Elle est née à Grenoble en 1986. Elle est anthropologue, experte reconnue des peuples du Grand Nord. Blonde, 1 mètre 80, elle s’appelle Nsatassja Martin et vient de publier un livre, « Croire aux fauves », dans lequel elle raconte son métier, sa vie et sa renaissance après une rencontre qui aurait pu lui être fatale...

Ours (image générique)
Ours (image générique) © Getty / skaman306

C’était le 25 août 2015, sur les hauteurs du Kamtchatka, péninsule aux 200 volcans à l’extrême est de la Russie. Une expédition avec deux camarades au milieu de glaciers recouverts de cendres. A un moment donné, elle quitte ses compagnons. Besoin de marcher seule. Et là, elle tombe nez à nez avec… un ours. Ou, plus précisément, ils se rentrent dedans. Elle ne l’a pas vu venir, il ne l’a pas sentie. C’est dans Télérama que la jeune anthropologue raconte la scène. Elle se montre incapable de décrire avec précision l’animal.

De cet affrontement, ne restent que des flashs

Instinctivement, elle lève les bras, tandis qu’il se dresse sur ses pattes… Nastassja Martin se rappelle son haleine chargée, puis ses os qui craquent quand les dents de l’ours se referment sur sa face… Ensuite, il mord sa jambe, elle le frappe avec son piolet et la bête s’enfuit, en la laissant la jambe, les mains en sang et le visage déchiré. 

Mais si spectaculaire que soit la confrontation, il est essentiel, pour moi, de la dédramatiser. Parce que j’ai survécu, et que ce qu’il m’importe, c’est de donner un accès intime à cette rencontre avec un autre monde, de la partager avec les lecteurs. Revenir de cela implique une métamorphose physique, une métamorphose intérieure et une métamorphose du regard qu’on porte sur les choses.

Et c’est ce cheminement qu’elle relate dans son livre. La Grenobloise cherche un sens à ce qui s’est passé. Qu’est-ce qui l’a amenée dans la gueule d’un ours ? Et lui, que faisait-il là, sur un plateau glacier ? Ceci fait un peu peur. On n’aimerait pas, nous, croiser la route d’un ours.

On croise d’ailleurs plein d’autres animaux dans la presse. 

  • Des abeilles dans Les dernières nouvelles d'Alsace. Une histoire de règlement de compte. Un apiculteur devant le tribunal, accusé d’avoir détruit 73 ruches d’un concurrent dont il jugeait les installations illégales. 
  • Des sangliers dans Ouest France. Ils prolifèrent en campagne et provoquent de nombreux dégâts dans les cultures.
  • Des poules dans Centre Presse. Un poulailler collectif a été installé en plein centre-ville de Millau.
  • Des chenilles urticantes dans Paris Normandie. On leur "déclare la guerre".
  • Des chiens dans Le Petit Bleu. Cette fois, c'est la guerre contre les déjections dans les rues d'Agen. 
  • Des punaises de lit dans Le Monde 

Des insectes buveurs de sang, aux six coins de l'Hexagone, notamment dans les cités universitaires

L’affaire est prise très au sérieux, on désinfecte çà et là, en relogeant les locataires, sachant que ce petit animal peut faire de la vie un enfer. C’est ce que raconte Dylan, étudiant en histoire à Lille. Des punaises de lit dans sa chambre... C’était en 2018. Le CROUS lui a d'abord remplacé son matelas et le weekend, quand il retournait chez sa famille, il devait mettre un rituel en place afin de protéger ses proches. 

Avant même de rentrer dans la maison, je mettais toutes mes affaires dans un sac plastique, je sortais mon ordinateur et j’isolais le tout… Pendant une année, j’ai dû me dévêtir avant de franchir le seuil de la porte pour ne pas ravager les miens Psychologiquement, c’est très dur de se dire que l’on peut contaminer les autres. 

Confirmation d’un docteur parasitologue :

Savoir qu’un insecte va vous piquer, vous boire, lorsque vous allez vous endormir, ça empêche de se reposer et peut même entraîner, chez les personnes les plus fragiles, un état de stress post-traumatique.

Parfois, même bien après que le problème a été réglé, ces personnes se réveillent en pleine nuit persuadées que le cauchemar se poursuit. Ceci fait un peu peur. On n’aimerait pas, nous, croiser des punaises de lit.  

Des cochons non plus. Pas la nuit, en tout cas. Les cochons, c’est dans les colonnes de L’Opinion qu’il en est question. Sujet économique, assez flippant, en l’occurrence.

"La fièvre porcine en Asie promet une crise mondiale"

Depuis l’été 2018, à cause de l’épizootie qui oblige à tuer des bêtes, la Chine fait face à la pénurie inédite. Dès lors, elle doit importer de plus en plus, et tout cela pourrait déséquilibrer durablement le marché mondial. Inquiétude d'un expert français de la filière porcine.

Nous sommes à la veille d’une crise internationale sans précédent.

Sachant qu’en Chine, l’une des premières conséquences, c’est le retour en grâce du lapin… et du chien. Le chien, je n’ai jamais goûté. Enfin, je ne crois pas. 

D’autres actus internationales en Une des journaux. Dans La Croix, ce sont les fractures de l’Amérique latine et, dans L’Humanité, l’avenir de la Syrie. Le cessez-le-feu a expiré, et le président turc a rencontré son homologue russe… Mais, ainsi que l’explique ce matin Libération, les Kurdes syriens continuent de fuir vers l’Irak. Sur place, on craint que des membres de Daech ne se trouvent parmi eux. Des djihadistes du groupe Etat Islamique. Ceci fait un peu peur. Nous, on n’aimerait pas croiser des djihadistes du groupe Etat Islamique. Encore plus dangereux que les ours. 

Enfin, c’est mercredi, le jour des sorties cinéma. Et la presse nous parle avant tout de deux films, qui tous les deux dénoncent une forme d'injustice sociale

"Sorry, We Missed You" de Ken Loach

A Newcastle, un ancien ouvrier licencié du bâtiment se recycle en chauffeur-livreur auto-entrepreneur, devenant l’esclave de son pistolet à scanner les colis, pistolet « qui le flique » précise le critique du Canard enchaîné. Dans le même temps, la femme du héros, aide à domicile, s’épuise en s’occupant de patients acariâtres. 

Certes, Ken Loach fait du Ken Loach… mais avec quelle réussite !

Un film qui dénonce donc "l’ubérisation" du monde du travail. Autrement dit, les ravages de l’ultra-libéralisme. Même enthousiasme chez Thierry Gandillot des Echos.

Un film percutant, nécessaire, douloureux, qui vous happe sur le champ et vous relâche, effondré et révolté, cent minutes plus tard.

Pour Le Figaro, ce Sorry, We Missed You est "d’une sobriété efficace". Pour Les Inrockuptibles, il s’agit d’une "chronique généreuse qui touche juste"… "Une fiction poignante et ultra-réaliste ", nous dit L’Humanité

L’autre film, dont toute la presse se fait l’écho, c’est un film français.

"Hors norme" d’Eric Toledano et Olivier Nakache

L'histoire de deux hommes, Bruno et Malik, qui dirigent chacun une association venant en aide aux enfants et adolescents autistes atteints de symptômes lourds. Le premier, qui est juif, les accueille. Le second, qui est musulman, organise des activités et forme des jeunes issus de quartiers difficiles pour les encadrer. Là, on dira que les critiques sont plus partagées. Critique sévère dans Les Inrockuptibles.

C'est un film qui ne sert que l’intérêt de ses têtes d’affiche – Vincent Cassel et Reda Kateb – et qui donne le sentiment d’être passé du côté obscur de la force, celle qui consiste à instrumentaliser un handicap comme faire-valoir invisible d’acteurs surpuissants, déroulant leurs numéros pétris de discours moraux, de préférence en hurlant. 

Sévère, disions-nous. Mais ailleurs, on ne trouve quasiment que des compliments. Le Figaro évoque "un film qui s’empare avec justesse du thème de l’autisme". Les Echos parlent d’une "comédie audacieuse" et, pour Le Parisien, c’est même un film "coup de poing", "une claque" sur un sujet ultrasensible, "long-métrage lumineux et drôle, qui montre l’autisme comme on ne l’avait encore jamais vu au cinéma". Le quotidien en fait même son dossier de Une. Intéressant dossier, qui détaille la situation des familles confrontées à ce handicap. Des familles souvent bien seules face au défaut de prise en charge de l’autisme en France. Notre pays aurait des décennies de retard, et beaucoup sont contraints de se rendre en Belgique pour trouver les structures adaptées.

Le titre en Une du quotidien : "Autisme, le film qui brise le tabou . Il ne faut jamais avoir peur de briser les tabous.

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