Le Point se souvient que les européens conquérants semblaient jadis des dieux. L'Obs est en Bulgarie au bout de la misère. La Vie rencontre des fillettes ex-miliciennes au Congo RDC, qui pensaient par magie détourner les balles avec leurs jupes. L'Equipe nous avertit des pelouses de Ligue 1, empoisonnées de fongicides.

On parle de l'Europe ce matin...

Et c'est un signe des temps, on en parle au passé, et le Point nous raconte à quel point nous fumes cruels et grands, nous autres Européens que l'on confondait avec des dieux, quand le terrible Cortes et sa poignée de conquistadors pénétraient Tenochtitlan, la capitale aztèque, "blancs de visage et de mains", disaient les indiens fascinés, et ces mains crachaient le feu. Et les européens conquirent donc le Mexique et le monde. En 1494, Portugais et Espagnols, dans une petite ville castillane, Tordesillas, s'étaient partagés la planète sous la garantie du Pape... En 1885 à Berlin, cette fois sous la houlette du puissant Bismarck, chancelier allemand, 13 pays européens arbitrèrent leurs disputes coloniales et découpèrent à nouveau le gâteau... Et quelle épopée que celle d'un "continent messianique" qui par la ruse, le commerce et la guerre, par ses mythes et sa techniques, asservit la Chine et l'Inde, mais tout s'est retourné depuis le suicide de 1914 et un diplomate indonésien, dans le Point, nous incite désormais à la modestie...

L'Europe s'est inversée, "peut-on encore éviter le naufrage", demande l'express. L'Obs est allée en Bulgarie, au bout du bout de l'Union, il n'est pas en Europe de cité plus démunie et polluée que Vidin, où sur les rives du Danube, la végétation envahit des carcasses d'usines et des villas en ruine, et dans ce qui fut une fière cité des Balkans, le PIB est le même qu'en Angola, 3190 euros par an et par habitant,  et l'on tousse à Vidin où l'on se chauffe au bois et au charbon, ou pauvre, aux vieux chiffons, on regrette le communisme, et l'on fuit Vidin pour l'Angleterre, mais l'Angleterre elle-même offre un affreux spectacle... 

le Figaro fait sa une sur cette comédie électorale britannique,  l'europhobe Nigel Farage parade sur ses sondages et jure qu'il sauve la démocratie, mais il y a pire venu d'Angleterre que ces pantalonnades. C'est, dans le Monde, la perversion du "crédit universel", cette allocation unique qui a fait perdre 400 livres chaque mois, 457 euros à Clare qui ne s'autorise plus rien, et son frigo est foutu. C'est l'abêtissement de la conscience que fabriquent les media, et Arrêt sur images dit le bal des tabloïds anglais autour d'une émission de télé-réalité où l'on détruit des familles, et un participant, révélé adultère, s'est suicidé... 

Il reste à l'Europe l'espérance d'un militant, Laurent Berger de la CFDT, nouveau patron de la confédération européenne des syndicats et qui dans Ouest france veut un salaire minimum dans l'union. Il reste le pragmatisme de l'historien Yuval Noah Harari, qui dans le Monde nous demande de voter pour préserver l'Union, une expérience unique de coopération...  

Il reste une culture, et vous avez ce matin dans le Figaro le meilleur de l'Europe... iI faut tourner les pages et aller dans ce cahier littéraire qui est le plus précieux d'un grand journal et là voir ce vieillard si beau de bientôt 106 ans, il se nomme Boris Pahor et vit sur les hauteurs de Trieste, au nord de l'Italie, jadis d'Autriche-Hongrie, et de chez lui voit la mer Adriatique et les Balkans qui débutent.  Pahor est écrivain, de langue slovène, son chef d'oeuvre vieux de 52 ans s'appelle "Pèlerin parmi les ombres", qui racontait son voyage aux enfers des camps de concentration, il est pétri de langues et témoigne d'une Europe défunte, dit le Figaro: disparue je ne sais, mais que nous fûmes beaux d'avoir cet homme et chanceux de le découvrir encore... 

La dépêche revient sur la mort d'une religieuse française en Centrafrique...

Car Inès Nieves Sancho, était du Tarn, d'une communauté au Couvent de Massac-Séran qui envoie ses "filles de Jésus" aider des villageois loin de notre Europe, et c'est aussi une histoire de notre continent, et les soeurs  me dit la Dépêche, ne veulent pas parler de la mort de leur amie égorgée , mais bien de sa vie, assise au milieu des femmes du village de Niola en train de coudre. Evidemment, elles iront encore en Afrique. "S'il y avait un crime crapuleux à Massac-Séran nous ne déménagerions pas en Centrafrique", disent-elles. La soeur d'Ines, Elisabeth, raconte un petit bout de femme dont la vie, "c'était les autres", quelle épitaphe... 

La Vie est aussi en Afrique, dans un centre d'apprentissage géré par d'autres soeurs en république démocratique du Congo,  et parmi les pensionnaires, il y a Yvonne et Julienne, qui sont furent des Ya Maama: des jeunes filles soldates qui avaient rejoint une milice en révolte contre le pouvoir central, et cette milice faisait monter en avant des troupes des enfants persuadées par des rituels d'être dotées de pouvoirs magique, capables de détourner les balles de leurs jupes... «Dans les combats, j’étais devant pour faire fuir les militaires. Dès qu’ils me voyaient, ils décampaient, je pouvais aussi me transformer en oiseau ou en morceau de bois », dit Yvonne qui fut milicienne à 12 ans, et Julienne rajoute: « Nous décapitions les militaires qui venaient nous attaquer et les gens des villages qui étaient contre notre pouvoir, nous buvions leur sang. » C'est dans la Vie un voyage au bout de la misère, de la magie noire L'Eglise ballotée recueille de jeunes humains détruits, on les voit apprendre encore, retourner en classe, il faut cette espérance...

Et on parle du sable pour finir...

Qui va manquer à son tour sur cette terre, Mathieu Vidard en parlait tout à l'heure, c'est un rapport de l'ONU et Sud-Ouest l'illustre dans ces dunes d'Aquitaine aussi menacées. La planète glisse. L'Andalousie sera peut-être un jour un désert, 'est dans Télérama... On ne pourra pas récupérer le plastique qui envahit aussi la Méditerranée, lis -e dans la Provence, quand une mission d'exploration, la goélette Tara, en Une des DNA, part à nouveau évaluer nos dégâts.  L'Amérique sous la guerre froide a enfoui les déchets radioactifs de ses essais nucléaires dans du béton, sur l'atoll Pacifique de Tunit, mais la structure est délabrée et le poison pourrait sortir, s'inquiète le secrétaire général des Nations-unies, et l'Humanité... 

Le poison est partout, même dans nos jeux.  L'Equipe le révèle, des fongicides utilisées pour protéger des parasites les pelouses de nos stades de ligue un, pourraient être dévastateurs pour la santé des champions, on parle de cancer et Parkinson. "C'est une sorte de folie que la peau des joueurs soit en contact direct avec la pelouse" dit un chercheur du CNRS... Ce n'est pas la Une, heureusement presque, comment vivre apres cela? 

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