Achille Marcassin au nom superbe, orphelin de la grippe espagnole à un an en 1918, présent parmi nous solide au poste au temps d'une autre pandémie, le Courrier Picard. Quand il était enfant, le Prince Felipe vit son père Juan Carlos sauver la démocratie; il doit le renier, devenu roi, pour sauver le trône: les Echos.

On parle d’un centenaire…

Dont le nom est superbe, Achille Marcassin a eu 103 ans cette semaine et je le découvre dans le Courrier Picard devant son gâteau d’anniversaire à l’Ehpad de Saint Riquier dans la Somme, mais lui est de Yaucourt à côté où en dehors de sa captivité en Allemagne, il a passé le plus clair de sa vie, travailleur agricole, conseiller municipal porte-drapeau des anciens combattants: en quelques lignes d’un homme se dessine un pays. Achille est né en 1917, son père était berger il mourut quand Achille avait un an, en 1918 de la grippe espagnole. 

Une pandémie fit d’Achille Marcassin un orphelin, il encore ici quand une autre pandémie est venue. 

Comme souvent, nos journaux sont une permanence. Vous lirez dans le Magazine du Monde d'autres vieillards qui furent il y a quatre vingt ans des enfants apeurés sur les routes de France, quand entre mai et juin 1940, les habitants des Ardennes fuyaient devant l'Allemand, et vous lirez la poussette du bébé remplie de victuailles les petits baluchons avec à l'intérieur le baigneur qu'une petite fille n'avait pas eu le temps d'habiller, les avions qui tuaient et au bout de l'exode une France de l'Ouest, où les bœufs tiraient encore les charrues où l'on ne mangeait pas des patates mais de mogettes... et à la fin de la guerre le retour dans des maisons où l'on avait caché avant de partir la robe de mariée, mais elle avait disparu…

Les enfants vivent encore intacts et blessés dans de vieux corps, que restera-t-il du coronavirus chez nos propres enfants. Mais comment comparer...

Dans Marianne, Jean-François Kahn nous rappelle les commentaires d'écrivains en 1940, quand dans le vide de Paris vaincu, un Paul Morand se réjouissait de « la mort du bruit, de la réapparition de la lune, la réhabilitation des étoiles, la disparition de la publicité ». On est fasciné par cette ressemblance avec nos émerveillements sur la paix de Paris confiné. En 1940, du discours bucolique on avait glissé bien vite à la purification nationale, et Kahn fustige les textes qu'on peut lire sur nos décadences...

On parle aussi d’histoire dans le Magazine des Echos. 

Et c’est encore un enfant que l’on voit, le  prince Felipe qui avait 13 ans le 23 février 1980, quand son père le roi Juan Carlos le faisait venir près de lui tandis qu’il appelait les généraux de son armée pour qu’ils ne sortent pas des casernes contre la jeune démocratie. Quarante ans ont passé et Felipe devenu roi doit renier ce père courageux mais  qui fut aussi un Bourbon infidèle aimant trop les dollars saoudiens, et ses turpitudes font vaciller le trône. Felipe pour la monarchie chasse Juan Carlos, comme Juan Carlos avait renié le dictateur Franco qui pourtant l’avait élevé…

En France aussi une partie du peuple gronde, contre des ministres jugés insuffisants contre le coronavirus, mais veut transporter sa révolution devant la Cour de justice de la république. L’Obs raconte cette exception française, près d'un million de personnes ont signé des pétitions ou téléchargé des formulaires de plainte disponibles sur Internet…

Et le Ramadan commence aujourd’hui…

Le mois sacré de l’Islam qui est aussi d’habitude un mois de fête quand on invite famille et amis pour de copieux repas de rupture de jeune, et c’est une frénésie d’achat alimentaires "comme avant Noel" dit au Monde Aïcha, mère de famille au Havre, cette analogie me va droit au coeur… Mais cette année par le Covid-19, la frugalité s’impose et sera propice à un retour aux sources, on se recueillera mieux, "on ne va pas se goinfrer", lis-je dans le Parisien, on fera cuire à feu très doux la Chorba comme autrefois les grand-mères… 

Le passé est doux et un remords aussi. Je lis dans la Croix le désarroi de familles musulmanes, ayant perdu un proche, un ancien, ce printemps, qui aurait voulu se faire enterrer au pays d’avant, mais à cause du virus les avions de retour vers les cimetières d’Algérie et du Maroc sont impossibles, alors on reposera en France mais nous manquons de carrés confessionnels.

Il n'est pas ce matin que de la tristesse. Je lis dans la Provence  et le Monde que les librairies frémissent,et vont renaitre. Je lis dans Slate qu’un cinéma à paris, la Clef, projette des films sur un mur simplement pour qu’on les voie, ce soir ce sera  L'Homme qui n'a pas d'étoile de King Vidor.

Et je lis enfin du mystère dans l’Ardennais et l’Union, à propos de Rimbaud, sur lequel son amoureux Verlaine tirta au pistolet à Bruxelles en 1873. Une huile d’acajou attribuée à un mystérieux Jef Rosman montre Rimbaud alité se remettant de sa blessure. Mais Carole Galtier, secrétaire générale de l’association des amis de Rimbaud, est persuadée que le tableau, est du sculpteur Auguste Rodin… Entre autres preuves ceci; Rodin était proche du mouvement des poètes Parnassiens, qui n’aimaient pas Rimbaud, or sur la toile, Rimbaud n’est pas à son avantage, « il a plus l’air de souffrir d’une belle gueule de bois que de se remettre d’un coup de pétoire ». Ce blasphème me fera la fin de semaine.

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