"Un crime commis en France par la France". Des mots sans équivoque prononcés par François Hollande à l'occasion hier du 70e anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv. "Jamais un président de la République n'avait affirmé avec autant de clarté la responsabilité française dans cette rafle", estime Guillaume Goubert dans la Croix. "Une phrase sans appel", "une phrase douloureuse", selon lui pour évoquer le rôle de la police dans l'arrestation de plus de 13 mille juifs français en 1942. "Un crime français", reprend en Une Libération. Des mots donc et un Symbole aussi pour de nombreux éditoralistes de la presse nationale et régionale. Où comment François Hollande a rompu avec François Mitterrand et son ambigüe jeunesse française et ses douteuses fréquentations avec le chef de la police qui a commis la rafle, rappelle François Sergent dans Libération. François Mitterrand avait refusé de reconnaître la responsabilité de la France il y a 20 ans. Où comment François Hollande s'inscrit du coup dans la lignée de Jacques Chirac, le premier président à avoir évoquer en 1995, l'irréparable accompli ce jour là par la France. Alors Jacques Chirac, le gaulliste et François Hollande, le socialiste qui s'opposent à leurs glorieux mentors, le général de Gaule et François Miterrand. Pour Patrick Fluckiger dans l'Alsace, la polémique ne se situe par entre la gauche et la droite. Mais entre les générations de la guerre et celles d'aujourd'hui. Une analyse reprise dans le Figaro par l'Historien Henry Rousso : "Pour cette génération de la guerre et de l'après-guerre, il y a avait une volonté forte de tourner la page, de clore l'une des crises les plus profondes de l'histoire de France. Aujourd'hui, conclut-il, cette mémoire est relativement apaisée et ne suscite plus la controverse.

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