Avant de replonger dans l'actualité politique, je vous propose une histoire assez incroyable, racontée ce mois-ci par L'Expansion... Vous vous souvenez, Nicolas Demorand, des "Sous-doués passent le Bac", avec toutes les triches imaginées par Daniel Auteuil et ses camarades pour obtenir le diplôme... Eh bien, c'est "Les sous-doués passent le permis"... affaire de trafic de permis de conduire dans le milieu des clandestins chinois. Des auto-écoles et au moins un inspecteur du permis étaient de mèche. Douze personnes ont été arrêtées le 13 octobre dernier. Au centre du trafic, il y a un Chinois surnommé "le Gros". Il vendait de vrais permis, mais obtenus dans des conditions plus que douteuses. Explication : pour beaucoup de Chinois sans papiers, le document rose est indispensable pour travailler, mais il est quasiment impossible à obtenir pour ceux qui ne savent ni lire ni écrire le français. Alors "le Gros" avait sous-traité avec une école de conduite dans le XIVème arrondissement de Paris. Pour le code, juste avant l'examen, les candidats étaient équipés d'un micro et d'un vibreur. A l'extérieur de la salle, une complice entendait les questions et envoyait des impulsions en fonction de la réponse à cocher. Pour la conduite, par le biais d'intermédiaires, "le Gros" avait graissé la patte d'un inspecteur, qui fermait les yeux sur les créneaux ratés ou les clignotants oubliés. On a tout de même donné quelques cours aux candidats quand l'inspecteur ripou s'est aperçu que certains ne savaient même pas passer la première vitesse. Une centaine de personnes auraient ainsi décroché le permis dans un paquet Bonux. Et à propos de blanchiment, lors des perquisitions, 30000 € ont été saisis et 300000 étaient déjà placés à l'étranger par l'un des moniteurs. (Nicolas Demorand : "L'actualité politique, on y vient... Rebondissement dans l'affaire Jean Sarkozy hier soir"...) "Jean veut plus", titre 20 Minutes... Un peu plus de 20 ans et déjà un 20 Heures pour annoncer cela. Jean Sarkozy renonce à la présidence de l'EPAD, même s'il reste candidat au conseil d'administration. Dans Le Parisien-Aujourd'hui, Frédéric Gerschel raconte les coulisses de ce 20 Heures... Il est arrivé vers 19h20 dans les locaux de France 2, avec son épouse Jessica et son conseiller en communication Christophe Lambert... 40 minutes dans la loge VIP. Quelques mots échangés avec son parrain Brice Hortefeux, également invité de France 2 hier soir. Puis c'est l'entrée, le visage un peu pâle, sur le plateau de David Pujadas. Antoine Guiral prend le relais dans Libération... Chemise blanche, veste sombre, cravate rayée... Le jeune homme avait préparé son numéro comme un vieux briscard de la politique. Avec ce qu'il faut de pathos, d'expressions ciselées et de mise à nu pour faire un bon 20 Heures. Tel le clône politique de son père, il a débité les formules paternelles maintes fois entendues : "Vous savez, David Pujadas, j'ai beaucoup réfléchi", "J'assume mes responsabilités", avec une diction bien connue elle aussi des Français. "J'ai pris ma décision seul"... Ce matin, dans la presse, personne n'y croit, à part Le Parisien, qui accrédite partiellement cette thèse : Jean Sarkozy aurait pris lui-même l'initiative d'arrêter les frais. Après avoir refusé il y a quelques jours, le Président a laissé faire. C'est à l'Elysée que l'opération se serait nouée hier, en fin de matinée. Le Figaro a une autre version : c'est mercredi soir que les deux ont discuté. Un plan com' qui devait justifier son élection à la présidence de l'EPAD (interview sur Europe 1, tribune dans Le Monde) a été annulé à la dernière minute. Coup de fil de Jean à sa marraine politique, à la sortie du 20 Heures. Isabelle Balkany était au bord des larmes après le passage de son poulain devant les caméras. "Tu m'as émue par ta sincérité et ta pudeur", lui aurait-elle dit. Reste la question du "pourquoi". Réponse : l'affaire prenait trop d'ampleur. Un ami de la famille témoigne dans Le Parisien : "Il ne pouvait plus faire un pas dans la rue sans qu'on lui parle de ça". Pour Libération, l'Elysée a fini par tirer les conclusions des signaux d'alarme qui hurlaient de toute part. Les sondages prédisaient de possibles ravages électoraux de cette affaire, à quelques mois des Régionales. Des milliers de lettres et de mails de protestation sont arrivés au château, au siège de l'UMP et dans les permanences du parti. Et les échos que les élus faisaient remonter du terrain étaient catastrophiques. "Le fils prend ses cliques, le père une claque", résume Libération. Un dernier détail pour dire le malaise des élus UMP, dans Le Figaro... Le député Philippe Briand, maire de Saint-Cyr-sur-Loire, dans la région de Tours, a bien fait rire les militants mercredi en racontant qu'il allait rebaptiser une rue de sa ville "Papa m'a dit". Papa a finalement accepté "le sacrifice du fils", écrit le quotidien, qui, une fois n'est pas coutume, utilise la même formule que Libération. (ND : "D'autres informations glanées dans la presse...") 40 ans après l'homme sur la Lune, il y a toujours ses traces de pas... La photo, prise par la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter, est dans le magazine Ciel & Espace ce mois-ci. C'est un peu de poussière lunaire dans le jardin de ceux qui nient toujours la réalité de l'expédition Apollo XI. Un peu plus bas dans le ciel : le plan d'économie d'Air France, face à la crise... La Tribune et Les Echos donnent les détails. 1684 départs volontaires d'ici à la fin de l'année prochaine, essentiellement parmi le personnel au sol. Montant total des indemnités prévues : entre 150 et 160 millions d'euros. Les syndicats veulent négocier plus. Berlusconi menacé de mort sur Internet... "Uccidiamo Berlusconi !" : "Tuons-le !". Le ministre de l'Intérieur italien va faire fermer ce site, basé aux Etats-Unis. 12000 internautes s'y sont inscrits. Et puis quand la police arrête des sans-papiers aux Restos du Coeur... Une dizaine de personnes ont été interpellées mercredi sur la Place des Emmurés, à Rouen. Les bénévoles des Restos s'apprêtaient à distribuer repas, produits d'hygiène et couvertures. Le récit est dans L'Humanité. (ND : "Visages de femmes dans la presse, ce matin...") Le beau visage un peu fatigué de Loudmila Alexeeva, en photo dans La Croix... Avec les autres responsables de Memorial, elle va recevoir le Prix Sakharov pour la liberté de l'esprit, décerné par le Parlement européen. Memorial, c'est une ONG russe qui se bat pour le développement de la démocratie. Le coeur de son travail, c'est de clarifier le passé, d'où son nom. Memorial conserve les dossiers d'archives, les témoignages... Elle publie des livres et intervient dans les écoles. Travail très difficile en ce moment en Russie, où Vladimir Poutine, au nom du patriotisme, tend à réécrire l'histoire du stalinisme. L'une de ses militantes a été assassinée l'été dernier. Le deuxième visage, il est noir : c'est celui d'une femme ouvrière dans une usine de Nairobi, au Kenya... Il illustre l'article du Monde intitulé "La récession mondiale frappe d'abord les femmes". Quand les temps sont durs, on retire d'abord les petites filles de l'école, et on supprime les emplois les plus précaires. Or, une majorité de ces emplois est occupée par des femmes. 22 millions pourraient perdre leur travail cette année. Le dernier visage, on ne le voit pas : il est caché sous un niqab... Et ce voile intégral fait l'objet d'une bataille en Egypte. Car il gagne du terrain dans ce pays plutôt modéré. C'est l'influence des travailleurs qui rentrent au pays après avoir séjourné dans les pays plus radicaux du Golfe. C'est aussi l'influence des chaînes satellitaires religieuses. Près de 2 Egyptiennes sur 10 porteraient désormais le niqab, surtout dans les campagnes. Mais Tangi Salaün raconte, dans Le Figaro, que l'Etat égyptien semble décidé à s'attaquer à ce signe extérieur de radicalisation de la société. Le voile intégral, et tout ce qu'il sous-tend... On peut le dénoncer à travers la caricature. Dessin de Plantu aujourd'hui dans Le Monde : un taliban et une femme sous sa burqa, au milieu d'un champ de pavot, en Afghanistan... Manifestement, le taliban a abusé de l'héroïne, à en juger par les seringues qu'il porte à la ceinture comme autant de bombes et à sa langue de travers. Il offre des fleurs à sa femme voilée : "Tiens, ma chérie : un bouquet de pavots". La réponse fuse de sous la burqa : "T'es vraiment trop con". (ND : "Et puis Bruno, vous terminez la semaine en vous vautrant dans le luxe...") Série Limitée, le supplément des Echos consacré au luxe, célèbre ses dix ans... C'est un domaine que la plupart d'entre nous ne connaissent qu'en photo. Et ce genre de supplément permet aussi aux journaux d'amasser des pubs. Mais, à l'occasion de cet anniversaire, on se retourne sur dix ans de luxe, et on trouve des signes, des fragments de notre époque : les expressions qui ont fleuri, les grands moments des défilés de mode, les cuisines des grands restaurants, racontent une époque qui hésite entre l'obscénité et l'austérité. Depuis l'an 2000, on a donc vu fleurir les expressions "porno chic" mais aussi "no logo", "bling bling" et "bobo", "pipolisation" et "recessionista"... Des marques de cosmétique ont mis des sarments de vigne de Château Yquem dans leurs pots de crème, mais Christian Lacroix est au bord du dépôt de bilan. Près de Barcelone, Ferran Adria a inventé la cuisine moléculaire, mais d'autres étoiles ont rendu leur tablier sous le poids du stress. Pour les dix ans à venir, prédisent Les Echos, on aspirera au silence, les lignes des voitures seront plus étirées... Dans la mode, on cherchera à exprimer sa différence de manière baroque, car les problèmes sociaux et environnementaux brideront notre liberté. La grande chef Anne-Sophie Pic imagine la recette de demain, à l'heure où la révolution verte aura germé dans les esprits : un turbot côtier à la vapeur douce, croquant et fine mousseline de concombres... L'avenir sera donc à la fois doux et croquant, modeste et sophistiqué... Rendez-vous dans dix ans...

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