement, la mesure fait son effet, bien au-delà de l'attraction touristique que sont devenus ces pères à qui l'on a même consacré un livre de photos. 30% des congés parentaux ont été pris par des pères en 2016 en Suède, contre 0.5% au début du congé parental en 1974. 

Et pour continuer d'alléger la charge des mères,  le gouvernement veut aller plus loin en étendant à cinq mois ce quota. Sauf que si la mesure semble ravir deux pères suédois qui témoignent, elles n'est pas forcément vue d'un bon oeil par une femme, une universitaire dont l'histoire ne dit pas si elle est mère. 

Cette professeure à l'Université de Stockholm redoute une "polarisation entre les pères", entre ceux qui utilisent ce quota et les autres". 

Bien loin de tout ça, La Croix nous emmène passer Noël aux Antilles

Et à l'heure où beaucoup se font des cadeaux, aux Antilles, Noël est en tant que tel un cadeau. En tout cas pour certains. Trois mois après le passage des cyclones Irma et Maria, le journal La Croix est allé voir comment se préparaient les fêtes sur les îles de Saint Martin et de La Dominique. 

Et elles se préparent, ce qui est déjà une information en soi. C'est ainsi qu'on découvre ces maisons aux perrons décorés malgré leurs toitures arrachées, ces guirlandes électriques suspendues à des réverbères qui n'éclairent plus.

Parmi les habitants, certains veulent y voir une victoire sur la dévastation, un espoir aussi. D'autres dénoncent une opulence déplacée en regardant les bâtiments publics abondamment décorés. 

Mais les autorités se défendent : "On ne veut pas faire croire que tout va bien, on veut simplement essayer de garder le moral". 

Et c'est aussi pour redonner le moral, ou au moins tenter de le faire, qu'un convoi bien spécial est parti de Lourdes pour rejoindre l'Irak. Le magazine Pèlerin retrace ce périple où il est, là aussi, question d'espoir. Début avril, quinze statues de Notre Dame de Lourdes quittent le sanctuaire pour rejoindre les villages chrétiens du nord de l'Irak.

Elles mettront plus d'un mois à atteindre Erbil. Puis deux de plus pour être réparties dans les villages. Une traversée organisée par l'Œuvre d'Orient, pour montrer aux populations libérées du joug de Daesh la solidarité de tous les chrétiens de France. 

C'est un voyage à retrouver dans Pélerin, donc, en photos. Et quel paradoxe que cette image d'une statue de la vierge portée par deux miliciens en uniforme, les gilets remplis de munitions. La paix portée par la guerre. L'apaisement porté par l'inquiétude.

C'est un cadeau d'un autre genre que reçoit le désert des Emirats Arabes Unis

Longtemps les faiseurs de pluie ont été cantonnés à la sorcellerie. Mais ça, c'était avant. Avant que n'arrive le "cloud seeding", soit "l'ensemencement des nuages". Miraculeux ou contre-nature, pour vous faire un avis, jetez un oeil au Paris Match de cette semaine. 

C'est lui qui met en lumière ce procédé. Aux Emirats arabes unis, on envoie des avions injecter des particules dans les nuages (encore faut-il qu'il y en ait, des nuages) et ces particules vont faciliter la condensation de l'eau sur des grains de poussière.

Je vous passe l'intégralité du procédé, mais à la fin il pleut. De 5 à 30% de précipitations en plus. "Un jour peut-être, conclut l'article, le petit Emirat devra importer des parapluies" !

La pluie, qui s'abattait sur Arles le 23 décembre 1888. Le jour où Van Gogh s'est tranché l'oreille seul devant un miroir, avec son rasoir. A tous les admirateurs du peintre, Le Parisien offre de nouvelles révélations. Et il s'appuie pour ça sur le travail de l'historienne Bernadette Murphy. 

Après 7 ans d'enquête et, déjà, un documentaire, elle va plus loin dans un livre aujourd'hui. Elle remet en cause une partie de l'histoire et l'assure : Van Gogh n'a pas remis son oreille tranchée à une prostituée ce soir-là. 

De cette Rachel il n'existe aucune trace dans les registres des maisons de passe. Parce qu'en fait, selon Bernadette Murphy, Rachel s'appelait Gabrielle. Et c'était la femme de ménage des bordels d'une rue d'Arles.

A lire dans Le Parisien, puis dans L'Oreille de Van Gogh, rapport d'enquête, aux éditions Actes Sud. Et à glisser, pourquoi pas, sous le sapin !

Certains d'entre nous ne résisteront pas : ils se prendront en photo avec leur cadeau

Le fameux selfie de Noël va sans aucun doute investir les réseaux sociaux dès les premiers déballages. Et si cela relevait du trouble mental ? C'est ce qu'avancent ce matin des chercheurs britanniques et indiens dans une étude relayée par Libération et Le Parisien. 

Ces chercheurs l'assurent : "L'abus d'autoportrait relève de la maladie mentale". C'est un "désir obsessionnel compulsif de prendre des photos de soi-même et de les partager qui vient d'abord compenser un manque d'estime de soi, puis combler un vide dans l'intimité". 

Voilà qui vient conforter les résultats d'une étude néerlandaise publiée il y a deux ans et qui nous assurait que la pratique abusive du selfie était souvent le signe d'une vie sexuelle peu épanouie. Dont acte !

Et puis si vous n'aimez pas Noël, rassurez-vous, vous n'êtes pas seul !

Si ce moment vous rend fou, si cette revue de presse vous a donné mal à la tête, allez faire un tour sur Slate.fr et lisez la lettre d'un Noëlophobe. "Je ne crois pas avoir de tendances dépressives", précise l'auteur à qui les fêtes de fin d'année donnent un cafard monstre.

Il a simplement toujours eu l'impression que Noël consistait plus à se faire plaisir qu'à faire plaisir tout court. Exemple : "quand une tante ou un cousin me font un cadeau, j’ai l’impression de lire sur leur front “regarde comme je me suis embêtée pour toi, allez souris, montre-moi que j’ai visé juste". Cynique sûrement, mais peut-être parfois un peu vrai non ?!

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