(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : un déluge de feu

Elle portait un bandeau sur l'œil gauche, perdu lors de la guerre au Sri Lanka. Avec le Français Rémi Ochlik, la journaliste américaine Marie Colvin est morte hier dans un bombardement à Homs en Syrie. Voici l'un de ces tout derniers témoignages. On le trouve sur le site de la BBC , le lien est notamment sur Mediapart . C'était avant hier, Marie Colvin, racontait Homs, quartier de Baba Amro, où 28.000 civils vivent sous les bombes

(Traduction de l'extrait diffusé à l'antenne :

"C'est absolument révulsant. Aujourd'hui, les obus ont commencé à tomber à 6h30 du matin. J'ai compté 14 explosions en 30 secondes. Il y a une petite clinique, ou plutôt un appartement transformé en clinique où arrivent des flots de civils. J'ai vu un bébé mourir, épouvantable, le médecin a dit je ne peux rien pour lui et ça se produit encore et encore et encore

Les gens ici ne comprennent pas comment la communauté internationale peut laisser faire ça, surtout quand on se souvient de Srebrenica, on avait dit alors plus jamais ça.

Vous avez le sentiment Marie, que c'est une politique de la terre brulée de la part du régime ?

Mais je ne vois pas ce que ça pourrait être d'autre")

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« Que comptent deux journalistes occidentaux tués alors que des milliers de syriens sont morts depuis un an ? » demande François Sergent dans l'éditorial de Libération .

Ils ne comptent pas plus, évidemment, mais au moins les quelques correspondants sur place permettent de mesurer à quoi ressemble la vie dans ce pays.

Et ce matin, Libération publie sur 4 pages, le récit de son envoyé spécial à Homs, Jean-Pierre Perrin.

C'est entre autres, une série de portraits de héros.

Cela commence "la nuit, (sous) la pluie (et dans) la boue. Une petite colonne d'ombres ploient sous leur fardeau (...) Les ombres se faufilent entre les fermes isolées, trébuchent mais ne trahissent pas le silence, à peine réveillent-elles un chien. Chacune porte ce qu'elle peut sur son dos, de la farine, du lait pour enfants, des médicaments. Une épopée de fourmis pour ravitailler Bab Amro.

Ce sentier de boue, c'est le seul possible pour gagner la ville. Après la campagne, il y a un passage secret, canalisation souterraine de 4 kilomètres.

Une fois à Homs, les membres de l'armée syrienne libre distribuent les provisions, dans des voitures, tous feux éteints. Malgré la nuit opaque, elles sont bientôt repérées et poursuivies par les rafales de tireurs embusqués (...) La vie joue alors à la loterie."

Dans ce récit, on croise une femme terrée dans un immeuble avec 6 enfants.

Homs, "bombardée du lever au coucher du soleil", "n'est défendue que par quelques centaines de combattants. Avec ses chars et ses milliers de soldats, Bachar peut s'en emparer quand il le désire. Mais ce qu'il veut d'abord c'est la punir".

"A regarder la ville, écrit Jean-Pierre Perrin dans Libération , on dirait qu'elle ne respire plus. (...) Le pilonnage du quartier est si violent que le silence est rare. Mais entre deux salves d'obus, on entend le chant des coqs."

Une ville en enfer. Je ne vais pas vous accabler sous les récits d'horreur. Mais sachez que dans Le Monde , une autre grande plume de la presse française, Rémy Ourdan, décrit le quotidien à Ciudad Juarez, cette ville du Mexique dans la guerre des cartels.

Une seule image, nous sommes chez Miguel. Il stocke la drogue à la maison où sa fille fait des coloriages. La télévision est allumée. A l'image, des voyous plongent un de leurs adversaires dans un tonneau d'acide. La petite fille "fixe l'écran de longues minutes, avant de reprendre le coloriage d'une robe de princesse"

D'autres flammes à la Une du magazine La Vie

« La foi est une brûlure »... Et qui dit ça en couverture de l'hebdomadaire chrétien d'actualité ? Meluche ! Jean Luc Melenchon. Interview passionnante

"J'ai plus de facilité, à parler avec des chrétiens qu'avec des traders. (..) Les catholiques, je les connais comme ma poche, le lis les encycliques (..) j'étais enfant de chœur. Ma mère chantait divinement à l'église. Puis elle a été excommuniée après son divorce en 1960. J'ai ressenti une violence incompréhensible pour un garçon de 9-10 ans"

Malgré cette enfance catholique, Jean Luc Mélenchon se dit pour un service public laïc et unifié de l'enseignement, pour le mariage des homosexuels et pour le suicide assisté.

"- Vous avez cité St Martin lors de votre meeting de Metz », fait remarquer La Vie

  • St Martin, qui partage son manteau pour l'opposer aux chrétiens des croisades de Mme Le Pen. (..) Je veux de la distance en politique avec l'église, mais je ne moque pas de la foi car la foi est une brulure."

Du feu à la glace. A la Une du Point , François Hollande, vous êtes à côté de Nicolas Sarkozy avec cette question refroidissante : "Qui ment le plus ?"

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Le Point reprend des extraits du livre de Jean-François Kahn, intitulé "Menteurs". Il commence avec un communiqué du PS en octobre 2011 qui accuse le pouvoir sarkozyste de mener délibérément une politique de hausse du chômage et de creusement des déficits.

Kahn imagine la scène, Sarkozy convoquant ses ministres : « allez Baroin, foutez moi l'économie en l'air et que ça saute ! »

La glace encore, dans L'Equipe

Et encore la description d'un pays en enfer, mais sur un ton léger.

La patineuse sur glace, Natahalie Péchalat, championne d'Europe, revient d'un gala en Corée du Nord, c'est la 3ème fois qu'elle y va. Et elle raconte dans le quotidien sportif.

Petit changement depuis la dernière fois à l'aéroport. Pour la musique d'ambiance, « on est passé des chants nord-coréens à des remis des classiques américains, version flute de pan. (..)

A chaque séjour nous mangeons la même chose.

(…) C'est comme l'exposition florale à notre programme de visite depuis 2009: une seule fleur dans les différents tableaux, celle de Kim Jong Il, sorte d'énorme coquelicot. »

Kim Jong Il disparu en décembre dernier. D'ailleurs on leur a demandé de ne pas trop danser au gala, pour respecter le deuil.

Lors des répétitions et des spectacles, le public est imperturbable, tous les patineurs sont accueillis de la même manière.

Les gens à qui les sportifs peuvent parler se montrent curieux. « L'un d'entre eux m'a demandé de lui rapporter des livres en anglais quand on reviendra : des romans d'amour ! »

Conclusion de la danseuse : "Finalement, ils sont comme nous..."

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