Grosses turbulences dans le secteur aérien... L'enquête que publie Le Figaro ce matin est assassine pour les aiguilleurs du ciel et effrayante pour les passagers. Les contrôleurs aériens travaillent quasiment à mi-temps, dans la plus parfaite illégalité. On va entrer dans les détails. D'abord, un exemple de catastrophe, liée aux sous-effectifs, évitée de justesse... Un pilote Air France s'apprête à atterrir à Paris. Mais tout près de lui, un Airbus de la Kenyan Airlines est en difficulté : le système anti-collision ne marche pas. Le pilote a dû gérer tout seul. "Nous avons plongé à 4.000 pieds par minute". A cette vitesse, l'avion est à une minute de l'impact au sol. "J'ai entendu l'Airbus me passer juste au-dessus". Une fois posé, il pensait avoir évité le pire, mais deuxième incident... "Le contrôle me donne l'autorisation de traverser la piste. Mais j'aperçois en visu un avion au décollage. Je me suis arrêté net. En quelques minutes, j'ai vécu deux risques d'accident majeur". Alors que se passe-t-il ? Eh bien, selon Le Figaro, les aiguilleurs sont en autogestion. Le système est baptisé "clairance". Il organise le temps de travail et la rotation de l'effectif. Un cahier circule, où tout est consigné. Un syndicaliste donne les chiffres : "Les contrôleurs aériens sont censés assurer 24 heures par semaine, 160 jours de travail par an. Dans les faits, c'est souvent 12 heures par semaine, 80 jours par an". Les syndicats reconnaissent à demi-mot ce système de RTT occulte. Mais ils se défendent : "Nous sommes le seul prestataire qui n'a aucun délai pour cause de sous-effectifs". C'est exact. Mais il y a une explication, donnée par un pilote : "Les contrôleurs peuvent demander en amont à l'organisme qui gère le trafic au niveau européen une baisse de capacité d'un aéroport : moins de créneaux de décollage. Donc, on ne voit pas les sous-effectifs". Conclusion du journaliste Fabrice Amedeo : "La clairance sera donc toujours très difficile à démontrer. Tant qu'il n'y aura pas d'accident majeur, la pratique risque de perdurer". Turbulences dans la tour de contrôle... Turbulences chez Air France aussi... La compagnie, comme tout le monde, connaît la crise. C'est même la récession la plus sévère qu'elle ait connue depuis une vingtaine d'années. Interview du directeur général, Pierre-Henri Gourgeon, dans Les Echos. Il annonce la suppression de 4500 postes d'ici à 2012. Départs naturels, départs volontaires et mesures de mobilité. L'application pourrait commencer cet automne. "Je ne souhaite pas procéder à des licenciements collectifs", dit le patron d'Air France. Comment sortir de la jungle... La politique d'immigration en question... "L'opération de police hier, à Calais, fournit aux autorités françaises l'occasion de montrer la fermeté de leur politique. Elles ont à répondre aussi, devant les populations locales, des problèmes d'insécurité ou d'insalubrité. L'opération permet aussi aux associations humanitaires de rappeler l'indignité du sort fait aux migrants, et aux militants altermondialistes de plaider pour un monde sans frontières. Chacun dans son rôle, avec les médias pour témoins. Une chose est sûre : ça ne règlera pas la situation. Ca déplacera le problème, c'est tout". Voilà l'éditorial modéré de Dominique Quinio, dans La Croix. Il y en a de beaucoup plus incendiaires. La photo à la Une de L'Humanité, par exemple : un clandestin, les yeux rouges, en larmes, et cette légende : "Calais, 7h35 : beau travail, M. Besson". La presse est quasi unanime pour dire que ce qui s'est passé hier ne sert à rien. C'est de l'esbrouffe, comme l'évacuation de Sangatte par Nicolas Sarkozy il y a sept ans. Mais, au-delà de ce constat, que peut-on faire ? Et, autre façon de dire la même chose : que fait l'Europe ? Car, là aussi, quasi-unanimité : c'est au niveau européen que la politique doit être définie. "L'afflux de sans-papiers dans la jungle de Calais, mais aussi à Lampedusa, Gibraltar ou ailleurs, appelle un plan européen d'envergure", écrit Fabrice Rousselot dans Libération. "Le seul renforcement des frontières extérieures, préconisé par Eric Besson, ne résoudra rien. Il faut que les nations du Vieux Continent adoptent des positions communes sur les flux migratoires, qu'elles négocient des accords d'entraide avec les pays d'origine, régulent les entrées sur leur territoire et adoptent un système d'asile. C'est à ce seul prix que l'on pourra peut-être mettre fin à d'indignes 'opérations de nettoyage'". Sur le site MédiaPart.fr, vous trouverez un article, qui date du mois de juin mais qui est toujours d'actualité, sur "les exilés afghans dans le dédale de l'Europe". Que fait l'Europe ? Mais aussi que fait l'Amérique ?... En cette semaine diplomatique très lourde, entre l'Assemblée générale de l'ONU et le G20, la politique étrangère d'Obama est passée au crible. On va y revenir. Mais avant cela, petite parenthèse sur le thème : "pas facile, la vie de Président américain"... Figurez-vous que, pendant ses huit ans à la Maison Blanche, Bill Clinton a enregistré des cassettes secrètes. Ce sont des entretiens avec un historien. Taylor Branch en a fait un livre, qui sortira la semaine prochaine aux Etats-Unis, livre à partir des notes qu'il a prises, car Clinton a gardé les cassettes dans son tiroir. Quelques extraits ont déjà fuité dans la presse américaine. Le Figaro les a relevés. La petite histoire, plutôt que la grande. Un seul exemple... Rencontre Clinton-Eltsine à Washington, en 1995. Ca se termine la nuit avec Boris Eltsine bourré, en caleçon, dans les rues de la ville, à la recherche d'une pizza. Le lendemain soir, nouvelle cuite. Les services secrets l'arrêtent dans le souterrain entre la Maison Blanche et Blair House (la résidence des hôtes officiels). Il a fallu l'intervention des services de sécurité russes pour que Eltsine ne termine pas au poste. Le Président américain, c'est aujourd'hui Barack Obama. Et après les difficultés en politique intérieure cet été, le "Yes we can" prend un coup dans l'aile sur le front de la diplomatie. Un ex-conseiller de Clinton, justement, Robert Malley, analyse sa politique au Proche-Orient, dans Libération. "Il a placé la barre trop haut. Sa volonté est très nette de tourner la page Bush : main tendue à l'Iran, fermeté sur les colonies, négociations avec la Syrie... Mais cette politique se heurte aux réalités. Son discours est différent mais les résultats, eux, ne le sont pas". Obama naïf, mais peut-être aussi de mauvaise volonté. "Est-il prêt à affronter les banquiers ?", se demande le Prix Nobel d'Economie Paul Krugman, dans L'Humanité. Les Echos relève qu'hier, lors des discussions sur le climat à l'ONU, le Président américain n'a rien annoncé de nouveau. Obama ne devra pas se manquer aujourd'hui, lors de son discours devant l'Assemblée générale de l'ONU. D'autres informations glanées dans la presse, Bruno... Laurent Wauquiez se félicite, dans La Tribune, du dispositif de chômage partiel mis en place depuis le début de la crise. Selon le secrétaire d'Etat à l'Emploi, il va permettre de sauver 70.000 emplois cette année. Il souhaite que le dispositif soit maintenu en 2010. Le président de Lyon Jean-Michel Aulas a-t-il fait pression sur l'arbitre dimanche soir, lors du match contre le PSG ? Le Parisien-Aujourd'hui raconte qu'il est allé lui parler à la mi-temps du match. Lyon était mené "1-0". Il a égalisé en deuxième mi-temps, sur une erreur d'arbitrage. "Procès d'intention", répond le bras-droit de Jean-Michel Aulas. Après le soupçon de combine, le foot comme émotion collective... Lundi dernier, on rendait hommage à Bobby Robson, l'une des plus grandes figures du football anglais, mort cet été. Didier Braun raconte, dans L'Equipe. C'était dans l'église de Durham. 1.000 invités à l'intérieur, 2.000 personnes sur le parvis. Silence de cathédrale dans le stade de Saint-James Park, à Newcastle, où la cérémonie était projetée sur écrans géants. Des pages entières dans la presse, et des photos. Le bon vieux Paul Gascoigne, incarnation du foot anglais, aussi redoutable naguère devant les buts que derrière le zinc... le bon vieux Paul Gascoigne était en larmes. "Le football anglais a de la mémoire, conclut Didier Braun. Le nôtre en a peu. Ca fait une sacrée différence, y compris les jours de match". Et puis Dominique de Villepin encore à la Une... A la Une du Canard Enchaîné, sous la mine de crayon de Pétillon. Villepin marche à côté de son avocat : "Mais pourquoi Sarkozy me déteste-t-il autant que je le déteste ?" Le procès Clearstream, et tout le sang qui va couler, c'est un bifteck rêvé pour la presse satirique. "Règlement de comptes" à OK Charal", titre Le Canard. Et Dominique de Villepin est aussi à la Une du magazine branché L'Optimum. On ne sait pas si ça cadre bien avec la séquence "je suis une victime", en ce moment, au procès Clearstream. Il est élu "homme politique le plus stylé", selon un sondage commandé par L'Optimum. Les photos de l'ancien Premier ministre ont-elles été retouchées ? Rue89 et Libération se font l'écho de la proposition de loi de la députée UMP Valérie Boyer. Elle voudrait que, lorsqu'une photo retouchée est publiée dans la presse, ce soit mentionné. Car si Sharon Stone a un corps de rêve à 50 ans, comme cet été en couverture de Paris-Match, c'est aussi grâce à Photoshop. "Ces images peuvent conduire des personnes à croire à des réalités qui n'existent pas", commente Valérie Boyer. "Il faut mettre fin aux représentations stéréotypées de la femme. La photo est un maillon dans la chaîne qui mène aux troubles du comportement alimentaire". L'article de Libé est titré "Mais que fait la peau lisse ?"... Par moments, le remodelage se fait même par KO. Alain Rémond, le chroniqueur de La Croix, a bien regardé la dernière pub de Sephora pour une crème remodelante visage. "Effet tenseur : 64%. Effet fermeté : 76%. Effet tonique : 70. Et tout cela, seulement une heure après application. Le secret, c'est l'effet gant de boxe. C'est le visuel qui illustre la pub : un gros gant de boxe rose. Conclusion : les rides disparaissent, mais le visage aussi, vu qu'on l'a en bouillie. Faut savoir ce qu'on veut". Bonne journée...

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