Le mot du jour, dans la presse, c'est le mot croissance.

Par ici la croissance ! Comme dit Erik Emptaz dans le Canard enchainé, tout le monde en veut tout le monde en redemande. Elle sera ce soir au centre des débats des chefs d'état et de gouvernement européens, un nouveau baptême du feu pour François Hollande qui voudrait faire bouger les lignes sur les dettes européennes: c’est un titre des Echos qui pèse et soupèse les atouts et handicaps du président français.

Comme le fait aussi la Croix: le soutien de la commission, du président du conseil italien et des sociaux démocrates allemands d'un coté, l'opposition d'Angela Merkel et l'épée de Damoclès des marchés financiers de l'autre.

Ce dont on peut être sur précise Philippe Martinat dans Le Parisien c'est que « Merkozy » ne sera pas remplacé par « Merkolland », le président français tout en préservant le moteur franco-allemand veut ouvrir un peu plus le jeu aux autres partenaires.

C’est son intérêt face à la Chancelière avec laquelle d'ailleurs il n’y aurait pas à lutter si l'on en croit Pierre Rousselin dans le Figaro, car c'est un faux bras de fer que François Hollande a engagé avec Berlin car le principe de la croissance a déjà été adopté. Non, ajoute Rousselin, l'objectif c'est seulement de faire croire à Mélenchon et aux siens qu'il reste fidèle aux principes de la gauche. Ce que lui rappelle dans l'Humanité, la confédération européenne des syndicats, que l'équilibre des finances publiques est une nécessité oui, mais qu'il ne sera jamais atteint par des mesures d'austérité.

La preuve : la Grèce.

Autre pomme de discorde entre Paris et Berlin: pour prendre une métaphore avec Patrice Chabanet dans le journal de la Haute Marne, l'appartement grec est en feu et les pompiers ne sont pas d'accord sur l'organisation des secours.

C'est notamment le débat sur les euro-bonds, ou obligations, qui permettraient de mutualiser les dettes, ce dont les allemands ne veulent pas.

C'est en tout cas sur ce sujet la Grèce que pourrait se jouer le quinquennat de François Hollande comme l'explique Jean Quatremer dans Libération: si la Grèce fait faillite et quitte l'UE, l'euro sera menacé, si l'euro s'effondre, l'union pourrait sombrer dans la récession et dans l'instabilité politique. Triste perspective pour un gouvernement qui vient de s'installer.

Le gouvernement justement, où les rôles ne sont pas encore bien définis. Un petit souci que résume Ranson dans le Parisien: c’est François Hollande qui s'interroge sur la cravate qu'il doit mettre aujourd'hui. Deux de ses conseillers viennent à son secours : j'appelle le ministre des cravates dit l'un, non c'est le boulot du ministre de la coordination vestimentaire dit l'autre.

C'est une question toute bête mais cruciale que se posent certains ministres écrit Matthieu Croissandeau : ils se demandent à quoi ils vont servir précisément. L'intitulé de leurs attributions reste flou: la réussite éducative, l'égalité des territoires ou le redressement productif. Ce qui provoque raconte aussi le monde quelques disputes, en attendant les arbitrages du premier ministre qui ne devraient plus tarder. La concurrence fait rage notamment sur les dossiers économiques et sociaux dont Arnaud Montebourg s'est déjà attribué la paternité

c'est lui qui a tiré le plus vite écrit le monde en recevant à Bercy les partenaires sociaux, également reçus ou appelés par Marisol Touraine, ministre des affaires sociales et Michel Sapin ministre du travail et de l'emploi qui eux l'ont fait disons plus discrètement.

En attendant chacun cherche à exister, de façon bien involontaire parfois, comme Cécile Duflot avec son jean. Aucun protocole ne régit la garde robe des ministres, précise Bérangère Lepetit dans Le Parisien.

On se souvient des bottes cavalières de NKM, des costumes bariolés de Roselyne Bachelot ou chez les hommes des cols mao de Jack Lang.

Bref je ne veux pas faire la révolution, juste bousculer les codes de la politique, a expliqué Cécile Duflot.

Ce qui fait sourire Cabu dans le Canard enchainé : où l'on voit un Jean-François Copé désespéré, face aux premiers pas du gouvernement : on n'a que çà dit-il, que le Jean de Duflot à se mettre sous la dent !

Au moins cela rend-il plus visible la présence des femmes au gouvernement car de ce coté là, pour une première historique, le respect de la parité, on ne peut pas dire que l'événement ait été particulièrement souligné dans la presse !

Et dans le monde Sylvie Kaufmann s'en offusque: sans doute faut il y voir un peu de lassitude écrit-elle, les hommes sont tellement peu convaincus de l'utilité de cette mesure qu'ils ont fini par l'accepter au nom du politiquement correct, mais c'est tout.

La condition des femmes qui est remise en question en Egypte.

Un passionnant reportage de Sophie Garette dans Télérama: des égyptiennes qui s'inquiètent de leur sort après l'arrivée des islamistes au parlement. Elles ont fait la révolution place Tahrir et elles militent pour leur libération. Mais pour les élus fondamentalistes leur place est à la maison. C'est déjà l'hiver, écrit Télérama en titre, pour les révoltées du printemps. Un printemps arabe qui a du plomb dans l'aile en Egypte, un printemps perdu titre Libération en ce jour d'élection présidentielle. C’est un pays désenchanté et divisé qui se rend aux urnes quinze mois après avoir renversé Moubarak. Avec deux favoris dont on lira les portraits dans Le Monde pour Amr Moussa, ancien ministre, ancien dirigeant de la Ligue arabe et dans l'Express pour Abdoul Fotouh, islamiste progressiste, ancien des frères musulmans.

La vraie question à lire aussi dans Le Figaro, la Croix c'est ce que fera l'armée. Une spécialiste de l'Egypte le dit à Libération : les militaires ne veulent pas d'un pouvoir fort et ne partiront pas sans un certain nombre de garanties. Ces militaires qui étaient apparus en sauveur de la révolution il y a quinze mois, une éternité.

Pour terminer, puisqu'on est à Cannes, quelques échos de la Croisette. Et d'abord de ceux et celles qui n'y sont pas.

Vu dans Télérama, des cinéastes maudits qui ne seront jamais sélectionnés parce qu'ils se sont spécialisés dans le film dit populaire. Des films à succès mais qui sont boudés par la critique : Onteniente, Baroux, Nemes : je ferai peut-être un bon réalisateur mort dit Némès. Ceux là ont encore raté les marches, écrit Télérama.

Mais la montée des marches n'est pas toujours la garantie du succès, vu dans l'Express comment Cannes peut être un vrai tremplin pour la gloire ou un enterrement de première classe quand le film fait un flop. Les comédiens aussi : voir Kirsten Dunst ou Shia Labeouf qui sont partis de Cannes, ces dernières années, direct pour la traversée du désert.

Et puis y a bien sur les stars accomplis mais qui parfois déçoivent :vu dans le parisien, Brad Pitt qui demande 2000 E pour uneinterview de 20 minutes, 3000 euros pour les télés, faut pas se gêner.

Brad Pitt qui a bcp déçu ses fans car il est venu sans Angelina et çà pour la montée des marches çà se fait pas : là aussi on veut la parité

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