"C'est comme les serments d'ivrogne... On vous avait pourtant promis d'éviter de faire trois Unes, cette semaine, sur Sarkozy"... C'est Libération qui se justifie ce matin... Alors trois Unes dans la même semaine, est-ce que c'est trop ?... Eh bien non, répond Didier Pourquery... "Après tout, Nicolas Sarkozy est le premier à dire que son début de mandat est le plus riche de tous depuis Giscard... Fallait pas nous chercher"... Oui, fallait pas les chercher, les journalistes... Ce matin, l'attente de l'intervention présidentielle fait l'objet de tous les commentaires... Et d'abord ce sondage, en Une du Parisien-Aujourd'hui en France... un sondage sur la cote d'amour du Président français... Le journal résume : "De Gaulle en tête, Sarkozy bon dernier"... "Pas encore là depuis un an, et déjà tricard comme Jacques Chirac ne l'aura jamais été", ironise Philippe Waucampt, dans Le Républicain Lorrain... Les comparaisons avec Chirac ne manquent pas d'ailleurs... Challenges, par exemple, se demande : "Et si finalement Sarkozy, c'était Chirac en plus jeune ?"... Et pourtant, tente d'analyser l'hebdomadaire économique, "rupture il y a... Mais les réformes manquent de clarté et d'audace"... Dans Le Nouvel Observateur, Jacques Julliard est plus critique encore... "Son omniprésence et sa frénésie de réformes donnent le spectacle déprimant d'un couteau suisse dont toutes les lames seraient ébréchées... Mais à la déception d'aujourd'hui, on mesure l'ampleur des espoirs suscités hier"... Alors ce soir, à la télé, il lui faudra, à Nicolas Sarkozy, "un sacré talent de pédagogue", note Bruno Dive, dans Sud-Ouest... Et ce, même si, concède Michel Urvoy dans Ouest-France, "dresser au bout d'un an le bilan d'un programme de cinq ans n'a guère de sens"... Mais l'éditorialiste constate aussi que "l'actuel Président de la République cumule trois handicaps : le temps gâché, le brouillage du projet et la dégradation de l'environnement international"... Oui mais "c'est dans l'adversité que se révèlent les vrais hommes d'Etat", rappelle Bernard Revel, dans L'Indépendant du Midi... "A Nicolas Sarkozy de prouver qu'il en est un"... Dans L'Union, Hervé Chabaud lui conseille de méditer ce proverbe camerounais, cher, paraît-il, à Alain Juppé : "Peu importe la hauteur de laquelle on tombe, l'important est celle à laquelle on rebondit"... Nicolas Sarkozy va faire "le bilan d'un gâchis", constate Jean-Marcel Bouguereau, dans La République des Pyrénées... Avec cette question : "Quel lapin va-t-il sortir ce soir de son chapeau ?"... Quand même... "Nicolas Sarkozy a commencé à faire bouger les lignes, comme il aime à dire", analyse Michel Lépinay dans Paris-Normandie... "Mais il a aussi réussi à noyer ses projets dans un tel tumulte qu'au terme d'à peine un an, tout le monde n'a retenu que la valse folle des promesses, annonces, contradictions et démentis"... C'est vrai qu'il va devoir faire de la pédagogie, admet Paul-Henri du Limbert dans Le Figaro... de la pédagogie à destination des Français qui l'ont aimé mais ne l'aiment plus... "Il va falloir leur expliquer que les phases de transition ne sont jamais les plus enthousiasmantes... C'est un peu comme une grande traversée : on sait ce que l'on quitte, sans distinguer nettement vers quoi on va"... Et puis surtout, "le paquebot France ne se manoeuvre pas comme un hors-bord", écrit Dominique Quinio dans La Croix... "Ce soir, le Président de la République devra expliquer sa politique, redonner une cohérence et un ordre de priorités à ses réformes, sans courir tous les lièvres à la fois"... Chacun retient donc ce qu'il veut de l'année écoulée... Libération propose "le best-of"... Le journal entend aider le Président de la République à se souvenir de ses "meilleurs moments"... de "la plus belle prise" (Bernard Kouchner) à "la plus grosse erreur" (à savoir, le paquet fiscal), en passant par "le meilleur deal" (les régimes spéciaux de retraite) et "le plus grand renoncement" (le pouvoir d'achat)... Et donc, ce soir, "Nicolas Sarkozy doit affronter la crise de confiance, définir un cap, démontrer que la rupture ne relève pas du gadget électoral... le tout avec modestie, cohérence, et surtout stature présidentielle", conseille Philippe Palat dans Le Midi Libre... "Ce ne sera pas facile... Mais c'est jouable"... C'est jouable, à condition qu'il ne nous ressorte pas les justifications déjà entendues, analyse Pascal Aubert dans La Tribune... "Confrontés aux dures réalités de la vie de tous les jours, les Français n'auront probablement, ce soir, pas assez de temps de cerveau disponible pour la liste des réalisations présidentielles des douze mois écoulés"... Les dures réalités de la vie de tous les jours... Et Daniel Ruiz, dans La Montagne, retient que "Nicolas Sarkozy a donné le sentiment qu'il réformait en supprimant... régimes spéciaux, remboursements, fonctionnaires, etc.... Or, l'adhésion populaire ne se gagne qu'en donnant... et en donnant peut-être un peu de pouvoir d'achat"... Sauf "qu'en un an, l'horizon économique s'est beaucoup obscurci", rappelle La Croix... pour qui la flambée du pétrole et des matières premières, conjuguée à un euro fort, complique la stratégie du chef de l'Etat... Et là, eh bien c'est le retour de la sinistrose... Le mot qui fait peur est employé par La Tribune ce matin... L'indice de confiance économique du journal atteint son plus bas niveau depuis sa création, en 2005... "8 Français sur 10 inquiets sur l'économie"... Les Echos n'est pas en reste... "La consommation rattrapée par l'inquiétude des ménages"... puisque, note le journal, "les achats de produits manufacturés ont chuté de 1,7% en mars"... Et dans La Charente Libre, Jacques Guyon analyse : "Si le moteur de la consommation tombe en panne, c'est non seulement le budget de l'Etat qui devient impossible à tenir, mais c'est aussi l'emploi qui va en pâtir... Sarkozy n'avait vraiment pas besoin de ça"... Nostalgiques, soyez au poste !... Oui, ce soir, Nicolas Sarkozy à la télé, ce sera dans un remake de "L'Heure de Vérité"... C'est Le Figaro qui le rapporte... L'Elysée souhaitait que l'esprit de l'émission soit proche de celui du célèbre rendez-vous politique des années 80... Ca s'appellera "En direct de l'Elysée"... "un nom qui fleure bon l'ORTF", ironise Libération... Alors lui... dans le classement des Présidents préférés des Français du Parisien-Aujourd'hui en France... il arrive juste devant Nicolas Sarkozy... C'est VGE... Valéry Giscard d'Estaing... L'ex, qui a présidé aux destinées de la France entre 74 et 81, est interviewé ce matin par Le Soir... Le quotidien belge lui parle de la présidence de l'Union européenne... Et d'abord, Giscard regrette qu'on s'intéresse si peu à cet événement historique... "Il faudrait tout de même que le processus de désignation ressemble à un processus démocratique", dit-il... (J'aime bien "ressemble")... Et puis surtout, l'ancien Président français dresse le portrait du Président idéal pour l'Europe... un portrait qui lui ressemble étrangement, s'amuse Le Soir... Le premier président devra avoir le profil d'un "grand installateur", explique Giscard... quelqu'un qui aurait de l'expérience, fixerait les règles, le climat... un peu à la manière d'un George Washington, aux Etats-Unis... quelqu'un qui aurait la tâche symbolique, emblématique, d'incarner en premier la fonction... Et puis ensuite, VGE verrait bien un président plus opérationnel... Et là, il encense Angela Merkel, la Chancelière allemande, à l'origine des grands compromis européens de l'année dernière... Et sinon, ce matin... Eh bien sinon, vous pouvez lire, dans Le Monde, "le plan de réorganisation des armées contesté"... Ce sont les élus locaux qui s'inquiètent des fermetures de casernes annoncées... Pour Le Monde, le gouvernement s'est engagé dans "une réorganisation à hauts risques de la carte militaire"... L'Humanité revient sur l'information donnée hier par France Inter... le cri d'alarme des associations qui distribuent des repas... entre l'envolée des prix des produits de première nécessité et l'augmentation constante des personnes dans le besoin... "La crise alimentaire s'abat sur les pauvres", résume L'Huma... "Où vit-on le mieux en France ?"... C'est Le Point qui a mené l'enquête, en passant 100 villes au banc d'essai... Trio de tête : Nantes, Toulouse et Lyon... Et puis, pour finir... à lire dans La Libre Belgique, mais aussi dans toute la presse belge... des interrogations sur le prix du cornet de frites... Le tarif du plat national a connu récemment une hausse suspecte... Le prix des frites augmente plus vite que celui des pommes de terre... Le gouvernement belge a, hier, ouvert une enquête...

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