Un philosophe américain dynamite la méritocratie dans Libération, elle serait une tyrannie qui nourrit la révolte. Le rugby du Sud se préparer à accueillir le quinze de Vannes, y mange-t-on bien, le Télégramme.Le neveu d'Olivier Dassault veut reprendre la circonscription de son oncle décédé, le Courrier Picard.

On parle de conquérants...

Une femme et un homme, Véronique et David racontent leur conquête dans la Croix, cette conquête est simple, ils sont vivants  parmi nous, ils ne devraient pas l'être, ils ne devaient pas atteindre leur âge, David a 38 ans et Véronique 42 ans.   Ils sont atteints de mucovicidose, cette maladie génétique des voies respiratoires qui donne à la peau des enfants malades ce goût salé dont les parents constataient la saveur de catastrophe - il y a quarante ans, un docteur pouvait dire aux parents d'une fillette de 3 ans maigre et à la peau amère qu'ils ne devaient pas trop s'attacher... On mesure alors nos progrès.  On meurt toujours jeune de mucovicidose, 34 ans en moyenne et entre la kyné, les cures d'antibiotique et des copains muco qui partent avant vous,  on grandit avec l'idée que le temps vous est compté mais de cet horizon fini on fait aussi des splendeurs... "Si ma vie devait durer autant qu'un feu d'artifice, alors il fallait qu'il soit superbe", dit David, que ses parents ont laissé être un enfant comme les autres, aller à la piscine, jouer avec de la terre...  il est marié, sa fille a dix ans, oui superbe. Les parents de Véronique étaient des passionnés de sciences et enfant l'emmenaient au laboratoire de recherche moléculaire de Brest, elle demandait au professeur Ferec, alors, vous en êtes où?... Aujourd'hui Véronique travaille dans son équipe...   

Véronique et David sont parmi 400 malades français, qui bénéficient d'une trithérapie, Kaftrio produite par un laboratoire américain, Vertex, ses effets respiratoires sont impressionnants... Quand Kaftrio sera commercialisé, des centaines de malades devront cesser de se vivre en sursis: ils apprendront ce vertige commun qui consiste à faire des projets... Et il faudra les aider nous explique la vie, socialement, psychologiquement, à être juste vivant parmi nous contre une fatalité devenir provisoire...  

Cette idée des destins qui ne sont pas écrits, on la retrouve de cent manières dans nos journaux, qui dans leurs pages souvent sont pimpants de liberté.   

Dans la Montagne voici Virginie Dexet, professeur d'EPS à Brive, qui accompagne les enfants et maintenant des adultes surdoués, ce n'est pas facile  cette différence, elle apprend aux zèbres à s'aimer eux-mêmes, et après, fonce gamin, Virginie se réclame du Kintsougo, un art japonais de la réparation qui souligne les fissures avec de l'or, car le fêlures sont une force..  

Dans l'Humanité voici Sylvie Dubois, au destin marqué par la mort des parents et de deux sœurs dans une famille dont la pauvreté était la frontière, elle se rêvait dessinatrice de mode, elle est entrée à l'usine, et ensuite a trouvé son chemin en militant, elle mène  aux Régionales dans le Centre Val-de-Loire le Parti communiste qui jadis et encore se justifiait de destins comme le sien.  

Le Télégramme nous parle de gaillards qui dépassent l'assignation régionale, les rugbymen de Vannes en Bretagne, en tête du championnat de Pro D2 et peut être donc demain dans l'élite, comment seront-ils acceptés, ces granitiques dans Sud-Ouest, le patron du stade toulousain se demande si à Vannes on mange bien; c'est la meilleure question. 

On parle aussi d'un philosophe...  

Qui dans Libération vient dynamiter la méritocratie, cette vision du monde selon laquelle les promotions sociales au mérite, par les études les diplômes, fabriquent une société souhaitable... Et bien pas du tout réplique l'américain Michael Sandel, dont le dernier livre s'intitule "la tyrannie du mérite"...  Cette idée de l'accomplissement, "si vous essayez vous pouvez", comme le martelait Barack Obama, induit une face sombre: si les vainqueurs méritent leurs succès, alors,  inversement, les perdants méritent leurs échecs,  et se sentent d'autant plus insultés par le discours dominant, et cela nourrit le populisme et les révoltes...   

Tiens, on juge à Paris, des gilets jaunes qui il  y a trois ans saccageaient l'Arc de triomphe, le Monde rend compte de l'audience en suggérant finement l'absurdité implacable de la justice...   

Valentin N., 25 ans, voleur de quatre cartes postales.

« C’était dans le feu de l’action… 

–  La président: Le problème, c’est que vous avez quand même pris le temps de fumer une cigarette.

– Non. 

– Ben si, on a retrouvé votre ADN sur un mégot… »  

Melyn, alors 18 ans, a voulu fracasser une porte du monument.   

« J’ai mis des coups de pied… 

– Pas que, Monsieur… 

– Et trois coups d’extincteur… 

– On va regarder. 

La vidéo défile sur l’écran. On compte les coups. Il y en a six.  Melvyn a passé deux mois en détention provisoire. « C’était dur, il y avait des meurtriers, des terroristes, un recruteur de Daech dans la cour…"   

Paris-Normandie raconte une commerçante qui dimanche a passé 5 heures en garde à vue, elle était venue photographier dans sa boutique de souvenirs les objets qu'elle voulait vendre en ligne, elle a dit aux policiers qui lui demandaient de fermer "qu'ils la faisaient chier". 

Sud-Ouest raconte la Dordogne qui se prépare à subir la guérilla des militants anti 5G, qui ont attaqué des sites de TDF dans les Bouches du Rhône et en Haute-Vienne;  l'émetteur d'Audrix, 286 habitants, une église du XIIe siècle, est bardé de gendarmes et d'électronique, contre une guérilla lis-je d'ultragauche.

L'Humanité encore et Mediapart racontent une étudiante nommé Rozenn, militante, qui va se faire licencier pour avoir dénoncé par tweet le gaspillage pratiqué par l'entreprise de grande distribution en ligne où elle travaille.  

Le Financial times raconte Black Rock, géant absolu de la finance, qui se targue de ses valeurs d'inclusion, et est embarrassé du scandale soulevé par une jeune femme qui affirme y avoir été l'objet de moqueries, de discriminations. Elle est voilée Essma Bengabsia, cela se passe en Amérique, c'est loin.  

On parle enfin d'automobiles...  

Qui tirent leur révérence, telles que nous les connaissions, les Echos nous disent la résignation des constructeurs européens à voir disparaitre rapidement  les voitures thermiques au profit de l'électrique, en économie, on n'échappe pas aux fatalités et au monde... Il  faut lire en même temps l'enquête du Figaro sur l'industrie automobile chinoise qui part à l'assaut de l'Europe -et le véhicule électrique est son atout,  appuyée sur un marché intérieur qui change: les 70000 taxis de pékin seront passés à l'électrique l'an prochain, avec une technologie fascinante. Plutôt que recharger sa batteries et perdre du temps, on l'échange en trois minutes dans un centre dédié...   Chez nous, plus modestement, c'est un début, la République du Centre publie la carte des points de recharge pour véhicules électriques du Loiret...   

Dans le Courrier picard se loge une permanence. "Je suis fait d'un bois qui m'oblige" dit Victor, 28 ans, neveu d'Olivier Dassault, juste décédé,  petit-fils de Serge, arrière-petit-fils de Marcel, Victor veut reprendre la circonscription de son oncle, dans ce département de l'Oise où les Dassault peu avare de cadeaux ont fait souche électoralement. C'est une forme d'aristocratie.

L'article de La Croix sur David et Véronique, vivants parmi nous en dépit, au-delà de la mucovicidose, est tellement fort, resplendit tellement de vie, que je l'ai attribué, dans une espèce d'écriture automatique à... "la Vie". Jamais un lapsus aussi compréhensible ne m'a fait autant honte. Pardon aux auditeurs de France-Inter, à Laureline Dubuy, autrice de l'article, à la Croix, et aussi à la Vie. Il est quelques journaux chers à mon cœur pour l'espérance qu'ils portent, et ce matin, après avoir pourtant lu, ils se sont chevauchés. 

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