D'une prison à l'autre. Il y a une quinzaine de jours, au coeur des événements, au plus haut de la fièvre dans les banlieues, plusieurs journaux publiaient des photos d'une cité, dans une ville de Seine-Saint-Denis... Impressionnant cliché, qui montrait 3 barres HLM, disposées en rectangle... Un urbanisme dément qui n'était pas sans rappeler les murs extérieurs d'une prison. Eh bien, à ce jour, 422 personnes, issues de ce genre de quartiers, se retrouvent entre les quatre murs d'une cellule... En prison... Condamnées à des peines allant jusqu'à 4 ans ferme... Peines sévères, commente "Le Parisien", qui apporte cette information, précisant que le temps moyen de condamnation se situe entre 6 mois et un an... Avec d'étonnantes disparités. Pour l'incendie de deux voitures par exemple, à Auch, dans le Gers, un jeune a pris 2 mois et demi ferme... Alors que les mêmes faits ont valu à un jeune Parisien un an ferme. Quoi qu'il en soit, nous assistons à un séisme judiciaire, dont les effets seront durables, et sur lequel les institutions feraient bien de réfléchir, commente le magistrat Michel Marcus dans "Le Parisien"... Comment imaginer, en effet, qu'une justice de masse puisse traiter correctement pareil phénomène ? "Le Figaro", lui, annonce l'arrestation de 80 personnes, après le coup de filet opéré hier dans plusieurs cités sensibles sur toute la France...Mais là, il s'agit de sérieux clients... Fusils et armes de poing ont été saisis, ainsi que plusieurs dizaines de kilos de cannabis, extasy, héroïne et cocaïne... Il est question également de blanchiment d'argent sale... D'où ce titre du "Figaro : "Après les émeutes, premières arrestations de caïds". Alors il faut s'attendre à un sondage bientôt, qui posera la question de savoir si cette vague de condamnations est une bonne mesure... En attendant, Marc Jézégabel, dans "Télérama", estime que Nicolas Sarkozy rafle la mise... Les enquêtes d'opinion l'attestent... La peur est son meilleur argument électoral, ajoute notre confrère. "Couvre-feu mental", écrit-il. Ce que le dessin, dans "Le Canard Enchaîné", illustre à sa façon... Sous le titre : "Retour de flammes", on y voit deux jeunes de banlieue qui discutent... "On n'a rien fait flamber cette semaine", dit le premier... "Si : la cote de Sarko dans les sondages", répond son copain. Voilà : Peine de prison ferme, peine avec sursis, peine perdue... Double peine aussi. C'est "Le Canard Enchaîné" qui nous raconte cette histoire surréaliste. Le 2 novembre au matin, une habitante de Gagny, dans le 9-3, découvre sa voiture... calcinée. Elle court au commissariat pour porter plainte... Bien... Mais le soir, quand elle rentre chez elle, la carcasse de la voiture a disparu. Et pour cause : elle a été mise en fourrière... Coût de l'opération : 136 euros. Vu que les assureurs ne prennent pas en charge ce genre de double peine, les chances de rentrer dans ses frais sont quasi nulles. La victime affirme que lorsqu'elle est allée au commissariat, personne ne lui a dit qu'il fallait enlever l'épave. Et quand bien même d'ailleurs... Comment faire démarrer une voiture brûlée ?... Hein ?... Ou la pousser, alors qu'elle n'a plus de roues ?... C'est le genre de jeu où l'on perd à tous les coups. Tiens, à propos des policiers... Et toujours dans "Le Canard"... Les émeutes vues par le Syndicat national des officiers, classé plutôt à gauche, précisons-le. Le Syndicat a envoyé à Nicolas Sarkozy une lettre assez ébouriffante, où l'on apprend, par exemple, que faute de formation, beaucoup de policiers ne savaient pas bien utiliser leur matériel, notamment quand ils étaient exposés aux caillassages en règle. On découvre aussi que faute d'une logistique efficace à l'arrière, ces mêmes policiers ont frôlé l'hypoglycémie puisque, souligne le syndicat, les fonctionnaires en opération n'ont pas eu le temps de se restaurer, de se désaltérer ou de se reposer. Après 10 nuits de stress, pas de soutien psychologique non plus, ronchonne le syndicat... Et même pas de rallonge de salaire... Ainsi, la lettre du Syndicat des officiers se termine-t-elle de cette façon : "Nous nous permettons de rappeler qu'avant les événements, il était dû aux officiers de police 6 millions d'heures supplémentaires". Avis au chef comptable. C'est mercredi, on va parler cinéma Avec Valérie Lemercier et son "Palais Royal", qui bénéficie d'une couverture presse maximale... Plus, c'est effectivement impossible... Et pas seulement en quantité, car les journaux sont dithyrambiques... Ils ne trouvent pas de mots assez forts pour qualifier le film... "Palais Royal : un régal", titre "France Soir"... Pour "Le Parisien" : "Valérie Lemercier est impériale"... Dans "Le Figaro", Valérie Lemercier explique qu'elle "fait du royal trivial" dans ce film où elle est devant et derrière la caméra... "Le Monde" également s'y intéresse, avec photo en couleur sur la Une, s'il vous plaît, et un grand article en page intérieure... Là aussi, c'est chapeau bas... Vous verrez d'ailleurs Valérie Lemercier avec un grand chapeau... "L'Humanité" et "La Croix" s'en fichent... En revanche, "Télérama" consacre à ce film trois pages, cette fois avec Lambert Wilson, qui joue le prince décadent dans "Palais Royal", et qui nous explique qu'il a délivré, pour ce film, son "idiot intérieur"... Il n'y a que "Le Canard Enchaîné" pour nous avertir que la vulgarité n'épargne pas cette comédie, et qu'en préférant une féroce subtilité, Valérie Lemercier aurait pu élaborer une satire souveraine... Eh oui, mais c'est comme ça : elle a préféré aller très loin dans le trivial... Dès la semaine dernière d'ailleurs, elle le disait dans le journal "Le Point". Et puis rendons hommage à notre confrère Alain Grasset, du "Parisien", qui pose cette question à Valérie Lemercier, et qui la pose de cette façon... "Dites-moi, votre 'Palais Royal', c'est un peu "Mon sacre à la tronçonneuse" ?". Cela dit, en termes de promo, on n'a probablement pas tout vu... Le record devrait être pulvérisé l'an prochain, avec la sortie des "Bronzés 3"... Dont "VSD" nous livre les coulisses du tournage cette semaine. Si d'aventure, le film n'est pas bon, les anciens du Splendid restent quand même très attachants, avec un vrai regard sur la société... Et il y a quelque chose d'assez sympathique à regarder ces photos de retrouvailles entre Jugnot, Blanc, Clavier, Lhermitte, Chazel et Balasko... Alors on retiendra cette confidence de Gérard Jugnot, qui dit : "Lorsqu'on se retrouve, on a toujours cette connivence : quand l'un d'entre nous fait un succès, on est à la fois content... et un peu jaloux aussi". Question dans "France Soir", ce matin... Question inattendue... "Faut-il interdire les hymnes nationaux avant les matches de football ?"... Maintenant, pourquoi poser cette question ? Eh bien, parce que les chants patriotiques inciteraient à la violence... Enfin, qui pose la question, et ose ainsi lancer ce débat sulfureux ? Sepp Blatter en personne, le président de la FIFA. Arno Lévy, bonjour... Quelle mouche a piqué le patron du football mondial ? Le sentiment patriotique étant quelque chose d'encore très répandu dans le monde, on imagine mal que cette réforme puisse passer... Merci, Arno Lévy... Quant au mot du jour, concernant le football, attribué à Franz Beckenbauer, grand maître de l'organisation de la Coupe du Monde en Allemagne... Ancien champion du monde de son état... Il l'affirme haut et fort : non seulement il est heureux que les Français se soient qualifiés, mais pour lui, c'est clair : ils font bel et bien partie des favoris pour ce Mondial". Le mot de la fin, si vous le voulez bien, ce sera celui de la voix... "Etre bien dans sa voix", comme nous l'explique "Le Monde"... C'est très important, parce que nos cordes vocales reflètent notre personnalité et nos états d'âme... Et pourtant, de plus en plus d'hommes et de femmes cherchent à la modifier... C'est une tendance lourde, mais dangereuse, comme nous le raconte Catherine Vincent... L'histoire de cette avocate qui s'est fait opérer des cordes vocales parce qu'elle trouvait sa voix trop grave, trop masculine... Or, après l'opération, elle avoue que quand elle plaide, elle n'a plus la verve, l'audace et la conviction, parce qu'elle ne se reconnaît plus dans sa voix... Donc dans sa peau... Parce qu'on est bien dans sa voix, comme on est bien dans sa peau. C'est pour ça que beaucoup d'autres ont choisi des thérapies psychologiques, bien plus douces et bien plus efficaces... Et tous ceux-là... Comme les usagers de la SNCF aujourd'hui... Ont retrouvé leur voix.

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