Patrick Cohen : Dans la presse aujourd'hui, l'actualité tisse sa toile... Bruno Duvic : Plus qu'une toile, c'est une bâche que viennent de ramasser les socialistes en Espagne. C'est leur pire résultat à des élections locales depuis que la démocratie existe, écrit "El Païs". Le parti populaire, la droite, est en position de gouverner dans onze des treize régions en jeu. Résumé à la Une de "L'Expansion" : "Le parti populaire écrase et châtie Zapatero"... A la Une "Del Mondo" : "L'Espagne exige le changement". Changement exigé dans les urnes, mais aussi dans la rue... C'est ce que Le Parisien-Aujourd'hui-en-France appelle "la révolution tranquille de Madrid"... Huit jours que la Puerta Del Sol, la grande place au coeur de Madrid, est occupée par des manifestants. Des étudiants en chemise jaune, des chômeurs, des punks, des retraités, des entrepreneurs, des enseignants. Comme dans le monde arabe, cette révolte est partie de Twitter, Facebook et autres carrefours de l'Internet. Le site d'information en ligne "owni" propose un dossier complet pour comprendre cette révolution espagnole. Parole à Enrique Dans... il est professeur d'université et bloggeur reconnu en Espagne... et pour cet homme, manifestement en empathie avec les manifestants, quelque chose de grand est en train de se passer. La gestion de la crise économique, la corruption, le chômage, la désaffection envers la classe politique... voilà les vraies raisons de ce mouvement. Ne cherchez pas de leader ou d'idéologie, il n'y en a pas... Il y a des gens et un désir de changement. Attribuer ces manifestations à des mouvements organisés, à une stratégie concrète, est une vieille interprétation. Enrique Dans assume même le flou artistique qui entoure ces manifestations. "En ce qui concerne les demandes concrètes, cela viendra plus tard. Pour l'instant, nous sommes dans un processus de changement. De quoi ? Il est trop tôt pour le savoir". Et le professeur bloggeur insiste sur le rejet de la classe politique... Pour lui, le détonateur a été l'adoption de l'équivalent de la loi HADOPI en Espagne, contre la volonté d'une majorité de citoyens, selon lui. De là, est né le mouvement "Ne votez pas pour eux !". Patrick Cohen : Par certains aspects, la révolution tranquille espagnole rappelle les révolutions arabes... Bruno Duvic : Où en est la Libye, deux mois après le début de la guerre ? Dans le nord-ouest, comme ailleurs, la guerre s'enlise. Reportage de Camille Le Tallec dans La Croix. Deux images pour décrire ce conflit qui s'éternise dans les montagnes du nord-ouest. Les insurgés sont sur les hauteurs, ils observent la plaine en contrebas. Près de la ville de Nalout, de la fumée s'élève d'une ferme dans la plaine. "Les kadhafistes détruisent tout ce qu'ils peuvent", dit un insurgé. Kadhafi veut nettoyer la Libye. S'il ne peut pas rester au pouvoir, il veut que personne n'y vive". Un peu plus loin, sur une autre position en hauteur, un tapis est déroulé sous un arbre. Dessus sont posés une radio, du nécessaire de cuisine et des bombes artisanales (bonbonnes de gaz surmontées d'une bougie). "Elles n'ont pas fonctionné, dit un insurgé. Du gaz s'est échappé". Les insurgés peuvent-ils gagner sans l'aide de troupes de l'OTAN au sol ? Pour l'instant, officiellement, il n'y a pas d'homme sur le terrain. Mais on se rapproche un peu plus du sol avec cette information à la Une du Figaro : "La France engage ses hélicoptères d'attaque en Libye... 12 hélicos... Ils devraient plus facilement atteindre certaines cibles difficiles à toucher depuis les avions sans risquer de dégâts collatéraux". Patrick Cohen : L'actualité tisse sa toile... L'enquête sur la journée du 14 mai dans le Sofitel de Manhattan avance... Bruno Duvic : Selon Libération qui reprend les informations du site américain "the daily beast", les enquêteurs ont reconstitué l'heure manquante... Un peu plus d'une heure même, entre 12h et 13h30... Comment se fait-il que la police ait été alertée aussi tard ? Selon "the daily beast", en sortant de la chambre de Dominique Strauss-Kahn, la jeune femme de ménage, qui dit avoir été agressée par lui, s'est cachée dans un couloir. Traumatisée, elle n'arrivait pas à parler. Il aurait fallu l'interroger quatre fois avant que la direction du Sofitel n'appelle la police et une ambulance. Après l'affaire DSK, et maintenant qui ? se demande Libération... Qui pour être candidat aux Primaires. Deux photos à la Une... la vôtre, François Hollande... et celle de Martine Aubry. Vous gagnez, tous les deux, six points de popularité dans le baromètre Libération-Viavoice, par rapport à il y a quinze jours. Vous êtes à 56% d'opinions positives, quatre points devant Martine Aubry... 44% des personnes interrogées souhaiteraient que vous deveniez président. Plus treize points par rapport à avril. "La tortue a désormais un lièvre dans le moteur" conclut Libération... Le moteur a-t-il des ratés ? Pour France-Soir, l'une de vos faiblesses est la très forte opposition que vous rencontrez à gauche du PS. Le journal parle même de "la haine anti-Hollande". Quant au site "rue89", il trouve le moteur un peu diésel. Il n'y a pas loin de la campagne d'un candidat normal à une campagne molle. L'une des questions posées à la gauche, c'est l'attitude qu'elle doit avoir vis-à-vis de l'électorat populaire... Faut-il accepter de perdre une partie de l'électorat populaire pour mieux conquérir les BoBos ? Débat très intéressant sur ce thème dans les colonnes de L'Humanité. Patrick Cohen : Quoi d'autre dans la presse, Bruno ? Bruno Duvic : L'actualité tisse sa toile et les cyber-gendarmes de Marseille frappent fort à la Une de La Provence. Ils ont stoppé un trafic mondial de codes de téléphone portable. Trois personnes arrêtées. Préjudice de plusieurs millions d'euros. Les trois avaient des complices chez les opérateurs et les fabricants de téléphone. La foule comme une immense toile de fond dans les rues de Lille... La presse nordique revient sur la fête, hier, après le titre de champion de France de foot... "C'était le jour le plus Losc" pour Nord-Eclair... "Une marée rouge" pour la Voix du Nord. Ils se sont faits des toiles pendant dix jours... Et hier, les jurés du Festival de Cannes ont décerné leurs étoiles... A la Une de la presse française, Jean Dujardin, prix d'interprétation masculine. Le Parisien a sauté au plafond en voyant OSS venir chercher sa Palme sur la scène du Palais des festivals... Nœud pap blanc dans son sourire de gosse... la classe internationale... Même Libération, souvent élitiste en matière de cinéma, reconnaît que d’"Un gars, une fille" au Festival de Cannes, l'ascension de Dujardin est impressionnante... Au prochain tour, sa sent déjà Hollywood ! L'autre homme du moment vient de fêter ses 24 ans. Il est invincible depuis le début de l'année... et il est au pied d'une montagne de terre battue. Grand portrait de Novak Djokovic dans L'Equipe. C'est Djoko comme on l'aime, enthousiaste, un peu foufou, mais définitivement attachant. Là aussi, l'ascension est impressionnante pour un gamin qui a appris le tennis dans un pays en guerre, la Serbie. Hier, il était reçu à l'ambassade de son pays à Paris. Le ministre des Affaires étrangères s'efface volontiers derrière Novak... Le vrai chef de la Diplomatie, c'est lui ! Puisqu'on parlait de Cannes à l'instant, on apprend dans cette interview qu'Emir Kusturica veut faire un film avec le joueur. On apprend aussi une de ses faiblesses… Il est au régime sans alcool, ni gluten, mais si un bol de cacahuètes passe devant ses yeux, Novak craque. Avis à Nadal et Federer : au moment de servir, oublier les balles jaunes et servez lui des cahuètes !

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