Finalement, l'élection ne sera donc pas annulée... Décision du Conseil des Gardiens, la plus haute autorité législative iranienne, une décision transmise par la télévision : le Conseil des Gardiens rejette l'annulation de l'élection présidentielle du 12 juin... "Il n'y a eu aucune irrégularité majeure lors du déroulement du scrutin" : réponse cinglante aux opposants de Mahmoud Ahmadinejad qui, hier, n'étaient plus qu'un millier à braver le pouvoir dans les rues de Téhéran. "La peur fait reculer les manifestants", titre Libération... "Les opposants iraniens gagnés par la déprime", confirme Le Figaro... dans lequel Delphine Minoui raconte l'essoufflement de la contestation... "A la tombée de la nuit, les frondeurs du soir sont sur les toits... 'Allah Akbar !... Mort au dictateur !', chantent les partisans de Mir-Hossein Moussavi, signe de résistance pacifique contre les fraudes électorales... 'C'est la seule forme de contestation qui nous reste', se désole Mohsen, un ex-manifestant... Pendant plus d'une semaine, cet employé de banque n'a raté aucun rassemblement anti-Ahmadinejad, mais depuis la violence de ce week-end, il s'est résigné à un demi-silence... 'La répression est pire que durant les émeutes étudiantes de 1999', dit-il... 'Aujourd'hui, nous sommes face à deux options : la mort ou l'exil'... L'exil... C'est ce qu'a choisi notamment le cinéaste Mohsen Makhmalbaf... Il s'exprime aujourd'hui dans Le Monde, et dénonce le régime en place... "Avant, dit-il, on avait 80% de dictature et 20% de démocratie en Iran... Depuis les élections, on a 100% de dictature"... L'exil... C'est aussi ce qu'a choisi l'écrivaine Fariba Hachtroudi... Elle s'exprime aujourd'hui dans France-Soir... Et elle aussi s'inquiète... Elle dit qu'il faut s'attendre à l'instauration d'un régime militaire, avec décret de couvre-feu... Elle dit que, pour les opposants, cela signifierait arrestations et tirs dans le tas, soit le début d'une guerre civile... Elle dit qu'il faut s'attendre à ce que le nombre de morts augmente... L'exil ou la mort... Et pour Neda, c'est donc la mort... Neda : vous verrez son visage à la Une du Parisien-Aujourd'hui en France, ce matin... Elle était âgée d'une vingtaine d'années... Elle était très belle... Et elle manifestait samedi à Téhéran, avec des milliers d'autres jeunes... Neda a été tuée d'une balle en pleine poitrine, tirée d'un toit voisin par un membre des milices islamiques... Il ne pouvait pas la rater, ont rapporté des témoins. Sa mort a été filmée par des téléphones portables... une vidéo d'une minute, qui a déjà fait le tour du monde sur Internet... Et ce matin, tous les journaux parlent d'elle comme d'un symbole... "Neda, martyre de la révolte iranienne", titre ainsi Le Parisien... "Neda est devenue le cri de ralliement de l'opposition iranienne", note également L'Humanité... pour qui "la tragédie de son assassinat nous apprend bien plus que des milliers de mots sur la nature d'un pouvoir qui n'hésite pas à faire tirer sur ses citoyens désarmés... Cette tragédie montre aussi le courage des manifestants qui osent défier ce pouvoir"... Neda est morte parce qu'elle espérait... Elle espérait une autre histoire pour son pays... Elle voulait une autre élection... Mais il n'y aura donc pas de nouvelle élection... L'autre grand sujet à la Une, ce matin, c'est évidemment le discours du Président de la République hier à Versailles... C'est LE sujet à la Une de la totalité de la presse nationale... LE sujet à la Une également de la quasi-totalité de la presse régionale... Les titres des journaux donnent la tonalité... Il y a ceux qui applaudissent... "Nicolas Sarkozy prône le courage de changer"... "OUI, ON PEUT !", lance ainsi à sa Une France-Soir, en lettres majuscules... avec un édito de Gérard Carreyrou, qui parle "d'un discours fondateur, dans lequel le Président de la République a su allier avec brio l'habileté et l'audace"... "Sarkozy veut amplifier les réformes pour sortir de la crise", titre de son côté Le Figaro... avec un édito d'Etienne Mougeotte, qui félicite "le souffle du discours du chef de l'Etat... un souffle d'une indéniable hauteur de vue, une audace visionnaire et mobilisatrice"... Mais il y a bien sûr des journaux nettement moins enthousiastes... A l'image de L'Humanité, qui fait sa Une sur le "bal masqué à Versailles"... "Mise en scène solennelle, formules flatteuses sur le 'modèle français' et critiques à l'égard du capitalisme financier, tout cela pour recycler les vieilles recettes du libéralisme et préparer l'opinion à de nouveaux coups", explique le quotidien... dans lequel Patrick Apel-Muller décrit le comportement de François Fillon : "Sagement assis à son banc, le Premier ministre (qui, selon la Constitution, conduit la politique de la France) écoutait, un peu absent, les consignes qui tombaient de la bouche présidentielle". Un discours qui, de fait, était un discours de Premier ministre... "Mais ça tombe bien, note Jean-Marcel Bouguereau dans La République des Pyrénées, ça tombe bien puisqu'il n'y a plus de Premier ministre". "Fillon a assisté sans broncher à son effacement", souligne également La Tribune... Tandis que Les Dernières Nouvelles d'Alsace explique que "Sarkozy a laissé le Congrès sur sa faim"... "L'intervention du chef de l'Etat devant le Congrès n'a fait que confirmer les projets connus, allant du rejet de la rigueur à la réforme des collectivités territoriales et à celle des retraites". "Tout ça pour ça !", s'emporte du coup Philippe Palat dans Le Midi Libre... Tandis que Libération titre sur "Le râteau de Versailles"... "Hier, explique le journal, Nicolas Sarkozy n'a pas vraiment convaincu, même à droite... Pour preuve, les mots du souverainiste Nicolas Dupont-Aignan : 'J'attendais Churchill ou Clemenceau, on a eu un discours de candidat pour 2012'". Pour preuve aussi, les mots de l'UMP Claude Goasguen, à lire cette fois dans Le Figaro : "C'était, dit-il, un discours oecuménique... Et, forcément, l'oecuménisme, ce n'est pas flamboyant"... une petite phrase glanée dans les coulisses du Congrès... Tous les journaux, ce matin, expliquent d'ailleurs les coulisses de ce Congrès de Versailles... C'est à lire donc dans Le Figaro, mais aussi dans Les Echos... ou encore dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, sous la plume de Nathalie Segaunes... "10 heures... Les premiers parlementaires investissent l'aile du Midi du Château de Versailles et se dirigent comme un seul homme vers la salle qui sert habituellement de buvette... Pas de chance : c'est là qu'a été installé le bureau du Président de la République... 13 heures... Dans l'Orangerie : poulet-pommes de terre ou saumon-poireaux, arrosé de chablis ou de haut-médoc... 'Ils n'ont pas laissé les bouteilles sur les tables, pour éviter qu'on arrive trop chauds dans l'Hémicycle', observe un élu"... C'est vrai, François Hollande : il n'y avait pas assez à boire ? (...) "15 heures... Le Président arrive... Son épouse Carla est installée dans la loge élyséenne... Puis commence le discours... La maman de Carla y assiste également... Elle somnolera tout du long", explique Le Parisien... Et puis bien sûr, ce matin, il y a un mot qui revient dans tous les journaux : c'est le mot "emprunt", principale mesure du discours d'hier. "Sarkozy mobilise autour d'un grand emprunt", titre ainsi La Tribune. "Sarkozy choisit l'emprunt pour financer l'avenir", constate Les Echos, en nous rappelant le précédent de 1993 : le fameux "emprunt Balladur", qui au final s'était révélé très coûteux pour l'Etat. "Il y a eu aussi, note Vittorio de Filippis dans Libération, le fameux 'emprunt Giscard', qui avait été indexé sur l'or... Avant, il y avait eu la 'rente Pinay', accrochée au napoléon... Pour l'instant, l'emprunt de Sarkozy est surtout accroché... à une myriade d'hypothèses", note le journaliste. Il n'empêche, tempère ce matin Le Courrier Picard : "Il s'agit là d'un emprunt contre la crise"... La crise qui touche aujourd'hui de plus en plus l'Afrique... On en parle peu, certainement pas assez... Mais aujourd'hui l'ancien patron du FMI, Michel Camdessus, tire la sonnette d'alarme... C'est dans Libération... Il dénonce notamment la chute de l'aide publique pour les pays africains... "L'Afrique, dit-il, est la moins responsable de la crise, mais c'est la plus touchée". "La crise qui, par ailleurs, assèche les envois d'argent des immigrés", note ce matin Le Parisien... "Les travailleurs immigrés ont de plus en plus de mal à envoyer de l'argent aux familles restées au pays... Dans un pays comme le Maroc, les transferts de devises ont baissé de 15% lors du premier trimestre". La crise... Certains, du coup, innovent... comme ce commerçant allemand qui rêve d'installer quelque 500 distributeurs automatiques d'or dans les aéroports européens... Les premiers essais ont eu lieu la semaine dernière à l'aéroport de Francfort... C'est à lire notamment dans L'Humanité. Dans le même temps, en Norvège, les douaniers viennent de mettre la main sur un crocodile caché dans un sac, dans un train... Son propriétaire a expliqué qu'il voulait en faire son animal de compagnie.

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