Alliance MAcron Bayrou, les coulisses, les retombées, les électeurs FN y seront ils sensibles?. Pénélope Fillon priée de se taire..

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

Revue de presse très politique ce matin, on commence par l’info d’hier : l’alliance Bayrou/Macron

Aujourd’hui en France/le Parisien nous la joue Plan Love : « Bayrou/Macron, à deux, c’est vraiment mieux ? » avec une mise en scène photo dans le journal où les 2 hommes en gros plan semblent se regarder l’un l’autre…Libération, fidèle à sa tradition du jeu de mot s’amuse avec un « Coup de Pau pour Macron », Pau comme la ville évidemment

Alors d’abord, comment ce coup de Pau a-t-il été fomenté ? L’Opinion est le plus complet sur les coulisses du rapprochement. Jusqu’à fin janvier, les 2 hommes bien que voisins à Paris, se flairent à distance, mais rien ne se passe, nous dit Nathalie Segaunes, ils n’ont diné qu’une seule fois ensemble, c’était lors du passage du tour de France à Pau en juillet dernier, mais François Bayrou résiste au charme de l’ancien banquier…C’est l’époque où il l’accuse d’être le candidat des forces de l’argent. S’ensuivra d’ailleurs un échange de sms courroucés entre les 2. Mais fin janvier, le penelope gate éclate, François Bayrou qui a fait de l’éthique en politique un élément central de son discours arrête de dire du mal de Macron, et en coulisse, le dialogue s’enclenche. » « Il y a une semaine, les deux hommes se voient secrètement »précise Philippe MArtinat dans le Parisien, lundi soir puis hier matin encore ils se parlent au téléphone pour sceller leur accord, sans que leurs entourages en soient avertis ». C’est deux heures seulement avant sa prise de parole que François Bayrou met enfin quelques proches dans la confidence. « C’est le risque d’un FN plus puissant que jamais qui l’a fait flancher » croit savoir Caroline Vigoureux dans l’Opinion.

Et comment la presse juge-t-elle ce matin cette alliance ?

« Sacrifice personnel » au nom de l’intérêt général arguent pas mal d’éditorialistes qui font montre d’une certaine mansuétude à l’égard du rallié en reprenant sa propre formule ; dans son édito cet après-midi dans le Monde, Françoise Fressoz veut même y voir une « promesse de recomposition du paysage politique avec l’union des progressistes d’un côté pour contrer le Fn de l’autre », mais « Trahison » tout de même pour quelques autres. Le Figaro notamment est très, très remonté contre « Bayrou qui choisit encore la gauche » titre le quotidien. Edito au vitriol d’Yves Thréard à la Une, qui tente de minimiser ce coup politique en le qualifiant « d’alliance de 2 faiblesses » : « François Bayrou est enfin arrivé à destination écrit il : à gauche, après avoir multiplié les petits pas depuis 1995 dans cette direction, sur ce chemin, insiste t il de la trahison. », avec rappel évidemment de son vote Hollande en 2012. « Bayrou dénonce le programme dangereux de son ancien collègue de gouvernement François Fillon et joue les professeurs de morale ? poursuit Thréard, mais la vérité est moins flatteuse » Et de rappeler cruellement qu’en fait, le politicien madré qui s’est fait doubler sur la ligne de départ par le candidat d’en Marche, n’avait pas d’autre choix que de lui emboiter le pas. » « Reste à convaincre que cette reddition peut conduire à une addition » renchérit l’autre éditorialiste maison du Figaro Guillaume Tabard, très dubitatif sur l’influence du centriste béarnais sur les électeurs de droite. C’est d’ailleurs aujourd’hui la défense de tout l’entourage de François Fillon qui explique que Bayrou est totalement démonétisé auprès de cet électorat… C’est le même candidat Fillon pourtant, qui parait-il, glissait à Bayrou le 24 janvier dernier à en croire Ludovic Vigogne dans l’Opinion, « présente toi, j’en ai besoin, et après je te donne ce que tu veux »…Bon maintenant, le discours officiel, c’est :même pas mal ! Sauf que dans le Figaro toujours, un peu en contradiction avec la ligne éditoriale choisie, le politologue de la Sofrès Emmanuel Rivière tient le raisonnement quasi inverse : « cette alliance pourrait avoir un impact en terme de voix, car la présidentielle peut se jouer à très peu de suffrages pour la qualification au second tour... »Même si ce n’est pas une ponction au sein de l’électorat républicain, cette alliance a un effet dynamisant et rassembleur bénéfique à MAcron. Dit il.

Tiens au fait, Bayrou+Macron, ça le place où Macron finalement ? A gauche, évidemment affirme donc le Figaro ! « Le bénéfice immédiat pour MAcron, c’est d’avoir trouvé un dirigeant politique qui accrédite comme lui l’idée d’un clivage droite/gauche dépassé, mais le déporte définitivement à droite » affirme à l’inverse Lionel Venturini dans l’Humanité. Chacun sa boussole

L’affaire de l’emploi présumé fictif de Pénélope Fillon avancée par la presse comme l’un des éléments qui aurait infléchi la décision de François Bayrou. Sur ce sujet, du nouveau Hélène ?

Oui, Pénélope a peut-être eu le droit de travailler, mais pas de parler ! C’est la surprenante conclusion de l’article de Paris Match consacré à cette « discrète en pleine lumière, prise au piège de la politique ». 2 journalistes dont l’une envoyée spéciale au pays de galles, la patrie d’origine de Pénélope Fillon racontent tout du quotidien de l’épouse de François Fillon pendant des années, partagée entre les activités de l’école de ses enfants, la chorale à la messe de minuit, le yoga et les visites aux patients de maison de retraite. « A trop être effacée, on manque d’arguments pour prouver son activité » reconnaissent les journalistes. Et là, coup de grâce donc « Pénelope est prête à parler, mais pour l’instant je ne suis pas pour » explique François Fillon à Paris Match le 16 février » écrivent elles. François Fillon a décidément une haute idée de son ex collaboratrice…Closer (oui, j’ai lu Closer ce matin, enfin son site) croit néanmoins savoir qu’après Karine le Marchand, c’est le magazine Elle qui serait en négociation pour une interview vérité…enfin, si monsieur bien sûr l’y autorise

Dans la presse enfin ce matin Hélène, une plongée chez les nouveaux électeurs du Front national

Dans un entretien au Parisien, le premier ministre Bernard Cazeneuve en déplacement en Chine dénonce « le populisme dangereux et mortifère de Marine le Pen » « la sortie de l’euro entrainerait une importante perte de pouvoir d’achat pour nos compatriotes » assure-t-il « lorsque les peuples découvriront les mensonges, il sera trop tard, les dégâts seront immenses et irréparables »…Un ton alarmiste mais pour quel impact ?

L’Express est allé cette semaine à la rencontre des nouveaux électeurs FN. A Fougères en Bretagne, Sandrine, qui vient de perdre son emploi

s’enthousiasme à l’idée d’aller assister pour la première fois au meeting de Marine le Pen, la seule dit elle capable de remettre de l’ordre dans cette France d’assistés qui la dépasse…ici le chômage est plutôt plus bas qu’ailleurs, mais les salaires le sont aussi avec des emplois peu qualifiés. A Oissery en Seine et Marne, un petit bourg aux confins de l’ile de France et de la Picardie, Patrice et Valérie ont enfin trouvé la maison de leur rêve, loin de la seine saint denis où ils vivaient jusque-là. Ils vont voter FN car il est le seul disent-ils, à nous garantir que les problèmes que nous avons connus avant n’arriveront pas jusqu’ici. A Forbach, Tony, Lucien, Franco ou Michel nés de parents polonais, italiens ou turcs, qui ont grandi dans les cités des Houillères de Lorraine glisseront tous un bulletin FN dans l’urne, pour entrer disent-ils en résistance contre l’Europe qui nourrit la fraude au travail détaché, en résistance contre l’Etat qui les abandonnés après la crise des houillères, ou contre les nouveaux immigrés qui eux disent-ils, jamais ne s’intégreront comme nous ». Des paroles d’inquiétude et de détresse qui donnent du crédit à l’analyse du géographe Christophe Guilluy interviewé dans le même hebdo qui défend l’idée que le Fn est le parti de la fin de la classe moyenne. « Certes la production de richesses continue en France, mais ce modèle n’intègre plus tout le monde, ce modèle ne fait plus société. Cette fameuse France périphérique qui a le sentiment de ne plus faire partie de l’histoire économique ni même culturelle de notre pays ». Les jeux d’alliance réussis au centre, avortés à gauche, ont-ils quelque chance de parler à cette France périphérique ?

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