C'est l'histoire d'une phrase qu'on n'aurait pas du lire et qui pourtant nous attire... c'est comme ça, curiosité mal placée.

En sortant hier du conseil des ministres, le premier d'entre eux Jean Castex aurait dû se méfier. Comme chaque mercredi, les objectifs sont rivés sur les escaliers. Le voilà, Jean Castex qui sort de l'Elysée, avec entre les mains tous ses dossiers. Et si d'ordinaire on voit surtout des pochettes, des trieurs, là ses papiers n'étaient pas bien rangées. C'est le journaliste Paul Larrouturou qui s'est amusé à zoomer. Sur l'une des photos prise hier, bien en vue, une note qu'on suppose confidentielle. Papier à entête de Matignon et quelques phrases inscrites à la main : deux écriture différentes, très, trop lisibles... Trahison sans doute d'un dialogue silencieux qui s'est tenu durant le conseil.

On peut lire ceci : 

“Finalement, on a trouvé un os à ronger supplémentaire pour le jeune Gabriel ?”

 La seconde main, à l'écriture plus resserrée, répond que non. Le décryptage de la suite a amusé de nombreux internautes sur les réseaux sociaux qui en arrivent, comme l'Obs ou le Huffington Post, à cette même conclusion : le message concerne bien Gabriel Attal, nommé porte-parole et dépourvu d'un autre portefeuille. Pourtant, le jeune ministre se serait bien chargé d'autre chose, la vie associative par exemple.

De cette note, ce qu'on ne sait pas, c'est qui a écrit quoi. Mais cela fait écho à un bruit de fond que murmurent nos journaux : ils parlent de Jean Castex, d'une stratégie, et de ses premiers accros, le parler "cash", le parler vrai. 

Pour le gouvernement c'est l'heure du "faire savoir" plutôt que du "savoir faire" 

Faire savoir que l'on agit, et vite, ce même message résonne à tous les étages selon l'Opinion. Parler simple et fort, c'est la nouvelle touche “authentique” imposée par Matignon. Si Roselyne Bachelot est de ce style (d'ailleurs l'Express lui souhaite cette semaine bon courage et dresse la longue liste de tous ses chantiers dans un grand dossier), certaines et certains vont devoir se roder.

Elisabeth Moreno, par exemple, nouvelle ministre chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes. Le Canard enchaîné révélait hier le fiasco de sa première interview, relue et modifiée par les services du Premier ministre. Tellement relue que Le Parisien a fini par publier la version initiale. Caillou dans la chaussure de Dupond-Moretti, l'affaire Darmanin “un boulet à traîner”. De cet entretien, Matignon s'est pourtant félicité, signale l'Opinion. Parler trop cash ou parler vrai, on ne sait plus sur quel pied danser.

Eric Dupond-Moretti, lui, s'est assagi

Et Libération le souligne : le tonitruant avocat a perdu de sa superbe ces quinze derniers jours. “Un ministre à la peine”, “Le ténor met la sourdine”... Le quotidien ne manque pas de formules. Car la grande gueule des Assises a mis de côté certaines convictions tranchées qu'auparavant il défendait. La séparation du siège et du parquet, il ne pourra pas la porter ; ou bien sa volte face sur la rétention de sûreté.  Eric Dupond-Moretti ou bien “EDM”, écrit Libé (c'est plus court) ne convainc pas non plus sur le sujet des violences faites aux femmes, s'emmêle dans les chiffres, les conteste et perd, au passage, sa crédibilité.

Anne Hidalgo et Nicolas Sarkozy

La presse, décidément très politique ce matin, met aussi en “une” la maire de Paris et un ancien président, Nicolas Sarkozy. La première fixe le cap pour la capitale, parle de verdure dans nos rues, de voitures, de vélos et tape encore une fois sur Airbnb. À la question de 2022, l'élue reconduite répond formellement : “Je ne serai pas candidate”, répète-t-elle, “à la présidentielle”. 

Un ancien président, est donc en première page du Figaro, c'est Nicolas Sarkozy qui sort un nouveau livre. Le “Temps des tempêtes”, un pavé de 500 pages écrit pendant le confinement (huit heures de rédaction par jour). Il parle de ses cinq ans passé à l'Elysée 2007-2012. “Une période”, je le cite “d'une telle intensité”. Lui non plus, pas candidat : “Personne ne me croit mais ça ne me manque pas.”

Des sorcières dans nos hebdos

L'Express salue le succès de l'essai féministe de Mona Chollet qui ne cesse de grimper dans son palmarès et intéresse les plus jeunes générations. Quant au Courrier international, il nous rapporte dans son numéro qui sort en kiosque ce matin l'ouverture d'un musée au Danemark, consacré à la chasse aux sorcières des XVIe et XVIIe siècles. La peur irrationnelle de ces sorcières, fil rouge de l'Histoire, qui poussa au bûcher au moins 40 000 personnes en Europe, essentiellement des femmes. Une peur irrationnelle, enfouie, et qui ressort encore parfois aujourd'hui, en ces temps d'épidémie. La sorcière qui accompagne aussi la lutte pour l'égalité, symbole, pour les femmes et les féministes, d'une puissance ingénieuse et d'une résistance à toute épreuve. 

Les femmes, et surtout les plus jeunes, qui cet été se libèrent et pratiquent le “No Bra”. Elle mettent à la poubelle les soutien gorges qui depuis trop longtemps les enserrent. Le mouvement s'est popularisé avec le confinement, question de confort ou de conviction ça dépend. Mais fini les baleines qui pénètrent la chair, les bretelles qui scient les épaules. 

Sauf qu'au travail, quand même, ce n'est pas évident : L'Obs l'explique, la crainte de choquer ou d'être gênée. Géraldine raconte des clients qui ne remarquent que ça ; Juliette a “débloqué son cerveau” dit-elle, “et depuis ça va beaucoup mieux”. Mais le magazine, comme Le Parisien d'ailleurs, rapportent ce sondage qui témoigne de la sexualisation à outrance des poitrines, des regards concupiscents jusqu'aux attouchements sans consentement. C'est sans doute le cerveau des hommes, sur cette question, qu'il faudrait débloquer.

Les journaux nous parlent d'amour 

Et de ces couples, c'est à lire dans l'Édition du soir sur le site de Ouest France, qui, à tout prix, voulaient se dire oui. Qui malgré les frontières, fermées, ont quand même voulu se marier. C'est anecdotique, mais c'est touchant : Kaydee et Jaxon, ont scellé leur union à la frontière américano-canadienne, au dessus des barbelés. Les familles ont fait la fête de chaque côté. Camilla et Alexander, eux, on trouvé un coin de forêt à mi chemin entre la Suède et la Norvège. 

Le Monde raconte aussi ces couples que le Covid sépare depuis des mois désormais. C'est d'ailleurs, au-delà des règles très compliquées, parce qu'ils ne sont pas mariés que c'est plus difficile de se retrouver. Ils racontent la peur de l'inconnu, la découverte des frontières, pour une jeune génération qui trouve ça incongru. Certains craignent aussi de ne pas survivre à la séparation prolongée. 

Frederique, 53 ans, a laissé son mari et son fils à Boston, où ils se sont installés. Le temps d'un dernier aller-retour en France, elle s'est retrouvée confinée et donc coincée. Impossible pour l'instant de retourner aux Etats Unis : "C'est dur, je n'en peux plus. Je traverserai l'Atlantique à la nage s'il le faut". Parler d'amour, c'est aussi s'emballer mais c'est toujours parler vrai. 

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