A lire la presse ce matin, on se demande si les traders ne vont pas se retrouver à poil sur un calendrier ! Pour l'instant, c'est ce qui arrive aux salariés de Chaffoteaux et Maury, histoire devenue tristement banale d'une entreprise menacée par un plan de licenciements. Vous avez sans doute vu les images ce week-end. Ce matin, dans France-Soir, vous trouverez encore Bruno, petites lunettes, barbe de trois jours et presque rien d'autre sur lui. Il cache tout de même l'essentiel avec un carton d'emballage de son entreprise. Objectif pour les cHaffoteaux : faire parler d'eux et gagner quelques sous supplémentaires, Tout nu sur un calendrier... Les traders doivent-ils déjà réserver le photographe ? Manchette de La Tribune : "Les banquiers convoqués à Bercy et l'Elysée : Sarkozy demande des comptes sur les bonus". Le Parisien rappelle les chiffres pour la première banque française : 50 millions octroyés l'an derner, malgré la crise, et un milliard provisionnés entre janvier et juin de cette année. Les bonus, c'est 4 millions de dollars en six ans. Témoignage d'Andrew dans le Parisien. Les 4 millions, il les a glanés entre les Etats-Unis, Londres et Tokyo. Et il assume tout : "Oui, il a fait ce métier pour faire du fric, oui, son boss était un vrai con qui piquait des colères quand il le voyait lire des livres, oui, les collègues ont un peu profité de son argent pour faire la tournée des bars à filles". Mais aujourd'hui, à un peu plus de 40 ans, et après avoir travaillé seulement six ans, Andrew est déjà à la retraite dans un paradis de Méditerranée. Et si les garçons comme lui existent, c'est la faute des politiques. "Ce sont les politiques, dit Andrew, qui ont autorisé ce système financier complètement fou. A eux d'y mettre un terme et de le réguler". Alors que proposent les politiques en France ? On verra aujourd'hui et demain. Toujours dans Le Parisien, un expert donne sa réponse. Georges Ugeux, l'ancien vice-président de la Bourse de New-York. Et sa réponse, c'est "rien". "Les gouvernements font de la com', dit-il, pour rassurer les opinions publiques mais en vérité, ils sont impuissants". Complément dans Les Echos ; "Même l'Administration Obama a baissé le ton. Finie l'époque des grandes manifestations d'outrage sur les bonus de Wall-Street". Et même en Angleterre, les grands principes énoncés par Gordon Brown sont devenus de simples recommandations. Les banquiers avaient agité le spectre des départs en masse des traders vers d'autres places plus compréhensives. Et le gouvernement de Londres n'a pas les moyens de mettre le feu à La City. Conclusion de Gaétan de Capelle dans Le Figaro : "Le combat contre les bonus excessifs n'aura d'utilité que s'il est fermement relayé à Washington, Londres, Zurich ou Tokyo. Pour l'instant, on ne voit rien venir". Sur ce point, unanimité des journaux : le vrai rendez-vous, c'est le sommet du G20 à Pittsburg aux Etats-Unis le mois prochain. En convoquant les banquiers demain à l'Elysée, Nicolas Sarkozy fait sa rentrée après un été marqué par son malaise en plein jogging. "Depuis, il a levé le pied sur le sport, raconte Bruno Jeudy dans Le Figaro. Plus de jogging depuis le 28 juillet, seulement trois ou quatre sorties en vélo d'une heure". Dans Ouest-France, Michel Urvoy souligne que "ces trois semaines, et même plus, de repos et de silence, sont bien inhabituelles pour le président de la République". "Trois semaines, c'est même une éternité pour Nicolas Sarkozy, renchérit Olivier Picard dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace. Ce mois d'août 2009 a marqué une vraie rupture, selon lui, dans le roman du chef de l'Etat". La crise, les traders cloués au pilori et Sarkozy absent. Cela devrait faire le jeu de la gauche. Et de fait, il s'est passé quelque chose ce week-end. Photo de famille à la Une de Libération. La chemise rouge de Robert Hue... les converses de Daniel Cohn-Bendit... les petites ballerines de Marielle de Sarnez... C'est 'l'alliance qui dérange" pour Libé. C'est le socialiste Vincent Peillon, au milieu sur la photo, chemise blanche sortie du pantalon, qui a réussi l'exploit, ce week-end à Marseille : réunir des personnalités allant du centre au Parti communiste. Mathieu Ecoiffier raconte les 1.500 militants socialistes applaudissant, debouts, le discours "laguillesque" de Marielle de Sarnez sur le pouvoir actuel qui fait vivre les inégalités. Debout sur sa chaise, lui aussi, Laurent Joffrin, dans l'édito de Libé ; "Après l'union de la gauche, après la gauche plurielle, voici la grande alliance. C'est la seule orientation qui puisse rendre un début de crédibilité au camp du changement social. Les claniques du PS s'y opposeront, concentrés sur la vieille soupe qui mijote dans leur vieille casserole. Les Trissotins de l'extrême gauche préfèreront une chimérique radicalité à l'union pour des réformes ici et maintenant. Mais le peuple d'opposition y verra, lui, une première raison de croire". Je ne sais pas dans quelle case il faut ranger Patrick Apel-Müller, l'éditorialiste de L'Huma, mais cette grande alliance le laisse glacial. "C'est une stratégie suicidaire !Regardez en Italie, dit-il, la fusion avec les centristes a laissé un champ de ruines à gauche". Encore une photo de famille, celle-ci dans Le Figaro. Quand l'hélico des Obama atterrit sur leur lieu de vacances. "Les vacances trop chics du président Obama". Entre 30.000 et 50.000 dollarrs la semaine à la Villa du Héron Bleu, sur l'île de Martas Vineyard, au large de la côte-est. On y voit plus de stars d'Hollywood que de victimes des subprimes. Et la gauche américaine n'aime pas cette image : "Le peuple vous regarde" menace le professeur d'université John Hopkins, sur le site "Huffington Post". Une polémique de plus pour le président, déjà empétré dans sa réforme du système de santé. Dans Libération, l'écrivain Bernard Cohen dresse le constat : "Ca y est, l'Amérique n'aime plus autant Barack Obama." Pourquoi ? Eh bien parce que ce n'est pas le cow-boy Malboro. Il est le tout premier président à ne pas jouer les machos américains. Pas de santiags, pas de parties de chasse en hélicoptère comme Sarah Palin. Il y a quelques jours, l'Agence Associated Press lui conseillait d'aller dans le Far-West pour corriger cette image pas assez "roots". Conclusion de l'écrivain, qui reste manifestement un fan : "Barack est le dirigeant d'un pays qui ne le méritait pas". Et pour compliquer encore la tache d'Obama, l'élection présidentielle en Afghanistan sera certainement contestée. Quatre jours après le scrutin, La Croix dispose d'un peu plus de recul et pour le quotidien, "c'est certain, l'ampleur des fraudes pèsera sur la présidentielle afghane. Fausses cartes d'électeurs, bourrages d'urnes. Dès samedi, les observateurs rapportaient des fraudes. L'ampleur est encore mal estimée. Ce qui est certain, c'est qu'elles nourriront la contestation des résultats avant même l'annonce prévue le 3 septembre. Contestée aussi l'élection du mois de juin en Iran. Comment entretenir la flamme de l'opposition malgré la répression ? Réponse dans Libération et sur Internet. Deux Iraniens de la diaspora détournent avec l'accord de l'auteur "Persépolis", la bande-dessinée de Marjane Satrapi. Les images sont les mêmes qui racontent l'avènement de la révolution islamique en 79, mais les textes ont changé. Ce sont les acteurs de 2009 qui s'expriment. Pour le trouver sur Internet, vous pouvez taper "persepolis2.0". Les Américains veulent du velu, de l'homme baraqué et qui sent la sueur. L'Equipe leur en donne... "Chabalmania". Le quotidien sportif raconte le retour du rugbyman Sébastien Chabal dans le championnat de France. C'est un peu l'histoire d'une Miss France qui aurait la barbe et pèserait 113 Kgs. Partout où il passe, c'est la chasse au barbu, il attire entre 1.500 et 2.000 personnes par match. Les stades se remplissent sur son seul nom. Chabal, c'est un peu la version août 2009 de "nounours". Séquence nostalgie, c'est une tendance lourde en cette rentrée. Le Figaro présente les 30 stars des semaines à venir. Les fifties et les sixties sont de retour ! Chez le marchand de disques, l'intégrale des albums des Beatles remasterisés et le nouvel album de Sylvie Vartan. Au cinéma, l'intégrale de Fellini à la Cinémathèque de Paris et "Le petit Nicolas" en film... Et pour les expos, Brigitte Bardot à l'honneur à Boulogne-Billancourt. "La France est bien un pays de baby-boomers", constate Le Figaro. Dotés d'un bon pouvoir d'achat, ces enfants de l'après-guerre sont une cible à choyer pour l'industrie du divertissement. Et c'est vrai que la dolce vita d'Anita Ekberg et Mastroïanni dans les rues de Rome, ça vaut tous les bonus ! Bonne journée !

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