Et de jeunes héroïnes qui ont été brisées, au lycée militaire de Saint-Cyr l'Ecole...

Vous nous racontez un insomniaque qui a empêché un attentat...

L'attentat évité de la porte d'Auteuil en septembre dernier, qui aurait dû souffler le 31 rue Chanez et tuer des dizaines de personnes. Et Vanity fair a rencontré Yann Clarenc 33 ans, chef de rang au Petit Lutétia, chic bistro parisien,  qui aime les filles le PSG et la fête et aussi une série qui s'appelle « The Americans », dans laquelle -épisode dix saison 3- une adolescente, se rend compte que ses parent sont des espions russe...  Et cette nuit du 29 au 30 septembre, Yann Clarenc est hypnotisé de suspense, il ne dort toujours pas à 4 heures du matin,  mais il a entendu du bruit devant sa porte au rez-de-chaussée, et  sent une odeur d'essence, et il entend un sifflement. Et quand il sort... Il voit, devant chez lui, une mare d'essence et des bouteilles de gaz percées...

Et la suite est dans Vanity Fair: douze minutes pendant lesquelles Yann Clarenc appelle la police et patauge dans l'essence et sort de l'immeuble les bouteilles de gaz transpercées et envoie valser un boitier électronique : "Il y a un détonateur,  un téléphone avec un fil rouge et un fil jaune, putain, c'est quoi ce délire".  Et Yann Clarenc court encore après une voiture qu'il sait être la voiture des terroristes, et les babouches qu'il avait chaussées pour être au calme devant sa télé font flap-flap, imbibées d'essence... 

Yann Clarenc, héros insomniaque et héros parce qu'insomniaque...

Curieux, quand cette semaine le UN nous invite au repos et cite Shakespeare à la sa Une : "O bienfaisant sommeil, doux réparateur de la nature, comment donc t'ai-je effrayé que tu ne veuilles plus appesantir mes paupières". Le sommeil qui nous fuit, "pourquoi sommes-nous si fatigués", c'est une maladie du siècle, 191 japonais sont morts d’épuisement l'an dernier... Il faut dormir alors nous dit Patrick Lemoine, docteur en neurosciences, se coucher tard crée la panique dans notre organisme et la fatigue matinale est une forme mineure de dépression...

Entends-tu ça Yann Clarenc devant ta série? 

Oui mais s'il avait dormi il ne serait pas un héros! 

Des jeunes femmes se révoltent dans Libération…

Qui voulaient devenir officiers militaires, et qui ont été brisées, au lycée militaire de Saint-Cyr l'Ecole, dans des classes préparatoires au concours de Coetquidan... Libération raconte l'emprise de petits jeunes gens, rassemblées dans des fraternités baptisées "les Mohicans, la Mafia, l'Inquisition, les Gaulois", qui affichent dans leurs piaules le drapeau de feu les Etats confédérés esclavagistes d'Amérique et brûlent au lycée le drapeau de la Gay Pride, et détestent les femmes, qui n'ont rien à faire dans l'armée. Les grosses qui sont bonnes à être engrossées,  les salopes, les cuisses... A qui on ne parle pas, et on défèque la nuit devant leur chambre, jusqu'à ce qu'elles craquent et démissionnent... 

Des héroïnes pourtant: elles parlent, si elles ne sont pas devenues officières.

L'héroïsme est ainsi, qui s'impose à nous, parfois on n'a pas le choix.

L'Obs raconte ces Egyptiens qui ne croient pas en Dieu: les athées sont la cible du pouvoir, quand le maréchal Sissi prépare sa réélection... Khadidja qui était voilée et salafiste, désormais activiste homosexuelle, "sortie du troupeau"... Mais menacée, et son regard est imprégnée de la tristesse de l'exil qui s'annonce? Elle va quitter son pays...

Lam Wing Kee est resté, lui, un sexagénaire de Hong Kong, libraire et vendait des livres sur  la vie privée croustillante des dirigeants de l'empire chinois... Et l'un d'eux allait sortir sur une liaison adultérine du jeune Xi Jinping quand en 2015, le libraire Lam Wing Kee a été enlevé par les services de sécurité chinois, tenu au secret plusieurs mois, et libéré après avoir confessé ses fautes à la télévision... 

Mais libéré, le libraire se bat encore pour Hong Kong qui veut conserver les libertés issues de son histoire britannique.  "La Chine ne commettra pas l'erreur de me faire disparaître de nouveau" souffle-t-il dans le Figaro. Un héros comme cette jeune femme de 21 ans, dans SOCIETY. Agnès Chow milite pour l'indépendance de la presqu'île, et cela fait quatre ans qu'elle défie Pékin: "Nous devons faire comprendre aux hong-kongais qu'ils doivent se battre, beaucoup pensent que le gouvernement chinois est trop fort et le peuple trop faible". 

Et pour finir, les manifestations...

Celles dont on parle  moins, à Mayotte, mais que le point raconte au fond de l'explosion, et dont l'opinion nous inquiète, des militants salafistes radicalisés seraient sur les barrages qui bloquent l'ile, a-t-on confié au quotidien... 

Ce serait ça? 

Autres manifestations sociales, que le Parisien est pressé de ranger d'un titre...  "Ca ne prend pas"... Même pas 50.000 personnes à Paris, quand bien même l'Humanité, dans un cadrage audacieux donnent le sentiment du peuple en marche.

Oui mais à Guéret dans la Creuse il y avait 1000 manifestants en défense des services public et "ce chiffre n'avait pas été atteint depuis des années" dit le Populaire du centre...l'épreuve de force débute... 

Et le Financial times, "les syndicats se rassemblent pour résister aux réformes de Macron", et le New York Times : "Unions take on french president", sont du côté du populaire... La presse internationale et un journal de gauche, en province, contre la presse parisienne, beau clivage? 

Emmanuel Macron est emperruqué façon Louis XIV à la une de Marianne qui dénonce la tentation autoritaire... Marianne qui dénonce aussi un scandale autour des aéroports de paris, dont une filiale aurait pratiqué une diplomatie affairiste dans des pays contestables... Marianne qui a repeint sa maquette, au moment où un journal s'éteint.

Il se sera appelé Ebdo et aura jusqu'au bout voulu nous raconter de modestes histoires. Ainsi ces prisonniers de la prison du Pontet dont le metteur en scène Olivier Py a fait des acteurs... Ils ont joué Antigone à Paris, mort de trac : «Bah oui, ce ne sont pas des petits bourgeois. Ils la connaissent, la tragédie. » 

Ebdo est fini mais leur aura donné une lumière. C'est déjà beaucoup.

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