8H30 l’heure de la revue de presse, bonjour hélène jouan

On commence par la campagne des régionales qui démarre officiellement aujourd’hui

« A qui profite la guerre ? » s’interroge Cécile Cornudet dans les Echos, alors que « l’onde de choc des attentats bouleverse forcément la campagne » …A chaque camp sa stratégie : l’éditorialiste des Echos rappelle celle du ministre de la Défense, Jean Yves le Drian :« voter fait partie de la riposte a-t-il affirmé hier. Aller voter aux régionales est une manière de combattre Daech ». Mobilisation et nationalisation de la campagne donc, espoirs du PS: dans Libération, le candidat socialiste en région PACA Christophe CAstaner l’admet : « j’avais choisi de régionaliser ma campagne. Mais aujourd’hui, je vais coller à l’appel d’unité du président ». Un collé-serré autour du président de la république, qui connait un regain de popularité, qui fait sourire Guillaume Tabard dans le Figaro : « les têtes de liste avaient l’étiquette PS honteuse, ils vont avoir le hollandisme joyeux ». Joyeux, l’adjectif n’est peut être pas judicieux..A droite, le spectacle donné la semaine dernière à l’assemblée nationale par des députés éructant et vindicatifs a fait long feu. Les candidats du parti Les républicains, tentent en ordre dispersé de rester sur la ligne de crête, soutien aux mesures du gouvernement sur la sécurité, mais dénonciation continue de son impéritie sur l’économie et l’emploi. Le directeur de campagne de Xavier Bertrand en Nord pas de calais picardie, veut croire « que dans une France en état d’urgence, les électeurs n’auront pas envie d’ajouter du bordel régional au bordel national »…Et pourtant, pourtant, le Front national est aujourd’hui dans la « tranquille certitude écrit Libé, que l’actualité travaille pour lui ». Echos de campagne, où l’on constate que la relative modération de Marine le Pen après les attentats, s’accompagne de variations locales plus trash. La tête de liste francilienne Wallerand de Saint just par exemple qui estimait samedi en meeting « que les politiques et les intellectuels en place depuis des décennies sont bien plus responsables des attentats que les assassins »…Tiens, ça nous rappelle vaguement, les propos de Michel Onfray qui la semaine dernière dans le Point affirmait que les démocraties étaient les vraies responsables des attentats ; Laurent JOffrin lui fait une réponse sentie ce matin sur le site de lIbé, sur le thème « on a rarement vu autant d’erreurs factuelles, d’embardées géopolitiques et finalement autant de légèreté intellectuelle ». http://www.liberation.fr/france/2015/11/22/non-michel-onfray-le-monde-musulman-n-est-pas-daech_1415293

Pour en revenir aux conséquences des attentats du 13 novembre sur les régionales, retenons la conclusion de Brice Teinturier, le directeur d’Ipsos dans la Croix, « oui, dans un contexte de relation dégradée au politique, aller voter peut reprendre du sens. Mais affirmer que cette mobilisation bénéficiera à l’un plutôt qu’à l’autre serait pure spéculation ». Bref, « la guerre », pourrait tout changer, mais on ne sait pas comment

La presse s’interroge également ce matin sur les patrons d’entreprises face à l’état d’urgence

Et si le code du travail était aussi appelé à évoluer, sous le coup de la menace terroriste? question posée par le journal L’Opinion. De quelles informations les patrons doivent ils disposer face à certains de leurs salariés qui font l’objet d’une fiche S ? Le pdg de la sncf guillaume pépy a reconnu avoir été alerté sur certains individus, sans avoir le contenu de cette fiche S. Un signalement qui a permis de muter certains d’entre eux. Mais impossible évidemment de les licencier. Faut il aller plus loin ? Se munir éventuellement d’un article de loi pour se blinder juridiquement ? nous n’en sommes pas là, mais la ministre du travail est chargée de mettre en place un comité de suivi sur les problèmes de sécurité au travail, de détection de la radicalisation dans les entreprises. Les partenaires sociaux sont invités à faire remonter tout fait particulier. Mais faut il dénoncer un comportement dangereux, est ce de la délation ou un acte citoyen, salariés et chefs d’entreprises se sentent démunis.l’état d’urgence risque de percuter violemment notre législation du travail conclut Fanny Guinochet

Alors que l’enquête sur les attentats se poursuit bien évidemment, et que François Hollande entame aujourd’hui un marathon diplomatique pour constituer une vaste coalition anti-Daech, questions ce matin dans la presse

Question sur Salah Abdelslam, l’ennemi public numéro 1, toujours introuvable. Question posée dans l’Humanité notamment : s’est il dégonflé au dernier moment comme le supposent certains enquêteurs ? A deux de ses amis appelés cette semaine, il aurait dit se sentir « traqué par les polices belges et françaises », mais aussi « recherché par les responsables locaux de l’Etat islamique mécontents qu’il ait renoncé à avoir fait sauter sa ceinture d’explosifs »…une thèse aujourd’hui défendue par son frère

Questions sur nos « sulfureux alliés », Arabie Saoudite et Qatar en tête dans AUjorud’hui en France/ le Parisien…

Question sur la guerre telle qu’elle est menée par ceux dont on entend faire nos alliés. Dans Libération, Jean-Pierre Perrin raconte comment les avions russes continuent de cibler prioritairement l’armée syrienne libre plutôt que le groupe Etat islamique. « La minoterie de Binin, fournissait chaque jour 15 tonnes de farine et la boulangerie voisine 5500 sacs de pain, dans cette région encore contrôlée par la rébellion écrit il. Un pain qui permettait à des milliers de réfugiés du sud d’alep de survivre. Des installations édifiées grâce à des subventions de Paris et de l’europe. Le 12 novembre à 17H20, raconte Perrin, les sukkhoi russes ont brusquement surgi et le bombardement a commencé.10 personnes tuées, la boulangerie et la minoterie écroulées sous les bombes. »C’était le 12 novembre, l’armée russe a-t-elle changé de cible depuis le 13 ?

En tout cas, pas sa façon de faire semble t il. Les Echos racontent comment lundi, « les pilotes des bombardiers de la coalition anti djihadistes menée par les états unis, ont été d’une exquise courtoisie avant de détruire 116 camions citernes de l’état islamique. Ils ont d’abord recommandé aux chauffeurs de quitter leurs véhicules, 45 minutes avant les frappes. Anecdote qui semble surréaliste écrit Yves Bourdillon, mais en réalité, les occidentaux veulent absolument épargner les victimes civiles. Car chaque mort d’un civil suscite plusieurs vocations de djihadistes. Pas de tels états d’âmes du côté du Kremlin, qui a souligné jeudi que ses avions allaient tirer à vue sur les camions citernes

2 façons de faire la guerre, au cœur aussi des discussions diplomatiques cette semaine menée par François Hollande

Bruxelles toujours état d’alerte exceptionnel ce matin, métros et écoles fermés. Et une attitude des medias et réseaux sociaux en Belgique qui ne manque pas de nous interpeller

Hier soir, en pleine intervention judiciaires et policière, les autorités avaient réclamé leur collaboration aux média et citoyens pour ne pas mettre en péril les opérations en cours, résultat : de la musique sur la RTBf, et des réseaux sociaux qui s’enflamment sur des photos de..chats  http://www.lesoir.be/1050674/article/economie/vie-du-net/2015-11-22/menaces-terroristes-belges-brouillent-pistes-sur-twitter-avec-des-chats Sous le hashtag Brussel Lockdown, facéties à gogo avec des chatons pour ne rien divulguer...des chats planqués sous un carton, ou à l’inverse, des chats armés, des chats en drone, ou des chats qui font peur à un chien, clichés postés par les internautes. Pourquoi les chats ? personne n’a vraiment l’explication, « peut être avance l’un d’eux, parce qu’il n’y a pas un chat à Bruxelles ». Opération black out totale en tout cas, de la part des journalistes comme des citoyens. Et interpellation d’un internaute belge à notre endroit : » Même si nous aimons avoir les informations en direct, le travail des forces de l'ordre peut être plus efficace avec le silence des médias. Les médias français devraient prendre exemple »

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