8H30 l’heure de la revue de presse, bonjour hélène jouan

« Familles », c’est votre thème du jour pour cette revue de presse

Ce n’est pas tous les jours qu’on reçoit dans ce studio, une famille presque au grand complet…

Familles divorcées, recomposées, hétéro ou homo, 3 semaines que le synode des évêques planche sur la question à Rome, et on s’approche de la conclusion, un texte final doit être soumis demain au vote. Alors révolution ou statu quo ?

Si la Croix se félicite d’une « liberté de parole inégalée », elle raconte aussi comment le synode a fait l’objet de perturbations et de coups tordus en tous genres. Perturbation car la réunion des évêques s’est ouverte avec le coming out homosexuel d’un prélat polonais, coups tordus quand la presse italienne fait état d’une tumeur au cerveau du pape François, démentie par le Vatican, mais tout le monde s’emballe alors pour dénoncer une tentative de déstabilisation du souverain pontife.

Résultat des courses ? et bien le pape est aujourd’hui face à un blocage nous dit Cécile Chambreaud dans le Monde. Blocage entre les partisans du changement, et ceux qui s’interdisent toute évolution sur la famille au nom de la doctrine ; la question de l’homosexualité par exemple, serait même absente des conclusions du groupe. Des divergences largement liées au contexte culturel de chacun des représentants de l’Eglise. « Pour une partie des évêques, notamment en Afrique écrit la journaliste, infléchir ne serait ce que le discours pour mieux accueillir les croyants engagés dans toutes les formes contemporaines de la famille , hétérosexuelle ou pas, risquerait d’être perçu comme une autorisation implicite à ce qu’ils perçoivent comme des dévoiements ». Afin de contourner la difficulté et échapper au statu quo, le pape pourrait du coup se lancer dans une autre réforme : celle de la décentralisation de l’Eglise. Elle permettrait d’apporter des réponses locales, à des situations locales. Le problème, c’est qu’il toucherait alors à l’unité même de l’Eglise catholique. Bref, il n’est pas plus simple de réformer l’Eglise, que la France diront certains

« Famille » encore avec l’annulation hier de l’émission politique Des paroles et des actes avec Marine le Pen

En 1984 à l’Heure de Vérité, son père avait imposé Une minute de silence en mémoire des millions d’hommes tombés sous les dictatures communistes, sa fille a fait plus fort hier, imposant 3 heures de black-out

« Si j’avais été obligée de payer, je n’aurais jamais obtenu une publicité plus efficace » se rengorgeait-elle hier, confession faite au Figaro. Tout est dit, ou presque s’agissant de son gain personnel. Marine le pen au centre, ou barycentre du débat pour toute la presse

La faute à qui ? aux autres affirme l’Opinion: « François Hollande qui veut faire de Marine le Pen un épouvantail, Nicolas Sarkozy un tremplin ». Mais le Figaro relève que la stratégie adoptée ces dernières heures par le président du parti les Républicains n’est pas forcément bien comprise dans son propre camp. En s’alliant objectivement avec Jean Christophe Cambadélis, le patron du ps dont il avait oublié le nom il y a quelques mois, pour s’élever contre le traitement médiatique réservé à Marine le Pen auprès du CSA, Nicolas Sarkozy redonne du crédit à l’accusation « d’UMPS » chère au FN, et contribue à redonner à Marine le pen le rôle de victime. « Ses adversaires auront bon ironiser sur sa peur du débat, relève l’éditorialiste Guillaume Tabard, l’argument aura du mal à prendre car ce n’est pas le défaut qui lui est généralement imputé »…

Et pourtant, la peur de plonger les mains dans le cambouis régional est peut être à l’origine de la défection de Marine le Pen. C’est la Voix du Nord qui pointe cet élément. « En refusant le débat avec ses concurrents régionaux hier, Xavier Bertrand et Pierre de Saintignon, elle a esquivé ce qu’elle aime le moins, écrit Hervé Favre, son programme régional ». « les accusations de dérobade pourraient d’ailleurs poursuivre la candidate si, comme le laisse entendre son entourage dit le journaliste, elle pratique aussi la politique de la chaise vide mardi à Lille. Mardi à Lille où est prévu un nouveau débat à 3. Ira, ira pas ? nouveau feuilleton en vue

10 ans après la mort de Zyed et Bouna à Clichy sous bois, et des émeutes qui ont embrasé les quartiers, retour sur le drame dans la presse ce matin

En famille aussi en quelque sorte, au plus près de ceux qui ont vécu le drame. Témoignages dans l’Obs, sous le titre « Je me souviens de Clichy sous bois », avec pour chacun, c’est cela qui est intéressant, des enseignements contradictoires sur les 10 années écoulées.

Adel benna, le frère de Zyed : « Il touille son café à n’en plus finir, gratte et regratte les bords de sa tasse, dans sa tête aussi il remue le drame ». Ce qu’adel Benna raconte, c’est l’immense déception. Au moment du drame, il se retrouve à sillonner les rues avec ses parents pour appeler au calme. « on protégeait la France » croit il alors. Les familles se lancent dans 10 ans de lutte judiciaire pour prouver que leurs enfants ne sont pas morts pour rien, qu’il s’agissait « d’un ou deux policiers, mais pas d’un pays ». Mais au printemps dernier, coup fatal. Les policiers poursuivis sont relaxés. « La France est devenue un cauchemar dit Adel, l’islamophobie et le racisme ne font qu’enfler. Adel et sa femme ont décidé que c’était fini, ils quittent la France »

Le médiateur Yazid Kherfi, qui a assisté aux émeutes: « qu’il n’y ait pas eu de heurts majeurs depuis 10 ans m’inquiète. Les jeunes sont de plus en plus nombreux à fuir dans des mondes parallèles, bizness, djihad…les émeutes étaient affirme t il, un signe d’espoir. Elles témoignaient d’un besoin d’être entendu par la société »

Et maintenant ? l’ex footballeur Lilian Thuram retient le verre à moitié vide ou à moitié plein : « une poignée d’opportunistes, pseudos intellectuels accuse thuram, attise le racisme chez des gens apeurés dans un contexte social violent. La réalité est tout autre : au quotidien dit il, nous nous mélangeons en fondant des familles

Pour finir, le témoignage de Xavier Lemoine, le très droitier maire de Monterfermeil, qui à l’époque se répandait sur les plateaux télé pour dénoncer la peur des « français de souche », les musulmans qui versaient dans le radicalisme. Curieusement, aujourd’hui, c'est lui le plus optimiste. Après un vaste programme de rénovation urbaine dans sa ville, il dit que le repli communautaire s’est estompé dans sa ville, et parlerait des heures parait il de la « fête des cultures » où on se réapproprie ses origines à Montfermeil. Un vrai revirement

On termine par un père de famille, pour le moins iconoclaste. Le Point a rencontré le papa des Trois Brigands, bande dessinée puis dessin animé culte pour les enfants. Portrait à lire rien que pour l’attaque du papier : je vous la livre :« L’autre jour à la terrasse d’un café parisien, il a hélé une mère assise avec son nouveau né. « Qu’il est beau votre bébé ! » remerciements de la maman « vous me le vendez ? a-t-il ajouté sans sourire, c’est pour un barbecue ». Tête consternée de la jeune femme, colère du père et fou rire de Tomi Ungerer…Tout le monde n’a pas la chance d’avoir Louis Chédid pour père…

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.