En fait, ce serait un mythomane... L'homme qui a témoigné à charge contre Julien Coupat serait un mythomane... Révélation, ce matin, du site Internet MédiaPart... un papier signé Fabrice Lhomme et Fabrice Arfi... "Petit retour en arrière... Le 11 novembre dernier, des dizaines de policiers mènent une action spectaculaire dans le petit village de Tarnac, en Corrèze... Leur cible : un groupe de jeunes gens, fédérés autour de Julien Coupat, et suspectés d'avoir posé des fers à béton sur des caténaires afin de paralyser le trafic des TGV... une opération de grande ampleur et fortement médiatisée... Alors qu'une dizaine de personnes sont placées en garde à vue, un homme décide alors spontanément de se présenter dans les locaux d'une brigade de gendarmerie du centre de la France... Il affirme avoir d'importantes révélations à faire sur Julien Coupat et ses proches, avec lesquels, assure-t-il, il a été en contact... Mais il exige de témoigner anonymement... Le statut de 'témoin sous X' lui est alors accordé... Et voilà ce qu'il raconte... Il dit que Julien Coupat est le leader d'un groupe... groupe appelé 'comité invisible, sous-section du parti imaginaire'... un groupe dont l'objectif final serait le renversement de l'Etat... Ce témoin dit également avoir entendu Julien Coupat évoquer la possibilité d'avoir à tuer, précisant que 'la vie humaine a une valeur inférieure au pouvoir politique'... Un témoignage pris très au sérieux par les policiers de la Sous-direction antiterroriste chargée de l'enquête... Le problème, expliquent mes deux confrères de MédiaPart, le problème c'est que cet homme est en fait réputé pour sa mythomanie... Il a d'ailleurs été récemment condamné par un tribunal de province pour 'dénonciation d'infractions imaginaires' : il s'était dit persécuté, et avait échafaudé différents scenarii assez sophistiqués pour faire croire que quelqu'un en voulait à sa vie... Et en fait donc, tout était faux"... Le témoin mythomane de l'affaire Julien Coupat, lequel est toujours en prison... à lire sur MédiaPart... le site jugeant qu'il s'agit là d'une "information à l'évidence embarrassante" pour la police et la justice antiterroriste... "Information embarrassante"... C'est le moins que l'on puisse dire... Autre information embarrassante pour la police et la justice : les défaillances du STIC, le système de traitement des infractions constatées... un fichier policier truffé d'erreurs... "Ce fichier qui dérange", titre ainsi, à sa Une, La Dépêche du Midi... "Et vous, êtes-vous fichés ?", s'interroge pour sa part, à sa Une, La Provence... en précisant le pourquoi de la polémique : "Le STIC comporte des milliers d'erreurs... Et, de ce fait, certains salariés ont injustement été licenciés"... D'où ce titre à la Une cette fois de L'Express, qui parle "d'un fichier qui menace les libertés"... "Le STIC, danger public"... Un rapport de la CNIL (la Commission nationale de l'informatique et des libertés) dénonce les dérives d'un système bien mal renseigné... "Bienvenue chez Kafka", écrivent François Koch et Eric Pelletier... "Pendant un an et demi, huit enquêteurs de la CNIL se sont plongés dans les méandres du plus grand fichier de police français... Et ils ont rédigé un rapport explosif : enregistrements inexacts ou incomplets, défaut de contrôle, mises à jour très insuffisantes... Il faut savoir que le STIC recense deux types de personnes : d'une part, les mis en cause (ceux qui sont soupçonnés d'avoir commis une infraction) ; d'autre part, les victimes... Autant dire, précisent mes confrères, que la plupart des Français ayant un jour déposé une plainte, été entendus ou placés en garde à vue par la police sont concernés... Le problème, explique le rapport, c'est que les Parquets des tribunaux avisent très rarement la police judiciaire de la conclusion d'un dossier : non-lieu, relaxe ou acquittement... Rien que pour les années 2005, 2006 et 2007, la CNIL estime que les tribunaux ont oublié de transmettre à la police plus d'un million de décisions de classement sans suite... Résultat : des centaines de milliers d'innocents continuent donc d'apparaître dans le fichier avec le statut de "mis en cause", alors qu'ils ont été totalement blanchis... Et parfois, cela provoque des drames... comme en témoigne notamment (c'est toujours dans L'Express) ce jeune homme de 26 ans, qui s'appelle Pierre-Alexis... En 2003, il avait porté plainte contre le père de sa petite amie... Il l'accuse de violences : le monsieur l'a frappé et s'en est pris à sa voiture... Finalement, la justice classe l'affaire sans suite... Quelques années plus tard, Pierre-Alexis décide de devenir gendarme... Il passe le concours... Il réussit le concours... Mais quelques jours avant d'intégrer l'école, on lui dit que finalement, non, ça n'est plus possible, parce que son nom apparaît dans le STIC, où il est référencé comme "auteur de dénonciation calomnieuse"... "Aujourd'hui, raconte-t-il, je suis en dépression, et je suis au chômage"... Autre histoire, rapportée par un haut-fonctionnaire : "Ma fille postulait pour un poste dans un organisme sensible... Et, lors de l'entretien, on lui a dit que son embauche était compromise parce qu'elle était fichée au STIC pour vol de sac à main, alors qu'en fait c'est elle qui s'était fait voler son sac à main"... Et c'est l'un des autres constats du rapport de la CNIL : dans certains cas, des victimes de délits ont été fichées comme auteurs des délits... Il y a fort à parier qu'on reparlera de ce sujet : dysfonctionnement de la police, dysfonctionnement de la justice... La justice qui pourrait bientôt changer de ministre... C'est à la Une du Figaro... "Candidate aux Européennes, Rachida Dati va quitter le gouvernement"... Sur l'insistance de Nicolas Sarkozy, la Garde des Sceaux a finalement accepté la place de numéro 2 sur la liste qui sera conduite par Michel Barnier en Ile-de-France... Elle devrait donc quitter la place Vendôme, au moment du scrutin européen, c'est-à-dire au mois de juin... L'autre ministre qui fait la Une, ce matin, c'est celui de l'Education Nationale : Xavier Darcos... Tous les journaux reviennent sur son annonce d'hier : la création de 5.000 postes de médiateurs pour lutter contre l'absentéisme scolaire... "Darcos tire les élèves du lit", titre ainsi, à sa Une, L'Est Républicain... "L'absentéisme scolaire : un fléau à combattre", commente Ouest-France... "Darcos embauche pour stopper ce fléau", explique France-Soir... Tandis que L'Humanité ironise sur "le dernier dada de Darcos"... Et c'est d'ailleurs l'ironie qui domine dans les éditoriaux consacrés au sujet, ce matin... "Décidément, Xavier Darcos ne manque pas d'air", note ainsi Michel Lépinay, dans Paris-Normandie... "Fidèle à son mentor Nicolas Sarkozy, le ministre de l'Education s'autorise tous les culots... Après avoir annoncé la suppression de milliers de postes d'enseignants, écrit-il, proposer 5.000 postes de contrôleurs de l'absentéisme scolaire, franchement il fallait oser"... D'autant, ajoute Patrick Fluckiger dans L'Alsace, d'autant "qu'il s'agit là de jobs subventionnés et précaires, des jobs que le gouvernement vouait encore aux gémonies voici quelques mois"... Dans l'édito de Sud-Ouest, Patrick Venries note, lui, que "la marmite de l'Education Nationale est en train de bouillir, au point, dit-il, de sécréter un phénomène inquiétant : celui de la désobéissance"... D'où ce titre, à la Une du journal : "Education : la rébellion des instituteurs gagne du terrain"... Ce dont témoigne également Le Courrier de l'Ouest, qui fait sa Une sur "ces instits qui boycottent les tests de CM2"... Des tests auxquels s'est prêté François Dufour, le rédacteur en chef de Mon Quotidien, le seul journal des 10-14 ans qui paraît tous les jours... Il donne ses résultats dans l'édition d'aujourd'hui : 2 fautes en math et 2 fautes en français... En math, François Dufour n'a pas su dire quels étaient les sommets d'un rectangle... En français, il n'a pas su expliquer ce qu'était un pronom relatif... Pronom relatif, mot qui remplace un nom : qui, que, quoi, lequel, dont... Voilà donc pour l'éducation, version primaire... Pour l'éducation, version secondaire, j'ai relevé cette confidence de Cécilia Attias (Cécilia ex-Sarkozy), qui fait la Une du mensuel Femme... Elle évoque son pressentiment le plus mémorable, et ça concerne son Bac... Elle a rêvé ses sujets d'histoire-géographie... "J'ai des témoins, assure-t-elle... Le jour de l'examen, je me suis réveillée à 4 heures du matin avec les sujets dans la tête : la Révolution française et le Japon... Je n'avais pas révisé cela... Et du coup, cela m'a laissé quelques heures pour y travailler"... L'ancienne épouse du Président aurait donc des qualités de visionnaire... Quant au journal L'Humanité, lui, nous propose sa vision de ce qui se passe en ce moment dans les universités... Aujourd'hui, les enseignants-chercheurs demandent au gouvernement le retrait des réformes... Ils lancent un ultimatum au 2 février... Après cela, explique le journal, on pourrait se diriger vers une grève totale dans les universités... Inquiétude donc dans le monde enseignant... Et colère dans d'autres secteurs... C'est à la Une, ce matin, de Libération, qui publie "L'appel des appels"... "Nous, professionnels de la santé, du travail social, de l'éducation, de la justice, de l'information, de la culture"... Voilà comment débute ce texte, qui fédère aujourd'hui la plupart des initiatives dénonçant les réformes lancées par le chef de l'Etat... réformes qui les enferment dans des logiques de marché et de pénurie... Un appel déjà signé par 20.000 personnes... à lire donc dans Libération... Les autres titres de la presse, ce matin... Tous vos journaux reviennent évidemment sur les premières mesures de Barack Obama... "Obama définit les nouveaux principes de la diplomatie américaine", titre ainsi Le Figaro... "Obama s'est déjà saisi du dossier du Proche-Orient", précise Le Monde... Le Parisien-Aujourd'hui en France fait, lui, sa Une sur "le scandale des ascenseurs en panne"... "Plusieurs milliers d'habitants de Grigny, dans l'Essonne, sont privés d'ascenseurs depuis des semaines... Or, ils habitent dans des tours de 11 à 15 étages"... Et puis, pour finir, je vous conseille la lecture de l'hebdo Politis... Politis, nouvelle formule... qui propose cette semaine "10 manières de résister à l'air du temps"... On arrête son portable... On arrête Internet... On refuse le mariage... On se remet à écrire à la main... Mais bien sûr, on continue d'écouter la radio...

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