Ce matin dans la presse, longue interview de Jean-Michel Blanquer dans le JDD, mais aussi un portrait collectif des députés En Marche et un regard américain sur Luc Besson.

Unes du JDD et du New York Times du 23 juillet 2017
Unes du JDD et du New York Times du 23 juillet 2017 © Radio France

Le JDD a rencontré le "ministre Ctrl-Z"

C'est le surnom que certains donnent déjà à Jean-Michel Blanquer , en référence à cette combinaison sur un clavier d'ordinateur qui vous permet d'annuler ce que vous venez de faire... L'image est assez claire : il est accusé de détricoter les réformes précédentes, en particulier celles de Najat Vallaud-Belkacem. Même si lui-même s'en défend : il préfère dire qu'il veut "cicatriser quelques plaies et arriver à une position d'équilibre". Cela passe par le retour d'un tiers des écoles à la semaine de quatre jours, le rétablissement de l'ensemble des classes bilangues, la restauration chaque fois que c'est possible des classes de latin et de grec... Tout ça en ne s'interdisant pas de repenser l'école publique : "Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas s'inspirer du privé, mais aussi des modèles étrangers et surtout des études scientifiques. Le vrai ennemi du service public, c'est l'égalitarisme ; son ami : la liberté. La liberté bien conçue favorise l'égalité", promet le ministre.

Extrait de l'interview de Jean-Michel Blanquer dans le JDD
Extrait de l'interview de Jean-Michel Blanquer dans le JDD © Radio France

Mais le plus limpide pour comprendre sa vision des choses, c'est peut-être de découvrir à la toute fin d'interview sa fable de La Fontaine préférée : "Le laboureur et ses enfants. Un cultivateur confie à ses enfants qu'il a un trésor caché dans son champ. A sa mort, ils remuent la terre et ne trouvent aucun magot, mais le champ devient de plus en plus fertile. C'est la morale de l'école : en travaillant, on se crée le plus grand des trésors". À se demander si La Fontaine n'avait pas déjà inventé le slogan "Travailler plus pour gagner plus"...

LIRE L'INTERVIEW sur le site du Journal du Dimanche

Le Monde fait de la zoologie politique

Le quotidien s'intéresse à une espèce intrigante et inconnue jusqu'alors : le député macroniste. Un animal étrange dont Alexandre Lemarié et Manon Rescan essaient de comprendre le mode de vie à l'Assemblée, un mois après les législatives. Ce sont pour la plupart des novices en politiques, séduits par le côté "start-up" d'En Marche, jusqu'à en reprendre le vocabulaire : entre eux, ils parlent de "team builging", de "process", de "change manager"... Ils revendiquent une inexpérience politique mais se disent "pointus sur les domaines techniques". Et ils n'ont pas le droit de parler à la presse sans le feu vert de la direction de la communication : "Comme on utilise de grands concepts comme la bienveillance ou la confiance, cela peut parfois sonner creux", se justifie un pilier du groupe. Une sorte de pensée complexe difficile à faire passer, en somme.

Extrait de l'article du Monde sur les députés En Marche
Extrait de l'article du Monde sur les députés En Marche © Radio France

Surtout, ces députés ont le culte de l'efficacité : "À les entendre, leur principale mission consiste à faire adopter le plus vite possible les textes de l'exécutif", assure Le Monde. L'un d'eux explique d'ailleurs : "Les citoyens veulent des résultats le plus rapidement possible, ils s'en foutent de savoir si on dépose des amendements ou pas !" Quitte à profondément agacer l'opposition, qui les traite de "godillots" ou de "robots", quitte aussi à déstabiliser les anciens mâles et femelles dominants de leur propre groupe. "Il y a les 27 sortants d'un côté et les 280 nouveaux de l'autre", se désole le député François-Michel Lambert. "C'est comme les redoublants, on se serre les coudes car il y a une défiance de certains nouveaux à notre égard". L'année scolaire commence tout juste mais elle s'annonce déjà digne des meilleures aventures du petit Nicolas (celui de Sempé et Goscinny, bien sûr).

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Dans les coulisses du départ du général de Villiers

Le JDD évoque cette démission fracassante avec la ministre des Armées Florence Parly, mais en raconte surtout les coulisses... François Clémenceau explique que le fameux "Je suis votre chef" d'Emmanuel Macron aux militaires a été ressenti "comme une humiliation". "Lorsqu'on gifle le chef d'état-major, on le prive de fait de son autorité", explique un spécialiste. "S'il avait reculé, il aurait perdu toute crédibilité aux yeux de ses hommes", assure l'un de ses frères d'armes. L'article revient aussi sur le rôle discret de Jean-Yves Le Drian, persuadé qu'il pouvait organiser une cohabitation... D'autant que la promesse d'un budget de 34 milliards d'euros en 2018 lui paraissait plus qu'honnête.. Comme le dit un proche des deux hommes : "Il aurait été heureux, Le Drian, d'avoir une telle enveloppe s'il était resté à son poste".

LIRE L'ARTICLE sur le site du Journal du Dimanche

Et si nos avions se mettaient à faire la ronde ?

Libération nous raconte aujourd'hui l'histoire d'un projet qui, en tout cas, tourne en rond : celui de la "piste sans fin", qui pourrait un jour entourer les aéroports... L'idée est née dans le cerveau d'un chercheur néerlandais, Hens Hesselink, persuadé qu'une piste d'atterrissage et de décollage parfaitement circulaire et légèrement incurvée permettrait aux aéroports de mieux gérer les vents de travers qui compliquent le départ et l'arrivée des avions, mais aussi de moins user les roues et de faire décoller ou atterrir jusqu'à quatre avions en même temps. Le projet est tout sauf utopique, en 2014 il a même été présenté devant la Commission européenne... Et depuis, plus rien, presque aucune nouvelle. Il faut dire que tout ça coûte cher : de 10 à 60 % de plus que la construction d'un aéroport classique. Mais Hens Hesselink ne désespère pas : il est persuadé qu'un jour, on finira par concrétiser sa farandole d'avions.

LIRE L'ARTICLE sur le site de Libération

Luc Besson, l'homme qui ajoutait du miel

Vous connaissez le surnom de Luc Besson ? On l'appelle souvent "le plus américain des réalisateur français"... Alors forcément, ça donne envie de voir ce qu'ils en pensent, les Américains, quelques jours après la sortie de son dernier film, "Valerian et la Cité des mille planètes". Rachel Donadio, du New-York Times, rappelle qu'à l'époque de la sortie du Cinquième Élément, son journal résumait le film ainsi, avec une pointe d'ironie : "Le monde sauvé par une femme à poil ? Cool !" ("World saved by a nude babde ? Cool !") Elle a rencontré le réalisateur et résume tout dans son accroche : "Valerian est le film français le plus cher de l'Histoire : "Et alors ?", nous dit Luc Besson."

Zoom sur la une du New York Times du 23 juillet 2017
Zoom sur la une du New York Times du 23 juillet 2017 © Radio France

"Les films de Besson semblent conçus pour plaire et pour attirer l'attention sur toutes les plateformes. Valerian semble génétiquement conçu pour rapporter de l'argent", explique la journaliste... "Dans le dossier de presse, on nous indique... combien d'abonnés Instagram ont les deux actrices principales". Luc Besson, lui, se voit plutôt comme un marchand de rêves, et de rêves positifs : "il y a trop de films de science-fiction qui sont sombres, il pleut, les aliens sont méchants. Or le futur est une page blanche : pourquoi y projeter autant de pessimisme ?" Une philosophie joliment résumée dans ce petit détai glissé par Rachel Donadio : tout en lui parlant de son film, Luc Besson est en train de verser abondamment du miel dans son thé. Tout un symbole...

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La grosse fatigue de Romain Bardet (et de Titiou Lecoq)

Il est fatigué, le cycliste français, et pas seulement physiquement. Sur cette photo, on le voit assis, presque affalé sur le sol, ruisselant de sueur, le regard perdu. "D'un souffle", titre le journal, cette fameuse petite seconde qui lui a permis de garder pour l'instant sa place sur le podium, au terme de "sa pire journée dans le Tour". Face à tant de désarroi, L'Équipe se demande même s'il ne faudrait pas "rendre hommage à l'esprit tordu qui décréta un jour que la frontière entre la troisième et la quatrième place marquait celle entre les vainqueurs et les perdants".

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En parlant de Tour de France d'ailleurs, Titiou Lecoq raconte ce façon assez délicieuse sur Slate sa tentative (ratée) de se réconcilier avec la Grande Boucle. En analysant les arguments de ses amis qui, eux, sont fans, elle s'est rendu compte qu'il y avait trois explications à ça : le dépassement de soi, les paysages et la tradition familiale. Or la journaliste a un triple blocage : "Ma grand-mère regardait les Feux de l'Amour, si je veux voir de beaux paysages, je regarde Des Racines et des Ailes et j'ai du mal à percevoir le sublime de ces performances puisque, ne sachant pas faire de vélo".

Capture du billet de Titiou Lecoq sur Slate.fr
Capture du billet de Titiou Lecoq sur Slate.fr © Radio France

Surtout, elle s'agace que le Tour soit "un truc tellement antique qu'on y retrouve une vieille dichotomie : les hommes accomplissent des exploits, ils sont forts et courageux. Les femmes sont en robe et remettent des coupes en souriant. Elles sont jolies... et jolies." Pour arriver à cette conclusion : "Si le Tour de France, c’est une affaire d’hommes, pourquoi ce ne sont pas des mecs qui remettent les maillots aux autres mecs?" On ne saurait trop vous recommander ce billet sur Slate... Attention quand même, sachez que ça se termine avec une sombre histoire de vampires et d'ornithorynques géants amateurs de cyclisme. Vous êtes prévenus.

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