La revue XXI raconte un café-librairie qui résiste à Beyrouth. L'Humanité s'inquiète de l'emprise sur une médiathèque de banlieue d'un site de lecture créé par Sarah Knafo, amie d'Eric Zemmour et nouvelle jeune star nationaliste. Les confidences au Figaro de Jay-Z, pour son mariage au champagne avec LMVMH.

On parle d'une cuve...

Une cuve géante remplie de mille tonnes de poison, au coeur d'une usine qui va fermer, et les salariés de cette usine doivent vider cette cuve en auront-ils le temps... C'est dans la Croix que l'on retrouve l'usine Maxam Tan à Mazingarbe près de Lens, dont la voix du Nord, les Echos et le courrier de l'Artois ont raconté l'agonie depuis l'automne. Une filiale abandonnée d'un groupe espagnol controlé par un fonds d'investissement américain, le site existait depuis 1897 et fermera  le 13 avril 2021... Mais Maxam Tan est aussi une usine classée Seveso... Elle fabrique ce nitrate d'ammonium qui a explosé à Toulouse et à Beyrouth. Et dans une cuve de l'usine, on trouve donc 1000 tonnes d'ammoniac, qui sature les bronches les poumons et peut vous tuer... Alors les salariés vident la cuve, transforment le poison en eau ammoniacale évacuée par camions, mais les camions manquent, les propriétaires ont disparu, l'usine se dirige toute seule avec des salariés qui assurent,  mais ils n'auront pas fini pour avril... Il faudrait qu'ils puissent continuer APRES leur licenciement, et que le Plan social intègre leur rémunération. Les voilà, chassés du travail, utiles comme jamais.    

Les histoires dans la presse ne viennent jamais seules. Puisqu'on parle de nitrate d'ammonium, dans la Croix encore, à Beyrouth, on découvre une religieuse, Nada Abou Fadel, qui depuis l'explosion sursaute quand une porte claque mais elle veut enseigner l'espérance aux enfants d'un collège, elle leur dit qu'ils doivent "aimer leur pays toute leur vie, même  s'il devient malade et pauvre".

Dans la revue XXI, on nous raconte une bande de laïques de Beyrouth, aussi chouettes que la bonne soeur, ils ont vibré ensemble dans la révolution et s'épaulent dans le traumatisme. Ils sont sunnite arménien orthodoxe chiite fils d'une famille hezbollah mais homosexuel en secret de sa famille, unis et emmenés par une irlandaise, ils animent un café librairie qui résiste à deux pas du port, dans son local dévasté par l'explosion puis retapé, il y a dans cette ville Beyrouth une richesse qu'on appelle l'âme...
 

On parle aussi de livres en France...

Et ces livres inquiètent l'Humanité, "la fachosphère s'infiltre dans les bibliothèques", titre le journal communiste qui passe au pluriel une histoire isolée mais effectivement troublante.

Au Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis, la municipalité va doter la médiathèque Edouard Glissant de 4000 ouvrages recommandés par un site internet nommé Alexandre et Aristote, qui veut donner le gout de la lecture et aiguiller en quelques clics les choix de ses utilisateurs... Mais l'algorithme pencherait très à droite affirme l'Humanité, et la créatrice du site est une jeune énarque de 26 ans, Sarah Knafo qui est en train de devenir, mine de rien, un personnage des droites nationalistes et de la presse, en attendant mieux.

L'Obs vient de faire son portrait, il est en ligne, en ligne également l'enquête de l'Express sur Eric Zemmour où Sarah Knafo apparaissait comme une conseillère du polémiste: elle est bien son amie, c'est chez elle que le polémiste avait rencontré Marion Maréchal... Sarah Knafo est proche du directeur de cabinet du maire du Blanc-Mesnil, pour qui l'immigration est le premier problème de la France. On appelle cela un réseau. Mais le dynamisme et l'aura de Sarah Knafo dépassent ses opinions, elle enseigne à sciences po, le magazine Livres Hebdo et le Parisien ont bien accueilli son site de lectures... Et l'Humanité semble seule dans sa colère face à un monde changé Blanc-Mesnil était jusqu'en 2014 une ville communiste, le journal écoute des bibliothécaires et syndicalistes dépossédés.

On entend dans Mediapart d'autre syndicalistes et salariés, ceux là des hôpitaux: ils alertent sur les dangers qu'ils courraient face à la covid par la faute d'un masque qu'on leur distribue. Ce masque est certifié selon une norme chinoise, KN95, supposée équivalente à la norme européenne FPP2... Mais il serait moins hermétique et  son utilisation serait corrélée à des clusters hospitaliers. Dans l'urgence au printemps 2020, la France avait commandé 500 millions de masques FPP2 mais aussi 203 millions de masques KN95, on continue de les distribuer jusqu'au premier mars, l'Espagne les a interdit, le doute est un autre poison...

On parle enfin de champagne.

Et enfin on se réjouit dans l'Union, les Echos et le Figaro des noces du rappeur Jay-Z et de la firme de luxe LVMH... Le champagne de l'américain, Ace of spades, boisson des night clubbers et des influenceurs à 230 euros minimum la bouteille appartient désormais pour moitié à Moet Hennessy, le vieux luxe adoube le bling bling... Mais avant le bling bling il y eut les ghettos et la dureté du rap... Au Figaro, Jay-Z résume ainsi sa philosophie et ce qui l'animait quand tout commençait,. "Nous étions quelques-uns de Brooklyn ou d’ailleurs à nous en être bien sortis. Nous étions vivants. Nous aspirions à une forme de finesse. Nous étions à la recherche des plus belles voitures, des plus belles montres, des plus belles villas, des meilleurs cognacs, des meilleurs champagnes." Le Figaro se demande si le champagne  de Jay-Z ne serait pas le symbole de la liberté retrouvée, quand la covid s'effacera.

En attendant, le Monde nous dit les atteintes psychologiques des français sous la maladie. Le Parisien a envoyé un de ses reporters jouer les livreurs de repas à vélo pour l'une des plateformes que la maladie enrichit, les cyclistes un peu moins, 45 euros et 28 centimes pour quatre heures quarante de boulot et 39 kilomètres et demi parcourus.

Dans le Populaire du Centre vous verrez un autre vélo d'antan d'un homme qui vient de mourir à 94 ans, il s'appelait André Dufraisse, alias "le Fausto coppi des labours", quand il était 5 fois  champion du monde de cyclocross, je ne me lasse pas de ces images d'avant... Et ne me lasse pas non plus du sourire de Loulou Nicollin qui revient post mortem dans Midi Libre, sa collection de maillots et de reliques sportives deviendra un musée dans le futur de stade de son club de Montpellier. L'Equipe nous raconte la fin de Maradona dans une atroce solitude qui interpelle la justice argentine et nous serre le coeur, il avait tant couru sauté fêté avant de s'éteindre...

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