L’Usine nouvelle promet 173500 embauches; une député macronienne apprend à des licenciés à traverser la rue (l’Echo républicain), un grand reporter en reportage dans sa propre folie (revue XXI) une jeune suédoise, autiste asperger, ressent la planète et souffre du climat, et veut se sauver en sauvant la terre (Society)

Clint Eastwood lors de la première de "Mule"
Clint Eastwood lors de la première de "Mule" © Getty / Axelle/Bauer-Griffin

« Tout ce que je voulais, c’était un rôle, un job. Et coucher avec Marilyn Monroe. » Clint Eastwood, Le Monde

On parle d'un vieux monsieur ce matin!

Mais qui dans sa jeunesse avait les plus saines ambitions du monde,

"Tout ce que je voulais, c’était un rôle, un job. Et coucher avec Marilyn Monroe", se souvient Clint Eastwood dans le Monde, Eastwood qui avait été tout môme pressenti pour jouer le rôle du cowboy puceau que Marylin allait réveiller dans "Bus stop", il n'eut pas le rôle, Clint, ni Marylin, "c’était sans doute beaucoup demander, mais bon, cela peut se comprendre, j’étais jeune » 

Mais à 88 ans il se défend encore pas mal, et se filme dans son dernier opus, la Mule, "au lit avec deux call-girls offertes par un cartel mexicain, "Je vous demande, dit-il : pourquoi ne devrais-je pas en profiter ?" 

Clint Eastwood, Samuel Blumenfeld du Monde a de la chance de lui avoir parlé pour nous, au Mission Ranch Hotel, de Carmel , un jour où la pluie trempait les moutons dans le pâturage voisin,  et parmi ses moutons, l'un était noir, Clint Eastwood emmitouflé dans un pull à fermeture Eclair remonté jusqu’au cou, le pointait du doigt pour le journaliste, puisqu'il était lui, aussi un mouton noir, un être d'une autre étoffe... 

Le pape Eastwood qui a épuré son jeu et cessé de grimacer. Insolent dans les Echos, à la une de Libération, l'Express lui consacre sa grande saga, car « il s'accorde à nos désirs, à nos rêves et à nos cauchemars ». Dans la Mule, il incarne un horticulteur devenu convoyeur pour des trafiquants de drogue mexicains, mais qui cherche le pardon de sa famille qu'il abandonna, Libération et la Croix y voient des reflets de la vie du vieux Clint, ce dur blessé, qui n'en finit pas de prolonger son oeuvre...

Voilà donc un mythe, pourtant sulfureux... Au début du mois, le New York times constatait que le cinéma hollywoodien accompagnait les obsessions de l'Amérique de Donald Trump, en installant comme figure du méchant le mexicain tueur et trafiquant de drogue, et la Mule n'en était qu'une déclinaison... Est-ce surprenant quand Eastwood a incarné avec constance les différentes figures de la réaction américaine depuis l'inspecteur Harry, le Nouvel observateur voyait en lui l'un des plus dangereux enfants de John Wayne... 

Mais qu'est-ce que la réaction sinon l'épaisseur d'un homme qui fait son boulot et tant de souvenirs, qui connut la peur de manquer et les petits rôles, et qui dans le monde se souvient de son grand-père fermier qui aspergeait le jeune Clint du lait de la vache qu'il venait de traire... Les vaches, est ce drôle, qu'aimait aussi Jean Gabin, le nôtre qui fut pour Clint le taiseux, lis-je, une inspiration, comment ne pas l'aimer? 

Dans le Parisien, j'apprends que le boxeur Christophe Dettinger, cet homme qui frappa des gendarmes dans une manifestation des gilets jaunes le 5 janvier dernier, est célébré rue d'Aubervilliers, dans une fresque murale réalisée par un collectif d'artistes de rue progressiste en l'honneur des gilets jaunes, Dettinger est au cœur de l'oeuvre, il semble, étrangement, un héros eastwoodien.

On parle d'emplois dans l'Usine nouvelle...

Des emplois qui nous attendent et que prévoient de créer 100 entreprises en France cette année, et que l'Usine nouvelle, qui a interrogé ces entreprises détaille ce matin dans des colonnes de chiffres et de mots qui sont de La Vie : 173 600 recrutements, plus que l'an dernier, mais il s'agit souvent de simples remplacements de départs, l'économie ferait une pause dit le journal mais ils seront pourtant là. 

16 000 emplois à la SNCF dont 11 000 CDI, 14 300 chez LVMH mais seulement 5300 CDI. Lactalis va recruter des conducteurs de machines, des électromécaniciens, des commerciaux, des chefs de secteurs, 1400 CDI... 

L'usine nouvelle, journal professionnel, signale entreprise par entreprise les postes les plus nombreux à pourvoir, mais aussi les plus difficiles à pourvoir, ceux pour lesquels le manque se fait sentir d'une main d'oeuvre formée. On a du mal à la SNCF à trouver des conducteurs, des aiguilleurs du rail, on manque aussi de spécialistes des données et d'ingénieurs systèmes.

Et on pourrait se pencher des heures sur les chiffres de l'Usine nouvelle pour comprendre nos dysfonctionnement, et pour espérer aussi, peut-être, l'hebdomadaire titre sur une phrase restée célèbre du Président Macron, qui conseillait à un jeune au chômage de traverser la rue pour trouver du travail. 

Il avait raison dit le journal, les entreprises embauchent, mais traverser la rue, « ça se prépare », et ce sont aussi des conseils que donne l'Usine nouvelle pour réussir le passage...

Dans les Yvelines, à Rambouillet, je le lis dans l'Echo républicain, une député macronienne applique le principe du patron et Aurore Bergé, que l'on entend souvent dans les médias, est aussi sur le terrain pour donner la main à 96 licenciés qui voudraient traverser la rue, les anciens de ViaPaq, qui fabriquaient du matériel électronique et qui a fermé en décembre. Une syndicaliste a organisé un Job dating, une rencontre avec une vingtaine d’entreprises pour rebondir dès maintenant... 

L’Oréal, Guerlain, Hachette, JC Decaux, Enedis, Krys mais aussi la ferme de Tramblaye sont venus rencontrer les ViaPaq..

Mais dans le même journal, je lis la fin d'une entreprise qui faisait des tringles à rideaux dans l’Eure-et-Loir, à Tremblay-les-Villages, Ateliers 28 avait été un gros employeur avant de décliner et rencontrer sa fin, 84 personnes perdent leur emploi et Tremblay perdra 7% de ses recettes fiscales, cela rend un son terriblement concret, qui fait pâlir les enthousiasmes des débats dont le Figaro fait sa une... Combien de job dating pour se guérir ? 

Et un voyage dans la folie pour finir... 

Qu'un grand reporter mène à l'intérieur de son mal, il s'appelle Jean-Baptiste Naudet, qui dans la Revue XXI décrit en journaliste ses voyages dans les territoires de la folie... Naudet, raconte aussi bien l'euphorie des antidépresseurs que le monde de langueur et de tristesse de l’hôpital, où l'infirmière d'un doigt dans la bouche vérifiait qu'il prenait ses médicaments, il dit aussi les fêtes et les ruses des fous qui la nuit s'autorisent musique, cigarettes, joints et alcool, et qui parfois, amoureux, rampent sous l’œil des caméras de surveillance pour retrouver un partenaire...

Dans Society, une adolescente n'est pas folle mais plus lucide que nous et plus concentrée par la maladie qui l’anime:  Gretha Thunberg est cette adolescente, autiste asperger, devenue vedette mondiale pour son combat en faveur de la planète mais c'est une autre histoire que raconte Society, qui est allé chez elle, une banlieue à l'ouest de Stockholm où vivent immigrés et réfugiés, que l'extrême droite locale désigne comme une no go zone mais où Gretha se sent mieux qu'à la capitale où elle se faisait bizuter... Ici, sa différence n'est qu'une différence parmi les autres... Et c'est un portrait de cette différence, d'une jeune femme plus douée qui ressent la planète,  et qui, en 2011 ne se nourrissait plus, habitée qu'elle était par le réchauffement climatique, et en nous sauvant, elle se sauve... 

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