Oui, on a l'impression que la France passe un examen ce soir. Et c'est tendu dans la famille. Il faut que la manifestation parisienne de soutien au peuple palestinien se déroule bien. Personne de raisonnable n'a d'intérêt contraire mais, à la lecture des journaux, on comprend aussi que personne n'a trouvé la recette du risque zéro. Et donc, tout le monde est inquiet.

Inquiet le Chef de l’État, il l'a dit lundi soir au cours d'un dîner avec les journalistes de la presse présidentielle. "Un dîner grave et corseté " écrit Solenn de Royer dans Le Figaro, "C'est terrible " leur a lâché François Hollande, "terrible pour les musulmans : comment être identifié à ce qui s'est produit ? Terrible pour les juifs : ne peut-on plus vivre en paix en France ? Terrible pour nos concitoyens : dans quel pays est-on ? " résume le Président. Il aurait pu rajouter "Terrible pour moi et pour le gouvernement ", car l'opposition attend la majorité au tournant. Encore que : on est loin d'une position commune sur le sujet à l'UMP, constate Le Figaro : il y a ceux qui ont critiqué l'interdiction de manifester du weekend dernier (tendance Bruno Le Maire), ceux qui critiquent l'autorisation de manifester ce soir (tendance Luc Chatel) et ceux qui dans un grand élan républicain, soutiennent la fermeté et la vigilance du gouvernement (tendance Raffarin) car "l'unité de la République n'est pas négociable" écrit même François Fillon. Ce qui n'empêche pas d'autres, les Dati et Estrosi, de lancer les critiques : "le retour fatal du communautarisme, l'inconsistance du gouvernement". Comme quoi à l'UMP, "toute la difficulté est de faire avec certains seconds couteaux qui ont soif d'exister à tout prix " confie un collaborateur du triumvirat à Jean-Baptiste Garat du Figaro.

Inquiète aussi, la police. 1 500 hommes sont mobilisés pour éviter les débordements et repérer les auteurs de violence. Et ce n'est pas simple. Hier et lundi, devant les tribunaux, certains mis en cause du weekend ont affirmé qu'ils n'avaient été arrêtés que parce qu'ils étaient repérables, un noir dans un groupe de blancs, une femme avec un tee-shirt rose. Et là où ça se complique, c'est que certains casseurs brisent les codes de la profession. En témoigne les clichés surprenants de Laurent Troude, photographe à Libération. C'est lui qui a immortalisé ce jeune homme en chemise blanche, costume, chaussures cirées, sacoche en bandoulière, tablette tactile dans une main, et... projectile dans l'autre. Oui, il est là, au milieu du Boulevard de la Chapelle en ruine, jeune cadre dynamique qui n'a pas eu le temps de passer chez lui pour mettre ses habits de délinquant. Ce cliché a fait le tour du monde et du coup, Laurent Troude a fouillé dans la mémoire de son appareil photo pour nous proposer d'autres clichés de cet élégant casseur dont on ne sait pas grand-chose. On le voit par exemple appuyé contre un arbre, la tablette en main, regarder le chaos urbain d'un air visiblement satisfait. Et là, invectivant on ne sait qui, le bras tendu, le regard noir, à un mètre d'une poubelle en feu. "Il avait un comportement surprenant " raconte Laurent Troude sur le site de Libé, "tous les manifestants étaient bloqués sauf lui, il allait et venait avec sa tablette et je ne lui ai pas parlé " semble regretter le photographe.

L'inquiétude encore, à Albi dans les quartiers de Cantepau et de Rayssac après l'arrestation spectaculaire de 3 djihadistes présumés.

"J'ai encore cru que c'était pour de la drogue ", raconte une habitante dans les colonnes du Midi-Libre, et même si les policiers se sont montrés discrets et efficaces dans leur intervention hier matin, les albigeois sont comme nos dirigeants : inquiets. "S'il y en a eu 3 d'arrêtés, ça veut dire qu'il y en a plein d'autres " pense un autre habitant de l'avenue Mirabeau. "C'était un couple très gentil " raconte encore une voisine, "au printemps, ils sont partis en Turquie pour le travail, disaient-ils ." Quant au 3ème interpellé, "il y a quelques années encore, il descendait en bas de l'immeuble pour fumer un joint avec les autres. Mais depuis l'affaire Mérah, il a changé, il ne parle plus que de religion " témoigne un autre voisin.

Les Échos dévoilent ce matin une nouvelle partie du fameux rapport de l'Inspection Générale des Finances sur les professions règlementées. Ce sont les notaires qui occupent le centre de la cible.

Oui, ils sont inquiets ceux-là aussi, et il y a de quoi puisque selon ce rapport de l'IGF, pour un même service rendu (rédaction et publication d'actes au moment de l'achat d'un appartement par exemple), la rémunération d'un notaire a augmenté de 68 % en 30 ans, 68% en euros constant évidemment. L'IGF préconise donc de revoir les tarifs à la baisse pour le client sans trop pénaliser le notaire qui se fait une marge d'environ 35% sur le chiffre d'affaire.

Encore faut-il qu'il y ait des transactions. Parce que l'immobilier est "toujours au point mort " titre Le Figaro. Malgré un taux de crédit historiquement bas à 2,73%, "pas suffisant pour que les français recommencent à investir ". Même sur le littoral breton et vendéen. Les rares ventes se font péniblement aux trois quart du prix affiché, constatent les agences de Belle-Ile-en-Mer, de l'Ile de Ré, de l'Ile d'Yeu, de Groix, même à Bréhat où une jolie maison de 120 m² sur la mer est affichée à 600 000 euros, alors qu'elle s'arrachait dans la journée à 900 000 euros il y a peu.

Les médicaments devraient-ils être soumis à la loi sur la parité ?

C'est ce qu'on serait tenté de penser en lisant Science-et-Vie dans son édition du mois d'août. Les médicaments, c'est comme les maladies. Prenez le cancer, à consommation égale de cigarettes, une femme à plus de risques de développer un cancer du poumon qu'un homme. Et bien il en est de même des médicaments. Un somnifère par exemple agira plus longtemps chez la femme que chez l'homme. Pour les vaccins, la moitié de la dose masculine suffirait pour être efficace chez la femme. "L'avenir, c'est une médecine qui s'adapterait à chaque individu selon son profil biologique" expliquent Elsa Abdoun et Florian Cadu. Science-et-Vie qui livre ce mois-ci son supplément "Drôle de science" avec 35 découvertes scientifiques amusantes ou carrément absurdes. Mais sérieuses : vous apprendrez que donner de la tomate à un poisson ne le rend pas plus rouge, qu'il n'y a rien de mieux qu'une IRM pour cuire un pâté en croute, que les moustaches ne protègent pas bien des UV. Et la décence m'empêche de vous révéler ici et maintenant quel est le meilleur moyen de se débarrasser d'un hoquet ou de se déboucher le nez.

"Drôle" encore et "inquiétante" toujours, cette carte du monde des chats, relevée pour nous par le site Slate.fr

Oui, un professeur d'art de l'université de Floride s'est amusé à récupérer sur Internet toutes les photos géolocalisées de chats postées par leurs propriétaires attendris. Il en a trouvé un million pour confectionner sa carte géante. C'est drôle de zoomer sur un quartier de votre ville et de regarder s'il y a beaucoup de chats. Drôle mais aussi inquiétant. Car "au-delà de la performance, le Professeur Mundy a voulu alerter sur la facilité avec laquelle les données de localisation sont disponibles sur le net " explique Slate, "sur certaines plateformes, la localisation se fait par défaut et il faut donc que l'utilisateur soit suffisamment connaisseur pour penser à décocher l'option qui permet de savoir où il habite. " En tout cas, les inquiétudes du Professeur Mundy ne semblent pas être vraiment partagées, aucun des propriétaires des chats qu'il a ainsi exposés ne s'est plaint, au contraire, "j'ai eu beaucoup de demande de gens qui voulaient que j'ajoute leur chat. "

Comme quoi, finalement, les seules personnes qui ne sont pas inquiètes ce matin devraient l'être quand même.

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.