Bonjour... Si l'affaire n'était pas aussi grave, on pourrait s'amuser de ce que "Le Figaro" et "Le Télégramme" désignent comme "La métamorphose", "La stupéfiante métamorphose de Karadzic". Partout dans vos journaux, presque partout, vous retrouverez ces deux étonnantes photos du bourreau serbe de la Bosnie : AVANT (coiffure abondante et grisonnante de play-boy quinquagénaire, joues et menton rasés de près)... APRES (cheveux blancs tirés en arrière, ramenés parfois au sommet du crâne en chignon brun... moustaches et barbe blanches très fournies, lunettes à larges verres). AVANT/APRES : ce sont les mentions que "France-Soir", en bas de page Une, n'hésite pas à afficher clairement, comme s'il s'agissait en somme d'une publicité pour une lotion capillaire. "Karadzic : récit d'une longue traque"... Le titre s'étale en page intérieure du quotidien "Le Monde"... ...comme le font ses confrères ce matin, le journal s'attarde à la fois sur les exactions commises dans les années 90 au coeur des Balkans par ce psychiatre de formation, piètre poète à ses heures, reconverti pendant ses 13 années de cavale en un docteur New Age, spécialiste des médecines douces. Tous vos quotidiens ont semble-t-il puisé leurs informations aux mêmes sources, citant (effarés, apparemment, par tant d'arrogant cynisme) les conférences que Radovan Karadzic donnait à Belgrade sous la fausse identité de David Dabic, ainsi que les articles qu'il signait sous ce nom d'emprunt dans les colonnes du journal "Zdrav Zivot", titre qui signifie "La vie saine", rien de moins. L'éditorialiste du "Monde" le dit : "Karadzic va répondre de ses crimes, et son arrestation est la meilleure démonstration que son rêve d'une Grande Serbie 'pure', moyennâgeuse, bâtie dans le sang des autres et coupée du monde, a échoué". A ceux qui rappellent ce matin les protections dont Karadzic a bénéficié pendant tout ce temps et les faiblesses des tribunaux pénaux transnationaux, François Sergent, de "Libération", veut bien que l'on critique la justice internationale, mais c'est aussitôt pour constater qu'il "s'invente au début du XXIème siècle une forme d'éthique universelle contre les souverainetés nationales. Pour ces crimes contre l'humanité (...) cette justice est réparatrice avant d'être rétributive. Il importe que les bourreaux sachent que leur impunité est perdue. Il importe pour les victimes que leurs bourreaux puissent être jugés. Sans exception. Que leurs crimes aient été commis au Cambodge, au Darfour ou en Bosnie". Pour "Ouest-France", Didier Eugène, face au geste des autorités serbes en recherche d'Europe, nous prévient solennellement : "L'opinion publique européenne doit sérieusement se préparer à accueillir, un jour, les anciens belligérants des Balkans. 20 millions d'habitants, souvent déboussolés, chargés d'histoire, au carrefour des mondes latin, slave et ottoman". L'Union européenne doit-elle sans tarder leur ouvrir ses frontières ?... ...Dans "La Charente Libre", Dominique Garraud répond : pour que le contrat soit "pleinement rempli (...), Belgrade doit rapidement faire un second pas pour solder définitivement les comptes du passé en livrant au TPI Ratko Mladic, alter-ego militaire de l'idéologue Karadzic". Quant à Patrick Fluckiger dans "L'Alsace", il constate que si "en trois mois, le gouvernement serbe a fait beaucoup, il a montré aussi qu'il pouvait faire davantage". Authentique criminel de guerre, Radovan Karadzic. Poète médiocre, il écrivait en 1971 ces quelques vers que reprend ce matin le journal "Libération" : "Je suis né pour vivre sans tombeau Et ce corps humain ne mourra jamais ; Il n'est pas né seulement pour sentir les fleurs, Mais aussi pour incendier, tuer, et tout réduire en poussière". Beaucoup plus qu'un aveu. Lu dans "Libération", sous la plume de Pascal Virot : "S'il en est un qui doit bien rire, c'est Nicolas Sarkozy. Non seulement il a fait adopter - de peu - lundi, 'sa' réforme de la Constitution, mais encore il a déclenché la zizanie au sein de la principale formation de l'opposition". "Le Figaro" titre : "Après le Congrès, le PS plonge dans la crise"... "La République du Centre" perçoit de "fortes turbulences au Parti Socialiste". Très souvent, dans la presse du jour, un nom, un seul, fait les gros titres politiques, celui de Jack Lang. Pour "Le Canard Enchaîné", ça devient : "Sarkozy touche le Jack pote (P.O.T.E.)". En première page de "L'Alsace", ce propos de Julien Dray : "Jack Lang n'a plus sa place dans notre famille". Dans la région d'élection de l'accusé, "Nord-Eclair" déclare que "les élus socialistes ne cachent pas leur colère contre le député du Pas-de-Calais". "La Voix du Nord" lui donne la parole. Aux critiques du PS, Jack Lang répond : "Je revendique une clause de conscience". Hier soir, dans "Le Monde" daté d'aujourd'hui, Manuel Valls, avec vos camarades et collègues députés socialistes Christophe Caresche, Jean-Marie Le Guen et Gaëtan Gorce, vous dénonciez la stratégie d'opposition "pavlovienne" du PS, plus efficace, à vos yeux, pour faire le jeu de Nicolas Sarkozy, que le vote de Jack Lang lundi à Versailles. Ce matin, dans "Le Parisien-Aujourd'hui en France", vous soulignez la "phase d'enfermement et de rétrécissement" qui toucherait votre parti, phase "dangereuse", ajoutez-vous. Dans "Le Midi Libre", Michel Noblecourt note que si les socialistes avaient voté la réforme, "Nicolas Sarkozy ne serait pas en position d'en endosser seul le succès". De son côté, Patrick Planchenault, de "L'Est Eclair", voit bien que, "du côté de la rue de Solferino (...), on rumine, aujourd'hui, sans l'avouer, le gâchis de cette position dogmatique anti-sarkozyste à propos d'une réforme dont les principaux points sont tirés du programme socialiste". Pour "La Liberté de l'Est", Gérard Noël conclut : "Le PS a perdu l'occasion de tirer bénéfice du désamour entre les Français et le Président de la République". Dans "Le Figaro", Paul-Henri du Limbert résume tout en un mot : "Incohérents". En page intérieure de "France-Soir", une phrase, sur ce sujet, attire l'attention. Elle sort de la bouche de Gaëtan Gorce, co-signataire avec vous, Manuel Valls, du texte que publie "Le Monde". Le député socialiste de la Nièvre l'affirme : "Le Congrès de Reims va dans le mur" (le Congrès de Reims, c'est celui qui réunira les socialistes en novembre prochain). On manque de cadres, Alain... ...Pas au Parti Socialiste en tout cas. Là, il semble que l'effectif soit du genre pléthorique. ..."Recherche cadres désespérément" : c'est le titre de Une de "La Tribune". Le quotidien économique précise qu'avec 3,8% de chômage, la population cadre bénéficie en France d'une situation de plein emploi ou presque. Les entreprises ont même du mal à recruter, notamment dans l'informatique. Le diplôme reste un "sésame" pour trouver un boulot. Dans ce contexte (cela peut sembler paradoxal), "les cadres risquent de perdre des RTT et des jours fériés"... "Les Echos" nous le rappelle : la réforme du temps de travail, qui doit être votée aujourd'hui par le Parlement (commission mixte sénateurs/députés), imposera bientôt de nouvelles règles du jeu pour les salariés de l'encadrement. ..."Recherche cadres désespérément"... ...Recherche "agents secrets" désespérément. Dans le renseignement (comme on dit), on recrute des maîtres-espions, c'est "France-Soir" qui le prétend. Dans ce domaine, les militaires français sont toujours, paraît-il, à la recherche de linguistes rares et d'informaticiens de pointe. Une "Académie du renseignement" devrait voir le jour en France. Avis, donc, aux amateurs. Restons sur ce terrain militaire avec une stratégie du renseignement très tendance et des forces conventionnelles en voie d'obsolescence. "Le Parisien-Aujourd'hui en France" publie ce matin (avec la mention "exclusivité") la carte des sites militaires qui seront bientôt fermés. D'ultimes arbitrages sont attendus pour aujourd'hui. La note sera douloureuse, nous dit le journal, pour une cinquantaine de communes dont je ne vous citerai pas ici les noms. Pour finir sur une note légère, je vous renvoie (surtout si vous passez vos vacances ou si vous vivez dans le Sud) à la lecture de "La Provence". Le journal publie une photo de Michel Drucker qui "se rachète une conduite". En clair, il a semble-t-il fait des bêtises au volant. En villégiature à Eygalières, il a dû suivre un stage pour récupérer ses quatre points perdus. Eh, Michel !... A quand un "Vivement dimanche" avec le ministre des Transports ?... ...Chiche !... ...Formidable !!!

Alain LE GOUGUEC

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