Aux Etats-Unis, la politique a retrouvé du souffle... C'était dimanche soir : discours de Barack Obama à la Maison Blanche... (Extrait sonore) "Ce soir, après quasiment un siècle de discussions et de frustrations, après des décennies d'essais avortés, après une année d'efforts et de débats, le Congrès des Etats-Unis affirme que les travailleurs américains, les familles américaines, les petites entreprises américaines ont droit à la sécurité, ont droit de savoir que, dans ce pays, la maladie ou un accident ne remet pas en cause les rêves qu'ils ont poursuivis pendant une vie de travail". "Yes we can" : cette fois, il peut le dire. Et même "Yes we did" : "nous l'avons fait". Le discours est notamment sur le site Mediapart.fr, qui revient sur cet événement historique, passé un peu au second plan à cause des Régionales : la réforme de la santé est adoptée aux Etats-Unis. Revue de presse américaine sur Médiapart... A la Une du site très influent Huffington Post, un nouveau slogan de la Présidence Obama : "Voilà à quoi le changement ressemble". Et la photo montre le Président, de profil, en chemise, en train d'applaudir le texte qu'il porte depuis un an. "Une réforme de santé, enfin !", écrit le New York Times. "Elle fournira une couverture aux dizaines de millions d'Américains non assurés (32 millions précisément), et elle empêchera les pires abus des compagnies d'assurance". Historique : c'est quasiment le retour de l'Obamania. Sur le site de Courrier International, reprise du Washington Post : "Les Etats-Unis ne seront plus l'exception parmi les pays riches parce qu'ils laissaient un si grand nombre de leurs citoyens sans couverture santé. C'est la réforme la plus importante depuis le milieu des années 60". Le Post en appelle à Truman et Roosevelt. En 1945 déjà, Truman avait ces mots : "Les pauvres sont plus souvent malades, mais ils sont moins pris en charge". On le sait, le combat a été acharné. C'est une victoire à l'arraché : 219 voix contre 212 au Congrès. La défaite aurait peut-être sonné le glas de la Présidence Obama. Sur Slate.fr, John Dickerson raconte comment Obama est arrivé à ses fins... D'abord, il n'a pas lâché les représentants démocrates d'une semelle : 92 entrevues personnelles depuis le début de sa Présidence. Il a travaillé à la Bibliothèque de la Maison Blanche pour y trouver des références historiques et morales. Les politiques américains, et Obama en particulier, aiment l'Histoire et le lyrisme. Cela n'empêche pas la presse de souligner les limites de la réforme. Comme le dit La Croix ce matin : "Ce n'est pas une révolution : Obama a dû enterrer son rêve d'une Sécu publique pour concurrencer les assurances privées". Il a enterré également la chimère d'un gouvernement bi-partisan, Républicains et Démocrates main dans la main. Pour mémoire, nous sommes à quelques mois des élections de mi-mandat. Comme l'écrit le Washington Post, repris par Médiapart : les deux prochaines semaines seront décisives pour comprendre comment l'opinion américaine va réagir à la réforme. Les Républicains auront beau jeu de dénoncer un passage en force. Mais selon John Dickerson sur Slate.fr, "Obama retrouve un atout : il va être capable à nouveau de faire campagne en utilisant des arguments moraux, ce qui lui a si bien réussi en 2008". (Nicolas Demorand : "De la politique en Amérique à la politique en France")... Obama va peut-être redevenir un modèle pour sa capacité à faire passer les réformes difficiles. Car "le remaniement d'hier ouvre la réforme des retraites", comme le titrent Les Echos. Et le "superministre des retraites", c'est François Fillon, pour La Tribune. Façon de dire que ce remaniement (2 sortants et 3 entrants) est limité. Vous avez entendu beaucoup d'analyses hier et ce matin encore sur France Inter. En substance, les journaux livrent la même analyse : c'est l'ouverture à droite, avec l'entrée d'un chiraquien (François Baroin), d'un villepiniste (Georges Tron) et d'un centriste (Marc-Philippe Daubresse). Pour les sortants, "Darcos est sèchement remercié", comme le titre Le Parisien-Aujourd'hui. "C'est le bouc-émissaire de la défaite", dit son entourage. Quant à Martin Hirsch, il a rempli sa mission. Le journal qui, à travers photos, titres et dessin, résume bien le climat général ce matin. Alors, après les analyses en profondeur du service politique de France Inter, petites tranches de politique dans Le Parisien... Dessin de Ranson d'abord : François Baroin, éternel gamin de la politique (malgré ses 44 ans désormais), est installé sur un cheval de bois. Il se retourne vers Jacques Chirac, son mentor, mais aussi les trois ex-Premiers ministres, critiques à l'égard de Sarkozy et qui agacent l'Elysée : Villepin, Raffarin, Juppé. Baroin, sur son cheval de bois, se retourne donc et leur dit : "Vous êtes sûrs que ça va fonctionner ?". La photo a été prise par Olivier Lejeune. François Fillon quitte l'Elysée et salue le Président de la République : drôle de poignée de mains. Ils se sourient et se tiennent par le bout des doigts. Le Figaro et Libération racontent que les deux hommes n'étaient pas d'accord sur le remaniement : François Fillon l'aurait souhaité plus vaste. Le Parisien résume également, à coup de petits détails, le climat à gauche... D'abord la nouvelle campagne d'adhésion du Parti Socialiste. Vous avez peut-être vu les affiches mystérieuses : elles ne font pas mention du PS. Il y a juste un slogan : "Maintenant j'y vais". façon de dire aussi que le PS a encore beaucoup de travail. Travail notamment pour éviter les divisions. Si le cas de Ségolène Royal sera difficile à gérer, entre Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry, jusqu'ici, tout va bien : DSK lui a envoyé un SMS dimanche soir pour saluer la victoire... SMS assorti d'un double smiley (petit logo souriant), précise Libération. (ND : "Quoi d'autre dans la presse, Bruno ?") Quand des cathos réac ne supportent pas qu'un rabbin soit reçu à Notre-Dame... Une petite cinquantaine de jeunes lefebvristes ont perturbé l'intervention du rabbin Krygier dimanche, dans la cathédrale de Paris. C'était la première fois qu'un rabbin participait à une conférence de Carême. L'incident, très peu relaté dans la presse, est raconté dans La Croix. Commentaire de l'évêque auxiliaire de Paris, en charge des relations avec le judaïsme : "Depuis Vatican II, les communautés juive et catholique ont entamé un dialogue. Nous ne reviendrons jamais en arrière sur le chemin tracé par Vatican II, Jean-Paul II et Benoît XVI". Le nouvel arsenal contre les automobilistes... Le Figaro raconte qu'à Draguignan, Cagnes-sur-Mer, Valenciennes et bientôt Nice, la vidéosurveillance est utilisée contre les voitures mal garées. Selon Auto Plus, les cyberflics attaquent les détecteurs de radars illégaux. Ils cherchent à coincer tous ceux qui ont acheté leur appareil sur le Web. Et puis je voudrais mentionner deux pépites, que je n'ai pas le temps de résumer... Si vous aimez les comptes rendus d'audience, lisez le papier de Pascale Robert-Diard dans Le Monde... Elle résume le procès Viguier, à travers ses deux avocats vedettes : Francis Szpiner (l'avocat parisien qui aime le pouvoir) et Eric Dupont-Moretti (le dynamiteur de l'affaire d'Outreau). Extrait choisi à la machine à café du tribunal d'Albi : - Szpiner à Moretti : "Si un jour je deviens Garde des Sceaux, le premier que je décore, c'est toi". - Réplique du colosse barbu : "Je n'en veux pas, de tes décorations. Les décorations, c'est comme les bombes : ça tombe toujours sur ceux qui ne les méritent pas". Et puis, à propos de procès : dans Ouest-France, Marc Pennec s'intéresse à un phénomène : ces personnes qui croient se reconnaître dans des ouvrages de fiction et qui poursuivent les auteurs ou les éditeurs en justice. Extrait choisi là aussi : - Je vous jure, Monsieur le Président, le blond à la cicatrice, dans le bouquin, c'est moi. Tiens, puisqu'on parle de cicatrice, terminons avec l'histoire du jour, à la Une du Figaro... Elle concerne le Scarface du football, Franck Ribéry. Avec sa gueule cassée, on l'imagine bien à Chicago dans les années 30. Eh bien perdu : c'est du côté de la Chine qu'il faut chercher. Ribéry aurait du sang chinois dans les veines. Il descendrait même d'un empereur : le premier empereur de la dynastie Ming. C'est sur le site Internet du Quotidien du Peuple, le journal officiel du Parti Communiste Chinois. Tout est parti d'une interview donnée par "Kaiser Franck" à la presse allemande. Un de ses ancêtres ressemblerait étrangement à l'empereur en question. Pour Le Quotidien du Peuple, c'est possible : "Son profil, sa joue et son os maxillaire sont plutôt rares parmi les Européens", peut-on lire sur le site Internet. Autres indices : il y a des antiquités chinoises dans la maison de la star du Bayern à Munich, et certaines coutumes de la famille Ribéry évoquent le folklore chinois. On aimerait bien savoir lesquelles. En tout cas, si Ribéry pouvait être impérial à la prochaine Coupe du Monde, on arrêterait les chinoiseries... Bonne journée...

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