Manif de bastiille à Bastille, la presse n'est pas tendre

La revue de presse, bonjour hélène Jouan

Revue de presse qui commence par l’histoire d’une manif…

« Quel pataquès » s’exclame la Voix du Nord. « Cafouillage » pour le Parisien, « Vaudeville » pour la Croix, « Couac » pour Ouest France, « Théâtre de Guignol » pour l’Union/l’Ardennais, « 1 pas en avant, 2 pas en arrière » pour Libération, quand l’Humanité compte carrément « 1000 pas en arrière », « la fête commence »…Ah non ! pardon, Ca c’est l’Equipe qui se réjouit qu’on entre enfin dans les 8èmes de finale de l’euro !

C’est donc l’histoire d’une manif interdite puis autorisée, pas vraiment défilante, mais pas statique non plus. Dans la presse ce matin, on rit, on dénonce, et on cogne

Les internautes d’abord, rient, beaucoup. A retrouver sur le Huffington post, les tweets ravageurs sur la manif de Bastille à Bastille, « on fait une queue leu leu ? », « une manif autour d’un bassin pour un texte qui prend l’eau, normal », quand quelques internautes perspicaces ont remarqué que le trajet autour du bassin de l’arsenal avait la forme d’un…préservatif ! Ils s’interrogent donc, « quel est le message caché ? ». Mediapart, dans un article qui dénonce « un rassemblement statique qui ne dit pas son nom », collecte également quelques railleries, « le gouvernement travaille déjà sur les manifestations de cet été, avec tour de corse ou de l’ile de Ré..dans l’eau».

On en rit, mais on s’organise aussi, le monde.fr raconte que « jamais un parcours de défilé syndical n’aura été aussi court, et pourtant jamais une manifestation n’aura mobilisé un aussi grand nombre de policiers. Quel paradoxe. 2000 fonctionnaires pour assurer la sécurité du cortège, et surtout beaucoup de contrôles réalisés en amont pour éviter projectiles et déguisement. Déguisement, c’est le mot utilisé par la préfecture de police pour évoquer cagoules et foulards des casseurs. Un conseil donc, si vous allez à la manif prévient le journal, allez y sans sac à dos si vous voulez avoir une chance d’arriver à Bastille pour tourner autour de ..Bastille

On en rit donc…mais la décision d’interdire puis d’autoriser la manifestation est surtout sévèrement jugée ce matin

« Le Génie de la Bastille », se moque l’Opinion. Bien sûr, ce cafouillage comme tous les demi tours, zig-zag, hésitations de François Hollande depuis 2012 n’est que l’illustration de son sens tactique. « les français ont bien compris la démarche, au point de l’adopter raille Olivier Auguste. S’ils cantonnent la popularité de François Hollande à des niveaux aussi bas, c’est probablement pour donner plus d’éclat à réélection. » Même sévérité ans le Figaro où Paul Henri du Limbert parle de « Syndrome Léonarda », pour fustiger la versatilité consubstantielle dit il du chef de l’Etat.

Quelqu’un a-t-il gagné ou perdu ? « Qui est le patron ? » se demande la Provence, mettant face à face Martinez/Mailly et Hollande/Valls ; Pour l’Humanité, y a pas photo, les grands vainqueurs de ce bras de fer sont ce matin les syndicats et les citoyens, quand Manuel Valls est personnellement jugé responsable voire coupable de la « lourde dérive autoritaire » de l’exécutif écrit le journal. Cécile Cornudet dans les Echos note elle qu’il y a eu hier une inversion des rôles hier, Valls poussant à l’interdiction, quand Bernard Cazeneuve jouait le compromis. Le premier se comportant comme le ministre de l’Intérieur qu’il n’est plus, le second en chef de la majorité qu’il n’est pas. La gauche de la gauche ne s’y est pas trompé en décochant ses flèches les plus dures contre le premier ministre « Quant l’europe retient son souffle, écrit l’éditorialiste, la gauche en France a trouvé son combat, le « Vall xit ».

Enfin, la droite évidemment cogne. Interview de nicolas Sarkozy à lire dans Sud Ouest ce matin, où il répète qu’il trouve anormal d’interdire à des syndicats de défiler dans un cadre démocratique. Mais s’il y a des dégâts prévient il, c’est à la CGT de payer, et pas au contribuable. Si nous revenons au pouvoir, nous ferons voter une loi en ce sens » dit il.

On passe au référendum du jour…

Brexit, jour j, et une presse britannique qui lâche ses dernières consignes.

Le populaire Sun titre sur l’Independence Day, avec le soleil qui se lève sur le royaume uni, désormais au centre du Monde, « Votre pays a besoin de vous, Votez Leave » supplie une dernière fois le Daily Express,

Quant à l’inverse, The Guardian se demande « Qui voulons nous être ? » et répond de façon subliminale en colorant en jaune le I et le N de son titre pour dire où il se situe…dans le IN donc. En France, Libération propose un numéro à lire dans les 2 sens, qui est In, qui est out ? pour explorer les deux faces de ce pays changé en Janus…Ce royaume désuni titre joliment le Monde

Retour en France avec un ancien premier ministre prolixe…

Mais il en parle aussi de la Grande Bretagne et du référendum du jour ! faut dire qu’il parle de tout ! Interview fleuve de Michel Rocard dans le Point, 13 pleines pages où l’ancien premier ministre écume tous les sujets, de la gauche d’aujorud’hui, la plus rétrograde d’europe, à François hollande dont le problème est d’être un enfant des médias dit il, emmanuel macron ou encore François Mitterrand, de la dictature du temps court symbolisée par les sms,au système éducatif, la réforme territoriale, les 35H, les réfugiés, « où ce sont les opinions publiques qui n’ont pas été très correctes » accuse t il jusquà l’Iran ou la Syrie…Les photos choisies sont aussi éclectiques que l’entretien, avec rocard faisant du sport, Rocard avec Valls, Jospin, Houellebecq ou jean Jacques Goldmann…Vision donc à 360° de Michel Rocard, à lire dans le Point

Le site les jours révèle ce matin que Marc Ladreit de Lacharrière, pdg de Fimalac et créateur de la fondation Culture et Diversité est un as de l’optimisation fiscale, notamment au Luxembourg. Alors, rien de frauduleux assure Nicolas Cori qui a fait l’enquête, après tout c’est un peu l’objet d’une entreprise financière comme Fimalac, mais gênant pour celui qui est présenté comme le PDG préféré du président, pour qui François Hollande privatise même l’elysée tous les 6 mois pour remettre les prix de de sa fondation. « Mon ennemi la finance, mon ami l’optimiseur fiscal »

Quittons les sous, parlons Culture ! hélène

« Enfin, durant 4 jours, vous entendrez parler de Calais pour autre chose que sa jungle » se réjouit Bruno Mallet dans la Voix du Nord pour présenter 2 créatures extraordinaires le cheval dragon Long ma et l’Araignée Kumo qui vont déambuler dans la ville jusqu’à dimanche. Machines de 40 tonnes nées de l’imagination fertile de François Delarozière, c’est lui déjà qui avait travaillé avec Royal de Luxe à Nantes, cette fois il se produit avec le Channel, la scène nationale de Calais dirigée par Françis Peduzi. Animaux fabuleux pour réenchanter Calais

Et enfin, Hey, hey ! vous connaissez ? Incroyable revue artistique bilingue, français anglais, qui fête ses 6 ans d’existence. Elle est à soi seule un objet d’art.pas forcément facile d’accès mais magnifiques présentations d’artistes et de leurs œuvres, on retiendra juste Gil Blate, un gangster repenti qui après plus de 20 ans d'allers et retours en prison développe un art de gravure sur œuf d'autruche, scènes sculptées pour raconter sa vie, ses rencontres, totalement incroyable, ou encore Myriam Dion qui travaille sur la découpe et le ciselage de journaux pour les reconstituer mais sous forme de tableaux ou d’allégories…A quoi sert aussi la presse. Hey Hey, dans toutes les bonnes librairies . Dégustez

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