Dans la presse ce matin : Martin(e) à la plage

"Mais Martin Shulz, c'est qui ? C'est un homme ou une femme ?" Un candidat socialiste rit un peu jaune en reprenant cette question que lui posent les électeurs. Ils ne connaissent pas le postulant socialiste à la présidence de la commission européenne, qui est quand même très barbu pour une femme.

D'autres anecdotes dans le genre, il y en a plein dans l'article de Bastien Bonnefous dans Le Monde , titré : « Une campagne qui laisse sans voix », à propos des européennes. Un dirigeant socialiste, attablé dans un café, le regard vide: "Tout le monde s'en tamponne des européennes". Vincent Peillon, candidat dans le Sud-Est : « La plupart des gens ne savent même pas qu'il y a une élection le 25 », autrement dit dimanche. L'un de ses adversaires, Renaud Muselier : « Comme les gens s'en foutent de l'Europe, moi je ne m'embête pas et je fais campagne sur le rejet de Hollande.»

Marielle de Sarnez, martyre de la cause européenne : "L'ambiance est difficile à définir, c'est une sorte de non-ambiance"

Jean Monnet - qui était un garçon - doit faire des roulés boulés dans sa tombe : ces européennes, c'est un « désastre annoncé », pour Françoise Fressoz, toujours dans Le Monde . Elle prie pour qu'il y ait une surprise dimanche en France. Le vainqueur annoncé, Front national ou abstention, (les électeurs à la plage), à moins que ce soit les deux. Sinon, l'UDI a perdu son Borloo, les Verts leur Cohn Bendit, le PS vient de prendre un coup de torchon aux municipales - j'ai la rate qui se dilate, j'ai le foie qu'est pas droit....

Quant à l'UMP...

Parlons-en de l'UMP... "On est en lévitation, personne n'ose bouger". Un ancien ministre déprime sévère dans Libération . « Ambiance d'halali à l'UMP », titre le journal. Le Front national sera peut-être devant dimanche aux européenne et l'affaire Bygmalion, chaque jour un peu plus pesante pour Jean-François Copé, ravive toutes les divisions au sein du parti.

Bureau politique mardi. Même le Figaro sous la plume de Guillaume Tabard s'interroge : « L'UMP peut-elle tenir, l'UMP va-t-elle mourir ? »

Les derniers développements de cette affaire Bygmalion - 13 millions d'Euros dépensés en conventions pendant la campagne présidentielle 2012 et dont on peine à trouver la trace - c'est tout de même du lourd. Et, ajoute Libé , on voit mal comment l'affaire pourrait ne pas éclabousser l'ancien président. « S'il était démontré que les 13 millions ont servi à payer une campagne présidentielle qui avait explosé le plafond des dépenses autorisées, Nicolas Sarkozy devra rendre des comptes. »

J'ai la rate qui se dilate... Pour ajouter au tableau, du côté du gouvernement, le contexte économique s'acharne à ne pas passer au rose : « Croissance, emploi, le spectre de la rechute », titre Les Echos . L'Opinion s'en donne à cœur joie : « La France, boulet de l'Europe ».

A gauche de la gauche, le thème de campagne est devenu de plus en plus clair au fil des semaines, comme la Une de Politis cette semaine : « Dire non au traité transatlantique ».

Et dans beaucoup de pays, la campagne se résume à un affrontement entre europhiles et eurosceptiques

Constat dressé par Les Echos ce matin. Et le drame pour les europhiles, c'est qu'ils manquent de personnalités qui détonnent. Elles sont plutôt de l'autre côté. Les britanniques votaient hier. Les listes de Nigel Farage faisaient figure de favori. Portrait du populiste britannique dans le Monde sous la plume de Marion Van Renterghem.

C'est un peu John Steed dans Chapeau Melon et Bottes de cuir . Bien peigné, très droit en toute circonstance, toujours un drapeau britannique sur son pupitre au parlement européen. Il le cajole, il le réajuste. Redingote en col de velours ou pantalon jaune d'or selon les jours. Son bureau empeste le tabac : fumer comme un pompier est une façon de revendiquer sa liberté. Ultra libéral, pas raciste à ses dires, il a pris ses distances avec le Front national. Et une capacité à dire tout et son contraire dans un grand éclat de rire. Objectif : sortir de l'Europe honnie et l'affaiblir le plus possible. Il avait traité le président du conseil européen Herman Von Rompuy de « serpillère humide ».

David Cameron, le Premier Ministre, avait lui traité les électeurs de Farage de "tartignoles, cinglés et racistes étriqués". N'empêche c'est son tout petit parti UKIP qui dicte désormais l'agenda en Grande Bretagne sur les thèmes de l'Europe et de l'immigration.

Ce que veut Nigel Farage avant tout, écrit la journaliste du Monde , c'est faire et défaire les rois. Etre un grand catalyseur.

Tous ces eurosceptiques, de Grande Bretagne, France Italie et ailleurs vont-ils former un groupe fort au parlement de Strasbourg ? Pas sûr, non. D'abord, parce socialistes, conservateurs et libéraux enverront beaucoup plus de députés. Ensuite, rappelle Olivier Biffaud sur slate.fr , parce que cette extrême droite européenne est éparpillée façon puzzle. Les différents partis auront du mal à se mettre d'accord une fois à Strasbourg.

Quoi d'autre dans la presse ?

La grande inquiétude des armées pour leur budget à la Une du Figaro . Le ministre de la Défense a écrit à Manuel Valls pour tirer la sonnette d'alarme.

Ségolène Royal pas opposée par principe aux gaz de schiste. Elle le dit dans Le Parisien . « Si de nouvelles technologies non dangereuses apparaissent, pourquoi pas. Mais la France a raison d'appliquer le principe de précaution. »

Deux autres brèves tirées du Parisien . Pas de collier de nouilles, de dessous de plat en épingle à linge et de cendrier en pot de yaourt dans une école d'Allinges en Haute-Savoie. On ne célèbre ni la fête des mères ni celles des pères cette année, en pensant aux enfants de l'école en situation familiale difficile. Les parents râlent.

Après une femme entraineuse, Il y aura une arbitre centrale la saison prochaine en ligue 2 de football. Elle s'appelle Stéphanie Frappart.

A propos de football, la capitale de l'Europe est toute trouvée ce week-end : Madrid. Demain, 24 mai, deux clubs de la ville en finale de la ligue des champions, le Real contre l'Atletico. Et le drame pour cette madrilène fan de foot. Il y a un an, elle avait fixé la date de son mariage : 24 mai à 20 heures. Aie. Elle est allée voir le curé. Il a bien volontiers accepté d'avancer la cérémonie à 13h30. Il est lui-même dingue de foot. Après la messe, les invités se répartiront dans deux salons loués pour l'occasion, un pour les supporters du Real, l'autre pour les fans des Colchoneros.

La passion du foot bientôt au Brésil et portrait d'une ancien star Brésilienne dans la revue So Foot .

Romario, vedette de la coupe du monde 1994. Pas la plus sympathique des stars brésiliennes. On l'a même entendu insulter à peu près la terre entière. Son ex-femme l'a poursuivi en justice. Il ne payait pas la pension alimentaire de son fils et on ne compte plus ses arriérés d'impôts.

Mais c'est une histoire de rédemption que raconte So Foot . A l'origine, la naissance d'une autre enfant, elle s'appelle Ivy et elle souffre du syndrome de Down, souvent appelé la trisomie 21. Quand elle est née, raconte Romario à So Foot, j'ai rencontré d'autres parents, ils n'arrêtaient pas de me dire : « Vous avez une voix dans la société », aidez-nous à obtenir plus de moyens pour accompagner nos enfants ! Alors Romario s'est fait élire au Congrès brésilien. Il en est même devenu l'un des élus les plus respectés. Et il a fait voter une loi garantissant un congé parental payé pour les parents comme lui. Romario député, il n'a pas perdu son franc-parler. Parler de la corruption dans le monde du football et au Brésil : « La coupe du monde 2014 est le plus grand vol de l'histoire du brésil ».

Bon week-end

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