(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : des hommes au cœur de la tourmente.

Tourmente historique, d’abord. "Et si la Palestine devenait un Etat..."

Question à la Une de Libération . C'est aujourd'hui que Mahmoud Abbas doit demander officiellement la reconnaissance d'un Etat palestinien au conseil de sécurité de l'ONU.

Parmi les nombreux articles consacrés au sujet, on retiendra l'éditorial de Ouest France , signé Laurent Marchand et qui résume assez bien le sentiment général dans la presse.

Cela commence par une citation du poète palestinien Mahmoud Darwich : "Je suis l'enfant des mots simples et le martyr de la cartographie".

« Les mots simples, écrit Laurent Marchand, c'est la légitime revendication d'un peuple à disposer de lui-même (…) c'est la conséquence logique du printemps des peuples arabes et c'est la réalisation d'une promesse faite par les puissances internationales »

Mais comme toujours au Proche-Orient, rien n'est simple.

Et Laurent Marchand reprend dans Ouest France

« Comment donner tort à ceux qui considèrent qu'une reconnaissance de l'Etat palestinien sans accord de paix préalable ferait de Gaza (contrôlée par le Hamas) une base militaire ennemie aux portes de Tel-Aviv. »

Pour autant, l'éditorialiste refuse de renvoyer les deux parties dos à dos : "Le baroud d'honneur de Mahmoud Abbas a le mérite de mener l'assemblée onusienne à remettre le nez sur une injustice"

Parmi les risques, celui d'enflammer à nouveau cette région. "Etat palestinien, la quête d'un compromis", titre La Croix .

Ce compromis, Nicolas Sarkozy l'a dessiné en proposant à la Palestine le statut intermédiaire d'Etat observateur à l'ONU.

"Sarkozy, l'israélo-palestinien". Dans Le Monde , Nathalie Nougayrède explique la ligne du président français sur ce dossier. A son arrivée à l'Elysée en 2007, un objectif : rééquilibrer la politique héritée de Jacques Chirac, pro-arabe. Le chef de l'Etat s'est présenté en ami d'Israël, il est devenu le président de la Vème République le plus populaire dans l'Etat hébreu.

Il veut aujourd'hui préserver le lien spécial avec Israël - dans un contexte électoral français où cela peut peser - sans entamer le crédit qu'il juge avoir gagné auprès des opinions arabes avec la guerre de Libye.

Le chef de l'Etat une nouvelle fois très présent dans la presse.

Tourmente judiciaire...

"Affaire Karachi, l'Elysée dénonce une manipulation". C'est la manchette du Figaro . L’Elysée a publié un communiqué hier pour nier tout lien entre le chef de l'Etat et le financement de la campagne d'Edouard Balladur en 1995.

Ce communiqué est jugé "curieux" par Le Parisien-Aujourd'hui-en-France .

L'Elysée affirme "maladroitement", écrit le journal, que le nom du chef de l'Etat n'apparait dans aucun des éléments du dossier. La présidence aurait-elle eu accès au dossier ?

En plus, selon Mediapart entre autres, le nom du président apparait bien dans deux documents entre les mains de la police française et de la police luxembourgeoise. Il aurait validé la création de la société Heine, par laquelle transitaient les commissions occultes.

Mediapart ajoute que "plusieurs témoins entendus par la police et les juges ont évoqué le rôle crucial du ministre du Budget (de l'époque) dans la validation des plans de financement des marchés d'armement"

Et Mediapart en rajoute une couche : selon Fabrice Arfi et Karl Laske, la justice est également sur les traces de Jean-François Copé, qui apparait dans la comptabilité de Ziad Takieddine.

Dossier Karachi instruit à Paris, dossier Bettencourt examiné à Bordeaux. Dans ce contexte, la nomination du procureur général de Bordeaux n'est pas une mince affaire. Nicolas Sarkozy pousse une candidate, selon Le Monde : Martine Valdès-Boulouque, aujourd'hui en poste à Grenoble, proche de Rachida Dati.

Le ministre de la Justice, Michel Mercier a demandé l'avis du Conseil supérieur de la magistrature sur cette nomination. Il craint fort un avis défavorable, écrit Franck Johannès, et encore plus de devoir passer outre (sous entendu, sous pression de l'Elysée).

La politique en bref dans la presse…

Le moment Montebourg dans la primaire socialiste. A la Une de Politis , de Challenges , qui conteste sont projet de démondialisation, et mis en valeur par Marianne à paraître demain. Pour l'hebdomadaire, les socialistes ne se sont pas à la hauteur de la crise, seul Montebourg surprend et bouscule.

Au fait combien coutera cette primaire ? Beaucoup plus cher que prévu selon Le Parisien . Budget de départ 1 million et demi d'Euros mais il dépassera les 3 millions 2.

Chers notamment les stylos magiques équipés chacun d'une minuscule caméra et avec lesquels on signera les procès verbaux dans les bureaux de vote. Les stylos devront être attachés aux tables de vote. Après signature reposez le stylo sur sa base qui transmet les résultats par réseau sécurisé. Coût de ces joujoux anti-fraude : 300.000 Euros.

Tourmente médiatique dans Libération

C'est peu dire que les salariés de "France 24" ont été pris dans la tourmente de la bataille de pouvoir entre Alain de Pouzilhac et Christine Ockrent. Bataille jusqu'à l'espionnage.

La version admise jusque là, c'était que Candice Marchal, une proche de Christine Ockrent, avait espionné les serveurs informatiques du groupe pour récupérer des informations confidentielles.

Nanti des éléments de l'enquête, c'est une toute autre histoire que raconte ce matin Libération .

Ce n'est pas madame Marchal qui s'est introduite dans les serveurs, ce sont les serveurs qui ont été placés dans son ordinateur par un des informaticiens du groupe.

Manipulation « hasardeuse », a conclu la police. « Difficile à croire, écrivent Isabelle Roberts et Raphaël Garrigos, l'opération ne se fait pas en un claquement de doigt. »

Depuis Candice Marchal a été virée, Christine Ockrent a démissionné.

L'avocat de Christine Ockrent dénonce une manipulation pour l'évincer d'autant que l'encadrement de France 24 était au courant de la véritable version de l'histoire.

Tourmente médiatique... La vie, et peut-être la mort, des journaux.

Côté vie, Le Monde renouvelle très largement son offre de fin de semaine : en particulier nouveau magazine en vente avec le quotidien à partir du vendredi après-midi. A la Une cette examine « La vie rêvée d'Arnaud Lagardère », grand patron atypique, comme il se présente. Dans ce dossier, accessoirement, on apprend qu’il a l'intention de se marier avec sa chère Jade.

Son histoire, racontée par Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, c'est celle d'un héritier qui ne voulait pas vraiment présider le groupe Lagardère. Mais son père Jean-Luc, sans lui en parler directement, ne lui en a jamais laissé le choix, par besoin viscéral d'un héritier.

Un matin de mars 2003, quand le maître d'hôtel de Jean-Luc l'a trouvé mort au pied de son lit, sur la table de chevet, il y avait un livre de Bossuet : les « Lettres sur l'éducation du Dauphin »

La mort peut-être pour Témoignage chrétien . La Une de l'hebdomadaire est très directe cette semaine : « Sans vous Témoignage chrétien va disparaître ». Sans soutien financier, l'hebdomadaire risque de disparaitre d'ici à quelques semaines.

Dans l'édition en kiosque depuis hier, on trouve une histoire, (également dans Le Nouvel Observateur ) et qui résonne en ce jour où le conflit israélo-palestinien est à la tribune de l'ONU.

C'est un épisode méconnu de l'histoire de la France sous l'Occupation. Des juifs ont trouvé refuge à la mosquée de Paris. Ce sera l'objet d'un film à la fin du mois. Il est inspiré de faits réels et c'est Benjamin Stora qui a été le conseiller historique pour ce film.

Ce n'est pas un phénomène de masse, explique-t-il mais le recteur de la mosquée a protégé des juifs séfarades qu'il a fait passer pour des "Mahométans", comme on disait alors.

Le film s'appelle "Les hommes Libres", signé Ismaël Ferroucki, il sortira le 28 septembre. La tourmente rapproche parfois les hommes qu’elle emporte…

Bon week-end !

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