Savez-vous Frédéric que l’enquête sur Jane Doe se poursuit ? Les premiers indices déconcertent Karim. Chloé, certes, renoue avec d’anciens amis mais l’état de santé de Nina inquiète Karim et Lou.

Je sais Frédéric, c'est tous les lundis matins pareil : vous ne tenez plus, l'attente tout le week-end a été longue et à 10h35 vous allez vous brancher sur TF1 pour votre saga de l'été : "Demain nous appartient" ! 

Non? Ah bon? Alors vous aussi vous avez trouvé mieux que la fiction ? Ah mais oui : la réalité ! Parce que c'est vrai que depuis mercredi soir la saga de l'été elle est plutôt dans les journaux. 

Et à 10h ce ne sont pas Joe, Karim, Chloé ou Lou que vous allez retrouver, c'est Gérard Collomb ! Audition publique et retransmise du ministre de l'Intérieur pour l'enquête parlementaire sur l'Affaire  Benalla !

Je n'ai pas besoin de vous rappeler ce qu'il s'est passé dans les premiers épisodes. 

Sachez que désormais trois enquêtes sont en cours, nous rappelle Libé : judiciaires, parlementaires et administratives après les violences de ce proche conseiller du président de la République. Trois enquêtes et pourtant "Macron sans parole" titre Libé en page 2. Libé qui a sollicité l'Elysée. Réponse : "Emmanuel Macron ne s’exprimera pas". Libé qui a aussi contacté Matignon : "Le président est là pour fixer le cap et la stratégie, puis dialoguer avec les Français, a t'on répondu. Mais pas pour commenter ce genre d’histoire."

Ah bon? Une simple histoire???

Ça n'est pas ce que semblent dire les journaux ce matin, désormais tous d'accord pour parler d'une affaire d'État. 

Alors vous comprenez maintenant que "Demain nous appartient", "Plus belle la vie", tout ça, en ce moment, ça passe au second plan. 

Parce que dans notre nouvelle saga de l'été, il y a tous les ingrédients nécessaires pour que ça marche !

D'abord un jeune garde du corps, 26 ans, beau gosse, très bien payé, certes un peu violent  mais qui a quand même des hommes à ses ordres. C'est une deuxième vidéo du 1er mai révélée par Libé qui nous l'apprend : "Benalla prend du galon" titre le quotidien. Sur cette vidéo, explique le journaliste Ismaël Hallissat, on découvre que ce jour-là, Alexandre Benalla a été, du début à la fin, au cœur de l’opération de maintien de l’ordre qui a conduit à l’interpellation des deux manifestants."

"On y voit distinctement, poursuit le journaliste, Benalla et son collègue, Vincent Crase, s’adresser aux policiers pour parvenir à leurs fins."

Ensuite (les ingrédients) : un ministre de l'intérieur qui savait mais qui n'a rien dit. Gérard Collomb, qui sera auditionné dans moins de deux heures à l'Assemblée et demain au Sénat.

"Collomb au cœur de la tempête, estime Le Figaro "va passer sur le gril des députés et sénateurs." "Il avait déjà traversé plusieurs zones de turbulences, écrit le quotidien de droite, mais celle-ci semble inédite." Collomb, qui avait été prévenu dès le 2 mai, c'est à dire le lendemain, des faits commis par Benalla... Digne d'un vrai thriller !

Et puis dans notre saga de l'été, il y a ce personnage, sautillant, omniprésent en ce début juillet. Exultant le 15 du mois quand les Bleus remportaient une nouvelle étoile et qui tout d'un coup s'est tu... Mutique, Emmanuel Macron. "Une silence qui fait du bruit" titre en une, L'Opinion. Mais un silence tout de même.

Quoique selon Le Figaro, le président prépare sa riposte. Il aurait convoqué hier soir plusieurs proches à l'Elysée, nous apprend Arthur Berdah : le Premier Ministre, Édouard Philippe, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, et le patron de La République en marche, Christophe Castaner. Ah oui ! Tout de même ! 

Et Arthur Berdah de nous révéler que devant ce petit comité, le Président a reconnu "des dysfonctionnements à l’Élysée" dans la gestion de cette affaire Benalla. Il aurait jugé "choquante et inacceptable l'attitude de son garde du corps".

Aïe, ça ressemble à une rupture ! Pourrait-il y en avoir d'autres en cascades ? Par exemple Sonia Krimi ? Libé nous révèle un twit de la député La République En Marche : "Je suis abasourdie. On avait été élus pour la transparence. Ça ressemble au vieux monde ! "

C'est vrai qu'il avait promis monts et merveilles Emmanuel Macron. Dans son édito le Figaro s'en donne à cœur joie !

"Adieu, écrit Laurence de Charette, Adieu veau, vache, cochon, couvée, «République exemplaire» et «moralisation» de la vie politique. Le lait de l'affaire Benalla s'est renversé sur le nouveau monde, soudain plongé dans la tourmente."

On va s'arrêter là, Frédéric, il ne faudrait pas non plus "spoiler" la suite de la série. Juste une chose, un élément nécessaire pour accrocher le spectateur : l'amour ! Alexandre Benalla a dû annuler son mariage, coincé par les juges. On espère pour lui qu'il avait pris ses précautions et fait comme Emmanuelle Peyret, journaliste à Libé qui dans le cahier d'été du quotidien, relatant sa propre expérience, nous dit tout pour réussir un mariage low cost !

Une autre histoire de bad boy mais rondement menée celle-là !

Un autre beau gosse à qui tout semble réussir mais un peu violent. Non non pas Benalla ! Mais plutôt Gianni Moscone, un coureur italien de l'équipe Sky sur le Tour. Vous savez ce qu'il a fait hier? Il a donné un coup de poing au pauvre coureur français Elie Gesbert. Et l'Equipe de résumer les différentes frasques de ce très bon coureur par cette accroche : "Comment détruire sa carrière en cinq leçons."

Le journaliste Gilles Simon nous ressort le CV de ce "premier communiant". Gianni Moscon avait l'an passé proféré des insultes racistes à l'encontre d'un coureur français, s'était accroché à la voiture de son directeur sportif lors des derniers championnats du monde et est soupçonné d'avoir fait tomber volontairement un coureur…

Et bien vous savez quoi ? Hier après le coup asséné à Elie Gesbert, les commissaires du Tour de France, n'ont pas eu besoin de commission parlementaire et tout le tralala, l'Italien a été exclu du Tour, pour "agression particulièrement grave" !

Ce lundi, les journaux reviennent sur l'attaque du Super U de Trèbes le 23 mars dernier. 

Plusieurs quotidiens se sont procurés le dossier d'instruction -Libé, le Monde, le Parisien- et nous racontent minute par minute ce qu'il s'est passé ce jour là. Et tout particulièrement le huis clos de la salle des coffres. C'est là que le terroriste Radouane Lakdim a pris en otage Y., première lettre du prénom de la caissière,  avant que le gendarme Arnaud Beltrame ne se propose pour prendre sa place et finalement meure abattu par le terroriste.

Et vous allez voir que le héros national a peut-être un dérapé. Les journaux ce matin s'interrogeant sur son geste. Je vous en refait le récit en recoupant plusieurs articles de différents quotidiens : 

Y. la cassière est donc avec Radouane Lakdim dans la salle des coffres.  L'unité spécialisée de la gendarmerie de Carcassonne arrive et se positionne autour de la pièce.

Le colonel Beltrame, le plus haut gradé sur place est présent.

Dans Libé un sous-officier raconte : "Beltrame n'étant pas équipé d'un gilet par balles lourd et comme le veut la consigne, je lui demande de rester derrière moi ". Lakdim alors voit les gendarmes et menace d'abattre la jeune femme, lui pointant un pistolet sur la tempe. 

Dans Libé toujours, un autre sous-officier continue : "Je suis entré dans une phase de négociations en disant au terroriste : relâche l'otage et nous allons trouver une solution. "

Et c'est là que tout bascule !

Selon le Figaro, le colonel Beltrame interrompt le sous-officier, s'avance les mains levées et lâche aux autres militaires : "Taisez-vous ! C'est moi qui négocie, cassez-vous du supermarché !"

Un major lui dit alors : "Non! Non ! Reculez !

Et alors Beltrame qui ne préfère pas entendre s'adresse au jihadiste : "Lâchez l'otage et prenez moi à sa place". On connait la suite. 

En résumé, Frédéric Arnaud Beltrame n'a pas respecté les règles. 

Libé a contacté "six sources familières de ce type d'intervention

Et Willy Le Devin, le journaliste, nous relate que "toutes avaient de la peine à masquer leur embarras à l'évocation des faits."

Selon l'une de ces sources, Arnaud Beltrame a fait "acte de bravoure certes mais de façon cavalière et inconsciente. Un gendarme gradé confie : "Il n'a pas agi selon les règles enseignées, il les connaissait pourtant parfaitement."  

Je n'en dis pas plus, la presse, en été nous avait habitué à des sujets un peu plus légers. Parce que l'affaire Benalla même si elle nous fascine, elle n'est pas rassurante. 

Finalement peut-être que ça serait mieux de sortir un peu de tout et dans deux heures se planter devant Demain Nous Appartient. Vous aviez peut-être raison Frédéric...

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