Quand on ne supporte pas les endroits confinés, on parle de claustrophobie.

Quand on ne supporte pas les espaces publics et la foule, on parle d’agoraphobie. Quand on a peur du noir, c’est la nyctophobie. La peur des araignées, c’est l’arachnophobie. La peur d’aller chez le dentiste : c’est la dentophobie… Mais il existe aussi des peurs nettement plus insolites ! La peur du célibat : c’est l’anuptaphobie. La peur des personnes chauves : c’est l’alopophie. La peur du ridicule : c’est la katagélophobie. Quant à la coulrophobie – autre mot bien barbare – savez-vous ce qu’elle désigne ? C’est la peur des clowns. Et ces dernières semaines, elle semble avoir contaminé pas mal de monde à travers l’Hexagone…

C’est, du moins, ce qui ressort de l’article qu’Elsa Mari signe dans LE PARISIEN… « Les clowns ne font plus rire », et même, donc, ils font peur, depuis qu’a commencé la promotion d’un film d’horreur tiré d’un roman de Stephen King. Le titre du roman, c’est « Ça ». Même titre pour le film. Il est sorti en salle mercredi dernier, et c’est l’histoire d’un clown qui s’est transformé en un être malfaisant… Les yeux rouges haineux et les cheveux hirsutes, il poursuit une bande d’adolescents américains… Le film est interdit aux jeunes de moins de douze ans, mais on voit les affiches çà et là dans les rues, et la bande annonce est accessible sur internet.

Et le résultat, c’est donc une recrudescence des cas de coulrophobie. A tel point que les équipes de l’association Les Nez rouges ont aujourd’hui de plus en plus en mal à travailler. Cette association intervient auprès des enfants malades dans les hôpitaux… Et, depuis toujours, c’est grimés et déguisés en clowns que ses bénévoles se présentent dans les chambres. Or là, ces derniers temps, les enfants ne s’esclaffent quand ils les voient débarquer…

Témoignage du père d’une petite de 7 ans, victime d’une fracture de la cheville… Lorsqu’un homme avec un nez rouge est entré dans sa chambre, de suite, elle s’est mise à pleurer, elle avait peur, inconsolable. Et son père a donc demandé au clown d’aller changer de costume. C’est aussi ce qu’ont décidé de faire d’autres bénévoles de l’association Les nez Rouges.

Autre peur dans le même journal : cette fois, c’est la gymnophobie. Vous savez ce qu’elle désigne ? C’est la peur de la nudité, et là encore, il est question d’un film de cinéma. Le film Nos Années Folles, d’André Téchiné. L’histoire d’un déserteur français durant la Première guerre mondiale. Pour éviter d’aller au front, il se fait passer pour une femme avec l’aide de son épouse et, sur l’affiche, les deux acteurs apparaissent enlacés, enlacés et tout nus… On voit ses fesses à elle, et de lui, on voit surtout le visage maquillés – du rouge sur les lèvres et du vernis aux ongles… Affiche élégante, assez sobre… Mais beaucoup trop osée de l’avis d’une association catholique de parents d’élèves de l’école Notre-Dame de Senlis dans l’Oise. Le cinéma de la ville est situé à côté de l’école, et pour l’association, cette affiche risquait d’heurter la sensibilité des gosses… D’après la gérante de la salle, ce qui posait problème aux parents, c’était non seulement les fesses de la comédienne mais aussi, et surtout, le travestissement du comédien. Et, bien sûr, elle a refusé de retirer l’affiche. Mais, sous la pression de l’association catholique, le conseil d’administration du cinéma a finalement cédé… Cachez cette affiche, cachez ces lèvres rouges… On appelle ça de la censure.

La xénophobie fait aussi parler d’elle dans les journaux ce matin. Avec le scrutin qui aura lieu demain en Allemagne. Angela Merkel, la chancelière allemande s'apprête à décrocher un quatrième mandat ce weekend, et le PARISIEN revient sur son itinéraire... « Comment la petite Angela est devenue la grande Merkel »... Des témoignages qui dessinent le portrait d'une femme politique résolument hors norme... « Angela Merkel, l’insondable » : ça, c’est le titre du papier de Thomas Wieder dans LE MONDE – là aussi, le portrait d’une femme qui échappe à tous les critères habituels. Sachant que le principal intérêt de l’élection – puisque donc, ce n’est pas le résultat final – ce sera le résultat de l’AfD, le parti d’extrême-droite, qui pourrait bien capter une bonne part du vote anti-Merkel. Un parti populiste et ouvertement xénophobe.

« Si l’AfD atteint 14% des voix, ce sera un tournant dans le système allemand », analyse le chercheur Patrick Moreau dans LIBERATION, précisant que le racisme n’est pas plus fort en Allemagne qu’ailleurs en Europe, mais qu’il y a toujours eu à l’Est, et ce, même avant la réunification, un fort rejet des étrangers…

Lire également sur le sujet l’excellent numéro du UN – le Un, de toute façon, c’est toujours excellent… « Ces blancs qui se croient supérieurs », c’est le titre du dossier… Peurs blanches et terreur noire… Depuis 2001, l’extrême-droite violente a causé plus d’une centaine de morts aux Etats-Unis, principalement au sein de la population noire… Un chiffre comparable à celui du terrorisme islamiste… Mais si l’Amérique de Trump s’affirme aujourd’hui comme le porte-étendard du white power, elle n’est pas la seule à être touchée par la fièvre blanche… Du Brésil à la Martinique, en passant par les stades de foot européens, LE UN nous propose un voyage au cœur de la galaxie suprémaciste…

Cela dit, c’est un autre sujet qui fait la Une ce matin. Et même une autre peur : l’ordonnanssophobie… Et il s’agit donc de la manifestation qu'organise ce samedi Jean-Luc Mélenchon. Une manifestation pour dénoncer, ce qu'il appelle « le coup d'Etat social » du président de la République – autrement dit, les ordonnances réformant le code du travail. Ordonnances signées hier par Emmanuel Macron, et publiées dès ce matin au Journal Officiel, avec une entrée en vigueur immédiate. Aujourd’hui, La France Insoumise espère bien rassembler près de 100.000 personnes dans les rues de Paris. Un défilé organisé entre Bastille et République... « Mélenchon convoque la rue », peut-on lire ainsi dans LE MONDE, lequel, dans un long reportage, nous emmène dans les coulisses de la fabrication desdites ordonnances. « Code du Travail... Emmanuel Macron signe... Jean-Luc Mélenchon réplique », peut-on lire dans SUD OUEST, tandis que deux journaux régionaux situés très à gauche semblent précisément se donner la réplique ce matin... Dans L'ECHO DE LA HAUTE-VIENNE : « Avec les ordonnances, le chef de l'Etat défie les salariés »... Et dans LA MARSEILLAISE : « La France Insoumise défie les ordonnances »... Ce qui fait dire à OUEST FRANCE que Mélenchon est devenu « l'opposant numéro 1 à Macron »...

Jean-Luc Mélenchon, qu'on retrouve également en photo à la Une de LIBERATION, mais, cette fois, l'angle d'attaque – ou, disons, l'angle du dossier - c'est le rapport qu'il entretient avec la presse et les journalistes. Rapport très compliqué... « Mélenchon : le média, c'est moi », titre le quotidien... « En guerre ouverte contre une partie des journaux, le leader de la France Insoumise va lancer sa propre télé. » Il y avait déjà son blog et sa chaîne YouTube. Bientôt, il y aura donc aussi une chaîne de télévision sur Internet...

Et la directrice de sa communication va fonder de son côté un autre média – là encore sur internet... Un site qui sera lancé au mois de janvier et qui s'appellera LE MEDIA.

Et pour terminer, une nouvelle joyeuse à la Une de la Provence : « Une famille en or dans le Pays d’Aix »… Une famille de quatorze personnes, qui joue 50 euros par semaine à l’EuroMillions dans une bar-tabac d’Aix, s’est partagée la coquette somme de 28 millions d’euros... Si l’on calcule bien, ça fait donc 2 millions d’euros par personnes. Il ne reste qu’à espérer qu’aucun membre de cette famille n’est atteint de chrométophobie… c’est la peur de l’argent. Mais je crois que c’est une pathologie assez rare…

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