Et l'écrivain donne SA solution pour éviter la guerre civile à la France. Il faudrait que le catholicisme redevienne la religion officielle…

"Au fond, l'intégration des musulmans ne pourrait fonctionner que si le catholicisme redevenait religion d'État. Occuper la deuxième place, en tant que minorité respectée, dans un État catholique, les musulmans l'accepteraient bien plus facilement que la situation actuelle. Ils n'arrivent pas à se faire à l'État laïc, porteur d'une liberté de religion qu'ils ne comprennent pas. Le prophète Mahomet ne pouvait pas imaginer l'existence d'un athée."

Parole de Michel Houellebecq et ayant cité ses paroles, j'ai trahi en me prêtant au jeu du scandale possible...  que pourrait nourrir ce résumés goguenards... Mais il faut se prémunir de ce bruit et LIRE, Nicolas, ce texte très long... une interview accordée au journal allemand Spiegel, que Valeurs actuelles a fait traduire avec l'accord et l'aide de Houellebecq...

et cette distance... le passage par l'Allemagne où le respect est de mise envers l’écrivain...  La solennité que met Houellebecq qui jure qu'il s'agit là de sa DERNIERE interview...

Tout ceci donne une épaisseur à un texte qui échappe à son contexte...  

Parce que Houellecq dans valeurs actuelles, ça pourrait ressembler à une affiche politique...

Hélas et évidemment... Houellebecq qui  incarne la "résistance" à l'islam depuis son roman « Soumission »... Houllebecq proclamé " le grand homme choisi par l'Histoire" par Michel Onfray, c'était dans le Figaro en septembre...

Valeurs actuelles qui a fait du combat identitaire sa raison d'écrire et de vendre... la journaliste même qui est allée convaincre Houellebecq... Charlotte d'Ornellas, qui est une vraie vedette des média d'extrême droite ou catholiques conservateurs...

Mais tout ceci devient vaporeux quand on lit l'interview d'un écrivain "non pas haineux mais souvent méprisant, c'est pire"... Houellebecq qui regrette de n'avoir pas su démolir la philosophie de Nietzsche, qui disserte sur son péché de désespoir et qui n'aime ni Céline ni Sartre ni Camus, ni Nimier, qui regrette que l'on se souvienne de Proust pour ses "diners chez duchesses" mais pas pour ses considérations les villages français... 

On ressent évidemment un paysage idéologique mais sans l'immédiatteté vulgaire des slogans... Même Laurent Waquiez, invité à applaudir Houellebecq par Valeurs actuelles, donne un texte qui vaut mieux qu'un tract... "J’aime celui qui a écrit les plus belles pages d’amour de la littérature, j’aime son amour pour les chiens et j’aime qu’il l’ait chanté avec Iggy Pop" 

Iggy pop dans la bouche de Laurent Wauquiez, miracle!

Sinon. Houellebecq dit dans l'interview que la gauche est méchante et que le seul mouvement qui lui fait lever la tête, c'est le retour du catholicisme, notamment dans les manifestations contre le mariage pour tous...  La ruse de la politique.

Et cette question du catholicisme est dans les journaux...

A la Une du Figaro qui  dénonce une laÎcité  qui s'égare... à force de s'en prendre aux croix crèches et statues, à la Une la photo de cette croix de Ploermel que le conseil d'état a décrété illégale, et qui surmonte une statue de Jean-Paul 2... Le Figaro exprime sur deux pages ce  sentiment d'être agressé chez de nombreux catholiques... Il raconte le harcèlement juridique qui menace la croix de la porte du cimetière de Prinçay, Vienne , et une vieille association, la Libre pensée, qui ressuscite devant les juridictions administratives le cri désuet du "A bas la calotte"...

Tout ceci est une tension palpable mais hélas... Comme le figaro n'a pas un Houellebecq dans sa besace... il emploie des mots plus simples pour tirer un combat du désarroi catholique...  "Il ne faut pas se tromper d'adversaire", proclame son éditorial : la laïcité ferait mieux de s'en prendre au voile, au burkini, auix prières de rues, à la haine antifrançaise... 

On peut trouver un catholicisme plus émouvant de fragilité dans le Républicain lorrain qui parle du manque de prêtres dans la Région...  En 2016, deux nouveaux prêtres, seulement, ont pris leur ministère presbytéral dans les huit diocèses de l'est... Les paroisses fusionnent, des laïcs animent les offices... Qui va à la messe? La population vieillit aussi. Et c’est devant l’écran cathodique qu’elle communie le dimanche. Comme le dit en souriant Mgr Lagleize, « la télé est devenue la plus grande paroisse de France", qu'en dirait Houellebecq...

Dans la Croix, vous trouverez Nicolas un autre catholique, qui rugissait de croire, il est mort il y a 100 ans, le 3 novembre 1917, il s'appelait Léon Bloy, ce fut un grand écrivain pris de tant de colère, dont un livre s'appelait "le désespéré", qui le lit aujourd'hui? Le pape François qui le citait en 2013 dans sa première homélie, "celui qui ne prie pas Dieu prie le diable"... 

Il détestait la modernité Léon Bloy... Tout ce qui est moderne est du démon...  et cela le rend contemporain du doucereux Houellebecq...

Et on parle de boulangers dans les Echos...

Des boulangers que la raison économique agresse... La fédération des entreprises de boulangerie réclame la suppression  du jour de repos obligatoire...  au nom de la flexibilité, du droit du consommateur à trouver sa baguette. tous les jours, de la prégnance des grands centres commerciaux...

Mais en face des industriels, les artisans boulangers résistent... Le jour de repos obligatoire est leur sauvegarde, il existe depuis 1919... un autre siècle, quand on croyait protéger les hommes en régulant l'économie. D'autres divinités sont à l'oeuvre... En cette veille de « black Friday », jour  de solde et jour sacré de la consommation né du commerce en ligne dont nos journaux -Ouest France notamment- dissèquent les artifices diaboliques…

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.