Je te tiens, tu me tiens... par le CPE... Le premier qui rira... On pourrait presque le chanter... A ceci près que ça ne fait rire personne... Surtout pas Nicolas Sarkozy, qui se demande comment sortir de cette galère... Tout comme le Premier ministre qui, lui aussi, s'inquiète pour la Présidentielle... Et voilà comment Sarkozy et Villepin se servent de la crise sociale pour pousser l'autre à la faute, en pensant à l'Elysée, s'indigne "Libération"...Théâtre de l'absurde politique... Règlements de comptes en coulisses de comédiens exécrables... Ce n'est pas le Roi Lear... Non... C'est plutôt le père Ubu, écrit Patrick Sabatier. Même sentiment dans "France Soir", avec Nicolas Sarkozy en Une, et cette légende : "Mourir pour Villepin... jamais !". Ce que "Le Monde" et "Le Figaro" valident de façon plus sobre : "CPE : Villepin persévère, Sarkozy émet des doutes", pour le premier... "Majorité : le CPE sème le trouble", pour le second. Voilà pour la dimension politicienne de cette affaire... Reste l'essentiel... Le CPE lui-même, et la proposition de Dominique de Villepin... Avec cette question, posée par Jean-Claude Guillebaud dans "La Vie" : "Les Français seraient-ils plus intelligents que ceux qui les gouvernent ?"... On est frappé, en tout cas, par le contraste entre la simplicité des arguments anti-CPE et le caractère contourné, chantourné, verbeux, des aménagements proposés par Matignon... D'où cette autre question, posée par Guillebaud : "Quelle mouche a donc piqué Dominique de Villepin pour qu'il sous-estime à ce point la clarté d'esprit de ses compatriotes ?". Alors, sans faire porter la responsabilité d'une crise sur les épaules d'un seul homme, peut-être "Le Monde" a-t-il un élément de réponse... Il porte un nom : Pierre Mongin... C'est le directeur de cabinet du Premier ministre... Un homme qui était déjà à Matignon à l'époque d'Edouard Balladur, lors de la crise du CIP... Or,son credo, 12 ans plus tard, c'est : "Ne pas reculer devant les anti-CPE"... Autrement dit, et pour reprendre ses mots : "Il faut tenir face aux gauchistes... Il n'est pas question de céder". Tiens donc. Maintenant il y a, si vous me permettez l'expression, les dégâts collatéraux de cette affaire : les examens... "En danger", estime "Le Parisien"... Situation confirmée par le patron de la Conférence des présidents d'université, Yannick Vallée, qui, dans une interview à ce quotidien, avertit que si le mouvement se poursuit, les facs ne répondront plus de rien. La semaine dernière, je vous faisais part du regard de la presse étrangère sur le mouvement anti-CPE... Regard que portent à leur tour, aujourd'hui, deux quotidiens : "France Soir" et "Le Parisien", avec quelques interviews de correspondants étrangers en France... Le goût des autres... "Goût amer" pour le Chinois Xiang Wang Liao, du "Quotidien du Peuple"... "Il y a trop de protection sociale en France, dit-il... En tout cas, pour un public chinois, il est difficile d'expliquer cette crise... Même problème pour son confrère japonais Ryoji Ito, de la chaîne NHK... "Chez nous, explique-t-il, on n'aime pas les conflits dans l'entreprise, où règne un climat familial... On n'est pas là pour se faire la guerre... Nos systèmes sont très éloignés". Oui, c'est un peu une autre planète. A lire aussi le dossier principal du "Courrier International", consacré au CPE, précisément... "Pauvres jeunes, pauvre France !", écrit le journal madrilène "ABC"... "Les étudiants font les frais de vingt ans de démagogie, de gauche comme de droite"... "Quant à Dominique de Villepin, c'est l'histoire d'un mec qui a perdu son lustre", écrit le "Frankfurter Allgemeine Sonntag Zeitung"... Autrement dit, l'édition du dimanche... Avec ce commentaire, qui enfonce le clou : "Le Premier ministre visait la tête de l'Etat... Il semble aujourd'hui plus près de la sortie". Enfin, vu d'Italie, dans le "Corriere della Sera", Massimo Nava estime que "la France vit une révolution conservatrice, expression contradictoire d'un pays qui s'insurge pour ne pas changer". Oui, enfin, c'est avant tout "un problème d'enfants gâtés", répond Louis Keumayou, du "Messager camerounais"... Nos étudiants, eux, se battent pour pouvoir manger tous les jours... Alors nos gouvernants en profitent pour justifier leur politique, en disant : 'Voyez ces Blancs qui viennent sans cesse nous donner des leçons de démocratie... Eh bien, à la moinde manif, ils envoient des escouades de CRS contre des gens qui ne sont même pas armés". Tiens, à propos de CRS : cet encadré de "Libération", genre "mode d'emploi de la bombe lacrymogène", qui a fait pleurer des générations de manifestants depuis les années 60. "Libé" nous explique que le maintien de l'ordre obéit à des procédures très précises... Ne grenade pas qui veut, dans une manif... C'est le commandant de la compagnie qui en donne l'ordre, après l'accord du préfet. Une lacrymo, ça fait mal, d'autant plus que lorsque la grenade arrive au sol, ses capsules de gaz sont libérées, ce qui empêche ainsi tout retour à l'envoyeur... Alors, mieux vaut s'équiper par exemple d'une écharpe, sur laquelle on aura pressé un citron... Il paraît que c'est efficace... Ou mettre un masque de ski... Les moyens du bord... Bref, sortez couverts, pour vous prémunir de la substance qu'on trouve dans les bombes lacrymogènes, dont le nom exact est un mot qui comporte 35 lettres, et qui se prononce : orthochloro benzili dénémalo nonitrile. Puisque vous êtes là, Marie-George Buffet, penchons-nous une minute sur le sondage que publie "L'Humanité", à l'occasion de votre Congrès... Enquête CSA d'où il ressort que 46% des Français ont plutôt une mauvaise opinion de votre parti, contre 37 qui en ont une bonne... Quant au communisme lui-même, pour la majorité des sondés... 54%... C'est une idée qui appartient au passé, et qui n'est plus d'actualité. Ils ne sont que 39% à penser le contraire, et pas tout à fait d'ailleurs... Le communisme est une idée qui a encore de l'avenir, disent-ils... A condition d'en repenser les principes. D'ailleurs, le graphique publié par "Le Parisien" est sans appel... 25 ans de déclin... En 81, votre parti représentait encore 16% des suffrages... En 2002, il tombait à 3,37... Fort du succès du "non" au référendum, le PC espère remonter la barre en 2007, explique "Le Parisien" qui, par ailleurs, est allé interviewer des militants... Les réponses n'ont pas valeur de sondage, mais on sent que la demande de clarification est forte... Ils sont plusieurs à réclamer que le Congrès affiche la couleur en proposant des candidats communistes à la Présidentielle et aux législatives... Comme Sylvie, 42 ans, qui dit : "Un jour, Marie-George Buffet ne fait pas d'une candidature une obligation... Un autre jour, elle sous-entend l'inverse... Un pas en avant, deux pas en arrière... Où est la cohérence ?", se demande Sylvie. Un dernier mot de politique... Toujours dans "Le Parisien"... L'interview d'Alain Juppé, avec cette info... Va-t-il rentrer en France, ou rester une année de plus au Québec ?... Réponse dans 15 jours. "De toute façon, vu ce qui se passe, dit-il, je suis vraiment content d'être ici". Oui, un hors-série qui pourrait se résumer par la formule "C'est pas moi, c'est l'autre"... Moi... l'autre... les mots-clés de la psychanalyse, dont ce numéro spécial publie les textes fondamentaux, assortis de commentaires... C'est une lecture, disons, un peu exigeante, mais passionnante... Extraordinaire aventure intellectuelle et scientifique que la psychanalyse... On va en parler une minute avec la rédactrice en chef, de ce numéro : Catherine Golliau... Bonjour... Qu'est-ce qui vous a donné l'idée de consacrer tout un hors-série à ce sujet ?... Un mot sur Lacan, l'homme qui a redonné à la psychanalyse sa vertu subversive... Vous titrez "Seul contre tous"... Pourquoi ?... Merci, Catherine Golliau... Alors, je ne sais pas si cette info a quelque chose de psy... Mais elle vaut le détour... C'est un encadré du "Parisien", très en forme ce matin... Qui nous raconte la surprise d'un ténor du PS, venu à la manif anti-CPE de samedi dernier... Surprise quand il entend le service d'ordre des socialistes dire : "Cécilio arrive". Mais qui est "Cécilio" ?... Eh bien, c'est François Hollande, figurez-vous, à qui le service d'ordre a donné ce nom de code, depuis que Ségolène Royal caracole en tête des sondages... "Cécilio", précise "Le Parisien", étant bien sûr, et par ironie, la version masculine de Cécilia... Sarkozy. Bonne journée !... A demain !...

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