Pour le dire autrement les sanctions pénales sont-elles différentes en fonction du sexe ? Libération a interrogé le sociologue Arthur Vuattoux qui a enquêté cinq ans dans les palais de justice de Paris et de Créteil.

Mineur placé dans un centre de Protection judiciaire de la jeunesse
Mineur placé dans un centre de Protection judiciaire de la jeunesse © AFP / LOIC VENANCE

Une étude qui porte sur les stéréotypes de genre qui imprègnent les tribunaux. Et la conclusion est que les garçons se retrouvent bien plus fréquemment en prison que les filles.

Seulement 7 % d'entre elles sont incarcérées alors qu'elles représentent 19% de la clientèle judiciaire. 

Ce n'est pas une clémence particulière des juges mais plutôt une approche différenciée. Les filles sont en fait majoritairement orientées vers des cellules de soin. Arthur Vuattoux explique : 

Les magistrats considèrent que la prison est un endroit trop violent pour y accueillir des jeunes filles alors qu’elle peut constituer pour un jeune homme un lieu éducatif un électrochoc salvateur un coup d’arrêt dans sa trajectoire délinquante.

Dans les faits les prises en charge médico-sociales et éducatives concernent 62 % des adolescentes contre seulement 12 % pour les garçons.

Comme s'il y avait en fait une justice protectionnelle en direction des condamnés de sexe féminin pour qui les faits reprochés seraient un accident de parcours alors que la délinquance serait plus naturelle pour le garçon, comme inscrit dans sa masculinité.

Exemple :

Pour une histoire de fugue ou même de vol explique le chercheur, les questions posées à l'adolescente seront systématiquement liées à son intimité voire à sa sexualité alors que pour un garçon on l'interrogera plutôt sur son cercle d'amis ou son parcours scolaire.

Les magistrats et les éducateurs rencontrés dans cette enquête ne nient pas d'ailleurs reproduire ces normes de genre mais ils le font disent-ils pour être en quelque sorte en phase avec notre société. 

Une situation qui a ses limites car la justice des mineurs s'émancipe parfois de ses propres réflexes et modèle elle-même des stéréotypes de genre matinés de considération sociale ou ethnique.

Le traitement judiciaire des adolescentes Roms qui à Paris ou ailleurs détroussent les touristes est très caractéristique. Elles sont régulièrement condamnées à des peines de prison fermes ce qui est très rare justement parce qu'elles ne correspondent pas "à la figure féminine que s’est forgée l’institution de la délinquance des mineures". Elles ont souvent des enfants par exemple et sont donc considérées comme des adultes et jugées comme des délinquants garçons.

C'est une interview très instructive sur la puissance des préjugés sexistes à retrouver donc dans Libération.

Les intellectuels au secours des politiques 

Alors que l'Humanité se demande à quoi servent les partis politiques, Le Monde nous relate comment les différents mouvements tentent de se ressourcer, de se réinventer et même pour certains de se reconstruire grâce à l'apport de nouvelles idées.

Dans les différentes universités politiques qui ont lieu ces jours ci, on parle donc beaucoup de ces nouveaux intellectuels qui apportent un peu de matière grise à des partis souvent affaiblis.

Le nouveau modèle à droite par exemple s'appelle David Goodhart. L'ancien journaliste anglais à théorisé la fracture qui traverse les sociétés occidentales entre les perdants et les gagnants de la mondialisation.

Xavier Bertrand, Guillaume Peltier ou -encore Laurent Wauquiez le citent souvent en exemple. David Goodhart participera d'ailleurs à une convention du parti Les Républicains en avril prochain nous dit Le Monde. Le thème l'Islam. Pas très originale pour le coup.

Goodhart est aussi apprécié chez les Macronistes mais la république en Marche a lancé son propre chantier.

Le pôle Idée de LRM devrait produire un événement dans quelques semaines autour du progressisme. Le PS lui est lucide." Nous devons tout réinventer " estime son porte-parole Boris Vallaud.

Le problème souligne Henry Weber toujours au PS " Cette que cette nouvelle génération d'intellectuels ne veut pas être militante et encore moins prendre sa part d'impopularité".

A l'université d'été de la France Insoumise qui se tient à Marseille, les intellectuels jouent un rôle de premier plan selon le Monde avec la présence de l'intellectuel spécialiste de la laïcité Henri Pena-Ruiz ou de la philosophe  Chantal Mouffe.

Enfin le Rassemblement National sans surprise s'inspire de thèses comme celle de Stephen Smith et son livre "la ruée vers l''Europe" des Africains. Philippe Olivier, conseiller spécial de Marine Le Pen estime que certains philosophes concourent au développement des idées de RN  " malgré leur défiance. Ce serait le cas de Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, ou encore Michel Onfray".

Le président qui n'aimait pas les journalistes

Et ce président ce n'est pas Donald Trump, c'est le nôtre, Emmanuel Macron. C'est Charlotte Chafanjon dans Vanity Fair qui nous parle du rapport du chef de l'état avec la presse et ceux qui la font. Une attitude de mépris qui dit bien comment le locataire de l'Elysée tente de cadenasser au maximum l'information afin de maîtriser son image et sa communication.

Un dédain qui se traduit aussi parfois par une agressivité à l'égard des journalistes. Notamment de la part de l'entourage du président.

Benjamin Griveaux par exemple, interrogé par Vanity fair :

"Les dépêches AFP ? mal écrites et mal sourcées" 

"Les journalistes du Monde ? Des danseuses avec un melon pas possible" 

"Quant au dernier documentaire sur le Président. Une merde! " lâche le porte-parole du gouvernement.

Il y a aussi ce membre de la cellule communication qui a pour habitude de traiter les journalistes de connards quand les questions sont jugées déplaisantes. Ce style direct et parfois outrancier est un moyen de mettre la pression sur la profession mais cache surtout une volonté farouche de court-circuiter les médias. Par tous les moyens.

Pendant la campagne présidentielle raconte Vanity fair, Le Monde a fait une Une qui a déplu, ses journalistes ont été immédiatement mis à l'écart et donc empêchés de travailler correctement. Quand l'Obs illustre la politique migratoire de la France avec une photo du Président entouré de barbelés. C'est la même sanction. Enfin quand le directeur de Society refuse la réécriture d'une interview et le dit publiquement, la communicante du chef de l'état fait savoir que le magazine n'aura plus jamais accès au président.

Dernier coup d'éclat de la Macronie, l'exfiltration des agenciers de l'AFP du palais de l'Elysée :

"C'est la fin de 40 ans de contre-pouvoir" regrette l'un d'entre eux. 

Alors l'Elysée ressemblera-t-il bientôt au Kremlin ?

Enfin, les festivals de musique à Paris, enjeu d'une rude bataille commerciale.

Les deux mastodontes américains, AEG d'un côté et Live nation de l'autre sont engagés dans un combat sans merci avec comme décor la capitale Française. Une concurrence frontale qui se traduit par l'organisation de deux énormes événements en même temps ce week-end.

L'historique Rock en Seine et le Paris Summer Jam dont c'est la première édition.

C'est donc la guerre des festivals pour Le Parisien qui nous raconte comment le rappeur Kendrick Lamar s'est retrouvé au milieu de cet affrontement.

AEG a d'abord été le premier à proposer pas moins d'un million d'euros à la star américaine pour qu'il joue à Rock en Seine...Colère de Live Nation qui gère les concerts en France de l'artiste et qui finit par s'aligner sur l'offre de son concurrent.

Un bras de fer qui vire à l'absurde comme nous le disent les Echos puisque la fréquentation des 2 événements à Paris ce week-end est loin de faire le plein. Mais les deux entreprises ont les reins solides, 12 milliards pour le propriétaire d'AEG, 10 milliards pour Live Nation.

Un clash entre deux rivaux qui profite aux principaux intéressés. Les budgets artistiques des festivals ont plus que doublé ces dernières années.

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