Chaque soir, les associations calaisiennes distribuent des repas aux migrants
Chaque soir, les associations calaisiennes distribuent des repas aux migrants © Radio France

La revue de presse en direct de Calais, à l'occasion de la journée spéciale "Exil des peuples".

Les migrants de Calais à la "une" de la presse locale

Interview exclusive dans la Voix du Nord. Le ministre de l'Intérieur détaille son plan pour ramener le calme dans la ville, après trois jours de tension : "Les Calaisiens ont droit à la tranquilité", dit-il. Deux mesures à retenir : d'abord l'envoi de 100 policiers et gendarmes supplémentaires, et puis l'ouverture prochaine d'un accueil de jour pour les migrants.

Il y a urgence, Nord Littoral revient sur la journée d'hier marquée par de nouvelles violences : 11h30, les CRS encadrent une centaines de migrants assis sur le trottoir. "Ils se sont fait chasser de la jungle", lance un policier dans son talkie. Au même moment, la situation chauffe sur la rocade, relate le quotidien. Migrants et CRS jouent au chat et à la souris, un scénario devenu habituel sur cette route qui mène au port. Normal, le mercredi, c'est le jour où il y a le plus de camions pour embarquer sur les ferrys. Les forces de l'ordre quadrille donc la zone, bombe lacrymogène à la main.

Olivier Pecqueux dans la Voix du Nord : "Il faut venir à Calais pour se rendre compte de l'impact, désormais inquiétant, d'une immigration clandestine galopante". Officiellement, les migrants sont actuellement 1.500, mais beaucoup avancent des chiffres plus alarmants, entre 2.000 et 2.500, soit près de 3% de la population calaisienne !

Un chiffre multiplié par quatre depuis le début de l'année, affirme Le Monde. À cela plusieurs raisons : la déstabilisation de la Libye, les différents conflits africains, mais aussi le déclenchement en novembre 2013 de l'opération Mare Nostrum par l'Italie, après le naufrage de Lampedusa. Opération de sauvetage vue d'un mauvais oeil par les autorités françaises. Paris reproche à l'Italie d'avoir facilité le travail des passeurs. Mare Nostrum sera finalement remplacée, à compter du 1er janvier 2015, par une opération conjointe des pays européens.

51 millions de "déracinés" dans le monde

Réfugiés, demandeurs d'asile, déplacés internes. Ce chiffre, c'est le HCR qui l'avance, le Haut commissariat aux réfugiés de l'Onu. Chiffre à retrouver cette semaine dans l'hebdomadaire "Le 1", consacré aux réfugiés dans le monde.

Témoignage d'abord de l'écrivain Laurent Gaudé. L'auteur d'Eldorado a visité récemment des camps dans le nord de l'Irak, il a accompagné une équipe d'Arte. Rencontres avec des déracinés : "Je sais qu'ils sont en moi pour toujours", écrit Laurent Gaudé, "ces regards de réfugiés, ces silences, cette dignité résignée, muette, accablée."

Ce qu'il retient surtout, c'est ce sentiment de "défaite" dans ces camps : "La défaite de ces sociétés qui ne parviennent plus à protéger leur population. La défaite d'une vie que l'on voulait heureuse, prospère, et qui finit là, entre deux bâches sales, dans des allées inutiles."

Alors oui, il y a de quoi désespérer, mais Laurent Gaudé explique avoir ressenti autre chose dans ces camps : "La force de la volonté humaine opposée au fatalisme", dit-il. "Le désir de secourir, l'accueil, l'envie de s'arcbouter contre le vent du malheur et d'agir malgré tout."

Agir... Comme l'association Salam, dont le camion sillonne la banlieue de Dunkerque, pour venir en aide aux migrants. Reportage là aussi dans l'hebdo "Le 1", signé Elsa Delaunay. Direction le camp de Grande-Synthe, à l'heure du déjeuner. Voici Hassan, jeune Syrien de 26 ans, il vient d'arriver ici, après avoir fui Calais : "Trop de monde, trop de violence, trop de policiers", explique-t-il.

Son périple à lui ? Il a commencé il y a 3 mois, quand il quitte la Syrie pour rejoindre l'Egypte, où il embarque pour l'Italie. Il paye le prix fort pour un bateau solide, enfin, ça c'est qu'il croit : "Je me suis retrouvé entassé avec 615 autres migrants, raconte-t-il. vVus n'imaginez pas ce que c'est 8 jours en mer dans ces conditions. Les gens meurent pendant la traversé."

Autre camp, autres témoignages, à quelques kilomètres de Grande-Synthe, le camp de Teteghem. Il y a là, dans la foule, des femmes, des enfants, des familles en grand nombre, décrit la journaliste. Confidence d'une bénévole de l'association Salam : "Avant de partir pour l'Angleterre, les mères nous demandent souvent du sirop pour endormir leur bébé : elles craignent qu'ils ne pleurent pendant le trajet en camion."

Et aussi...

Une bonne nouvelle, pas très loin d'ici, à Boulogne sur Mer : Marine Harvest recrute ! C'est à lire dans la Semaine du Boulonnais. Le groupe norvégien, numéro 1 mondial du saumon, embauche 20 personnes d'un coup en CDI. Elles vont rejoindre les effectifs de l'usine flambant neuve de Boulogne, construite en 2012. Déjà 130 salariés. "Et ce n'est pas fini !", assure le directeur du site, de nouvelles embauches sont prévues d'ici à la fin de l'année.

Toute la presse revient également ce matin sur la guerre fratricide qui secoue le PS. Après les frondeurs, voici carrément "les incendiaires", c'est la "une" de Libération. "Ambiance délétère", résume le Parisien/Aujourd'hui en France. 39 abstentions mardi à l'Assemblée, lors du vote de la partie recettes du budget 2015, et voilà le groupe socialiste qui se fracture un peu plus. "Lla guerre des gauches", titre la Dépêche du Midi. "Crise ouverte chez les socialistes", renchérit le Figaro. Le divorce semble consommé entre le gouvernement de Manuel Valls et une partie grandissante du PS. "Il faut en finir avec la gauche passéiste", déclare le premier ministre dans une interview à l'Obs, "cette gauche hantée par le surmoi marxiste et par les 30 glorieuses", dit-il. Réponse à Martine Aubry, aux frondeurs et à Benoît Hamon, qui a accusé hier l'exécutif de mener une politique qui "menace la République".

Manuel Valls en couverture de "l'Obs" donc... Ne dites plus "le Nouvel Observateur". L'hebdo change de nom, de logo et de maquette aujourd'hui. Un petit air de Time magazine. Objectif de cette nouvelle formule : des couvertures "plus incarnées" et avec "beaucoup moins de marroniers", promet le directeur de l'Obs, Mathieu Croissandeau.

Le Nouvel Obs devient l'Obs
Le Nouvel Obs devient l'Obs © L'Obs

Et puis l'interview "déprime" de Woody Allen dans les Incrockuptibles. Le cinéaste vient de sortir son nouveau film, "Magic in the Moonlight". Question du journaliste : "Où vous situez-vous ?" Réponse de Woody Allen : "Dans une zone dépressionnaire". "La vie n'a aucun sens, l'univers n'a aucun sens... C'est tragique, un jour, on meurt, terminé. Et un autre jour, peut-être pas si lointain, la terre disparaîtra et les choses que nous trouvons fantastiques, les pièces de Shakespeare, les symphonies de Beethoven, tout cela aura disparu." Commentaire des Inrocks : on l'a connu plus en forme, Woody Allen. Allez, haut les coeurs Woody !

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