Un grand Professeur italien nous invite dans la Croix à quitter le superflu, Alexia Laroche-Joubert ne dit pas autre chose dans le Point.fr. Dans AOC, un collapsologue américain demande à la Chine de renoncer aux marchés d'animaux sauvages, ou un nouveau virus en sertira contre nous.

On parle d’un homme enfermé…

Qui en 1965, âgé de 22 ans dit à ses amis qui partaient en tournée, « je veux rester à la maison et écrire des chansons » et il se fit livrer un bac de sable dans son salon à côté de son piano ainsi, il sentait mieux la vérité des sons et des voix… Libération nous dit  l’histoire de Brian Wilson, démiurge confiné au siècle précédent des Beach Boys de la Californie hédoniste. C’est l’opus 1 d’une série prometteuse sur les grands artistes cloîtrés, celle là est un mythe du rock… Brian Wilson obèse et drogué se perdit à une trop belle ambition, une oeuvre  qu'il voulait "une symphonie adolescente adressée à Dieu". 

La légende dit que Wilson fut bouleversé quand dans son confinement vint le visiter Paul McCartney des Beatles qui lui vivait parmi les hommes, il croqua devant Wilson une branche de céleri afin que l’enfermé utilise le son de sa mastication pour figurer des percussions, et puis il lui raconta Sergeant Pepper qu’il préparait … On pouvait donc créer à l’air libre…

Dans le Populaire du Centre et autres bons journaux de l’excellent groupe centre France, on me rappelle un autre confiné, Marcel Proust qui avait su rendre « les flots de lumière marins des paysages de Balbec », quand il ne pouvait que les imaginer dans sa chambre obscure éclairée d’une lampe de chevet, me dit l’universitaire proustien Luc Fraisse, lui-même confiné en ce moment, vertige. 

Proust souffrait d’asthme allergique, nous souffrons de précautions qui selon les unes des journaux seront bientôt durcies. 

Saurons nous comme Marcel, entrer en introspection au-delà de la surface des choses? Saurons nous lire Marcel? Luc Fraisse a un conseil simple : « Cent pages par jour pendant trente jours ! ». 

Mais avons nous trente jours devant nous chez nous? 

Sur le site du Point une femme taquine. "D'ici quelques semaines, tout le monde aura lu Proust. Comment vais-je faire dans les dîners en ville ?" nous dit la productrice télé Alexia Laroche-Joubert, qui sort du coronavirus et n'a pas eu de chance: en secouant ses draps, elle a fait tomber la tablette qui contenait toute sa bibliothèque, alors elle a regardé la télé... 

Cette femme inventa il y a 20 ans une émission de confinement ludique dans des décors IKEA. Elle raconte comment, pour une Loana à la vie difficile, l'enfermement de loft story fut un cocon bienvenu. Quand les drames s’accumulent, on peut se laisser prendre à Laroche-Joubert que les esprits chagrins trouveront légère, à tort. Quand le père de sa fille mourut brutalement, ce fut déjà pour elle un confinement de l’âme. « Le monde continuait à tourner alors que ma famille et moi étions dévastés, repliés sur nous-mêmes. Cette fois-ci, le monde entier s’arrête. » Nous allons nettoyer dit-elle, ce qui est inutile. 

Un professeur italien nous dit de chasser le superflu.

Et dans la Croix,  Carlo Ossora, 74 ans, philologue, historien de la littérature, professeur au Collège de France  me dit la même chose qu'Alexia Laroche-Joubert. Nous vivons le moment où l’on se débarrasse du superflu, une géographie nait, adaptée au corps des hommes, que l’on nourrira des vertus de la vie quotidienne : l’affabilité, la discrétion, la bonhomie, la franchise, la loyauté, la gratitude, la prévenance, l’urbanité, la mesure, la placidité, la constance, la générosité. « Le plus d’amour possible. Le moins de mots possible pour le plus de sens possible » disait Wladimir Jankelevitch. 

Ces vertus communes, je les lis dans nos journaux. Des chauffeurs routiers demandent l'attention dans la Voix du Nord, des  médecins hospitaliers pleurent me dit le Monde Jacques Razafidranazy qui fait la une du Courrier picard, des habitants dans le Journal de Saône-et-Loire proposent des chambres au personnel soignant. Des vieux messieurs se calfeutrent dans l'Est Eclair, "si je le chope, j'y passe." Ne le chope pas!

Sud-Ouest est beau, comme ses lecteurs qui se racontent, des retraités ne retrouvent pas leur vieux jeu de Scrabble,  Monique confinée seule avec son chieni veut tenir le plus longtemps sans sortir,  elle garde le une queue de langouste au congélateur  et un unique foie gras, "car il faudra que je compense, par le plaisir, cet enfermement"… Un agriculteur est debout car les bêtes se foutent de nos histoires…

Oui, elles s’en foutent les bêtes, mais il n’empêche. Dans AOC, analyse opinion critique, le collapsologue américain Jared Diamond, nous décrit déjà le prochain virus, qui nous viendra, comme celui-ci, de la promiscuité que nous entretenons avec des mammifères sauvages…. Diamond en appelle à la chine qu’elle arrête les marchés d’animaux sauvages qu’utilisent sa médecine traditionnelle: ce serait un cataclysme culturel… 

C’est un des textes forts qu'on peut lire ce jour.  L’autre se trouve dans le Financal Times, je ne l’ai pas encore vu traduit en français. L'historien de Sapiens Yuval Noah Harari nous voit à un tournant, le moment où, soumis nous pouvons prendre le chemin d’une surveillance dictatoriale de nos mouvements, de nos pensées bientôt, ou prendre en main en citoyen notre sécurité notre hygiène nos vies, et croire en la science et non pas aux slogans…

Et un scientifique s’impose dans les journaux…

Le professeur Didier Raoult, l’homme qui prône et administre la chloroquine, il martèle sa conviction dans la Provence et le Parisien. Il ne se dit pas omniscient, il avoue ne rien savoir des risques de rechute, mais il sait dit-il en docteur que la chloroquine soigne le coronavirus. Dans des dossiers fouillés, Nice-Matin et le Figaro rappellent les doutes qui doivent le mettre en rage… On a envie de croire ce professeur Raoult parce qu’il vit et proteste, contre le confinement qui nous renvoie au temps du choléra et va nous rendre fou, parce qu’il rend un son libre, parce que s’il avait raison...

En Afrique lis je dans le Figaro, on se précipite sur la chloroquine que l’on connait déjà par le paludisme. Nos vieilles maladies

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