Alors bien sûr... Dans la presse, ce matin, il y a les obsèques de Pierre Gemayel à Beyrouth aujourd'hui... "la douleur de tout un peuple, et des funérailles populaires", explique L'Orient-Le Jour... Il y a aussi la fusion Suez-GDF reportée... Et bien sûr il y a Ségolène Royal en Une de tous vos hebdomadaires... Autant de sujets importants, dont on n'est pas prêt de cesser de parler... Alors du coup, ce matin, résolument envie de parler d'autre chose... Du rapport de l'INSEE, par exemple, qui fait la Une de Libération... "6,8 millions de pauvres"... "L'INSEE voit moins de pauvres en France"... Entre 1996 et 2004, le nombre de Français sous le seuil de pauvreté est passé de 13,5 à 11,7%... alors que le sentiment d'insécurité sociale a augmenté... 6,8 millions de pauvres... le nombre de personnes vivant en France avec moins de 788 euros par mois... 788 euros, c'est le seuil de pauvreté en France, selon les critères européens... "C'est le charme des statistiques, écrit Jean-Michel Thénard... Elles assènent des vérités qui cognent souvent avec le vécu quotidien... La pauvreté, dans la société française, se réduit peut-être en volume... Mais, avec la précarité, elle pénètre de nouvelles zones, dont le salariat... Hier, poursuit l'éditorialiste de Libération, il suffisait d'un emploi pour vivre... Aujourd'hui, le travailleur qui cumule les temps partiels ne s'en sort pas"... C'est le constat également de Martin Hirsch, le président d'Emmaüs France... "Il existe un halo de pauvreté, concentré autour de ces 788 euros... Les dépenses incompressibles ont explosé ces dernières années... Les familles ont de plus en plus recours au crédit pour boucler les fins de mois... et aux Restos du Coeur pour économiser quelques euros, qu'elles consacrent à d'autres dépenses essentielles comme l'habillement, les transports ou les fournitures scolaires"... Et dans ce rapport de l'INSEE, note Libération, ce renversement... La pauvreté touche aujourd'hui davantage les actifs que les retraités... La proportion de retraités pauvres a chuté, entre 1970 et 2001, de 27% à 3,8%... Et là encore, Martin Hirsch explique que "cette baisse incontestable de la pauvreté des plus de 60 ans est due, d'une part, à une politique de revalorisation des pensions... et surtout à l'augmentation du travail des femmes, qui leur permet de bénéficier d'une vraie retraite"... "Mais attention, prévient le patron d'Emmaüs France... Cette tendance est en train de se retourner, parce qu'aujourd'hui arrivent à la retraite des gens qui n'ont pas acquis suffisamment de droits, à cause de longues périodes de chômage durant leur vie active"... "La pauvreté recule", constate La Montagne... Alors soit... Même si plusieurs titres de vos journaux, ce matin, ne poussent pas à l'optimisme... Dans Ouest-France... "Le nombre de bénéficiaires de la Banque alimentaire augmente dans la Manche"... Dans Le Parisien... "Les Restos du Coeur distribueront 770.000 repas cet hiver dans les Yvelines"... Dans ce dossier, Le Figaro résume... "Ce sont les jeunes et les sans-emplois qui sont les perdants de la décennie"... "Les classes moyennes sont sur la touche", constate de son côté Aujourd'hui-en France... Et ce, pour une raison évidente aux yeux de La Tribune... "La flambée de l'immobilier a creusé les inégalités du patrimoine"... Du coup, c'est logique... le titre des Echos, "les 55-65 ans détiennent les revenus et les patrimoines les plus élevés"... Autre enseignement des chiffres de l'INSEE, à lire dans Les Echos... "La pauvreté se déplace des petites vers les grandes villes"... Le quotidien économique explique que "si la pauvreté monétaire ne concerne que 7% des Français, l'approche matérielle retenue par l'INSEE... c'est-à-dire le cumul de difficultés telles que l'absence de chauffage, d'eau chaude, ou le surpeuplement... relève à 22% la part des pauvres dans la société française... Bref, la pauvreté touche plus d'un Français sur 5... Une pauvreté qui s'est donc déplacée vers les grandes villes... L'agglomération parisienne accueille ainsi près de 15% de cette population, contre 10% il y a 10 ans... De même, les villes de plus de 200.000 habitants abritent plus d'un quart de ces personnes en difficultés, contre un cinquième en 96"... On est toujours le pauvre de quelqu'un... Exemple avec ce dossier de Courrier International intitulé "Travailler à l'Est"… Parce qu'un ouvrier chinois est plus pauvre qu'un Roumain, lui-même plus en difficulté qu'un Espagnol... Du coup, explique Courrier International, "quand un ouvrier roumain part cueillir des fraises en Espagne, c'est une Chinoise qui le remplace dans son usine textile… Souvent présentés et craints comme des foyers d'émigration, les pays de l'Est de l'Europe font à leur tour l'expérience de l'immigration venue de contrées encore plus pauvres… Avec, à la clé, d'importants enjeux économiques, démographiques, et un apprentissage express de la tolérance… Exemple donc en Roumanie... un exemple rapporté par le quotidien espagnol El Pais... La journaliste espagnole s'est rendue à Bacau, dans le nord-est de la Roumanie, dans une usine-dortoir où le patron roumain offre le gîte, le couvert et un peu plus de 200 euros par mois à une armée d'ouvrières chinoises qui confectionnent des vêtements de sport... Et le PDG de cette usine explique à El Pais : "Les Roumains sont en Espagne... C'est pour cela que nous avons été obligés de faire venir des gens de Chine"... Des ouvrières qui ne parlent pas un mot de roumain... et qui ne sortent jamais dans la rue parce qu'elles ont peur des habitants, qui ont pris l'habitude de baisser leur pantalon quand ils les voient... Choc des culture... et méfiance également en Pologne... Courrier International nous emmène en visite aux Vietnamiens de Mrokow… Entre clichés, incompréhension et peur mutuelle, c'est la difficile cohabitation entre travailleurs immigrés et population locale au fin fond de la campagne polonaise... C'est un article de la Gazeta Wyborcza... qui décrit Mrokow : une petite localité, entre Varsovie et Lodz... Trois rues, 300 habitants officiellement... Mais après 17 heures, le village calme change... La route principale se transforme en artère embouteillée... Dans une voiture sur deux, c'est un Vietnamien qui est au volant... Il y a également des dizaines de vieux vélos qui tentent de se faufiler entre les véhicules... Ce sont des Vietnamiens qui n'ont pas encore les moyens de s'acheter une voiture... A Mrokow, explique le journal polonais, les Vietnamiens sont apparus en 2002... Et depuis, le chômage dans la commune n'est plus que de 6%, contre 15 au niveau national... La plupart des habitants travaillent dans le marché vietnamien... "Ici, on est content quand on trouve un job... Et puis, ils paient bien", raconte Ania... Sans compter que les habitants de Mrokow louent des chambres et des maisons... Il y a aussi le garagiste qui répare leurs voitures... "Plutôt que de picoler, on bosse... C'est pas plus mal", dit-il... "Alors pourquoi le village n'aime pas les Vietnamiens ?", lui demande le journaliste de la Gazeta Wyborcza... "Par jalousie", explique-t-il... "Ici, la moitié de la population n'a toujours pas de salle de bains... Alors que les Vietnamiens s'enrichissent à vue d'oeil"... S'expatrier ou accueillir l'autre pour mettre du beurre dans les épinards... Mais peut-être que bientôt, nous dirons "mettre du beurre dans le coton"... "Le coton pourrait devenir un aliment du futur"... C'est dans Le Figaro... Une équipe américaine a mis au point une variété transgénique, débarrassée de l'enzyme toxique qui rend les graines de coton impropres à la consommation... Parce que dans le coton, c'est la graine que, depuis des décennies, on essaie de pouvoir manger... "Le jeu en vaut la chandelle, selon le journaliste du Figaro, puisque, pratiquée dans plus de 80 pays, la culture du coton représente, à l'échelle mondiale, la deuxième source de protéines végétales... Il y a potentiellement de quoi satisfaire les besoins en protéines de 500 millions de personnes... Et la graine de coton peut se manger entièrement, quand elle est débarrassée de sa toxine... On la mange donc comme l'arachide ou la noix de cajou... On peut aussi en faire de la farine... Sauf que l'avenir de ce coton alimentaire ne va pas de soi... Des essais avaient été faits dans les années 80 avec une première variété... Et une partie des cultures avait été mangée par les singes et les rats, qui avaient très vite repéré qu'elle n'était pas toxique"... Transformer les gènes... Sauf que les gènes réservent des surprises... C'est ce que nous apprend ce matin The Independent, à Londres... "Le livre de la vie est réécrit", titre le quotidien... "C'est une découverte qui a étonné les scientifiques eux-mêmes... Jusqu'à présent, explique The Independent, on partait du principe que le génome humain était une sorte de grand alphabet... et que la différence entre les individus dépendait, en grande partie, de l'ordre des lettres... Eh bien non... Nous sommes beaucoup plus différents génétiquement qu'on ne le pensait jusqu'alors... La découverte, publiée par 13 centres de recherche anglais et américains, est présentée comme la plus importante, en matière de génétique, depuis la découverte de la forme en double hélice de l'ADN en 1953... Selon ces scientifiques anglo-saxons, au lieu d'avoir, comme on le pensait, juste deux copies de chaque gène... une venant du père, une venant de la mère... chaque individu possède en fait un nombre de copies beaucoup plus important... Et c'est ce nombre qui fait la différence entre les individus... Le développement de méthodes sophistiquées a permis d'analyser de plus grands fragments d'ADN... Et on a constaté ainsi qu'un gène copié un grand nombre de fois chez les descendants d'Africains semble donner une meilleure résistance au virus du SIDA... Un autre gène, très présent chez les personnes d'Asie du Sud-Est, semble aider à lutter contre la malaria... D'autres variations de copies de gènes semblent influer sur le développement des maladies de Parkinson ou d'Alzheimer... Reste à savoir... et c'est maintenant la question que se posent les chercheurs... pourquoi certains gènes sont copiés, et pas d'autres...

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