Bonjour, La "ménagère de moins de 50 ans" : vous souvenez-vous d'elle ? Pendant des années, on a vécu au rythme de ses "fièvres acheteuses", on a scruté ses comportements consuméristes, ses frénésies d'acquisition en tous genres. Au panier ! Finie, oubliée la "ménagère de moins de 50 ans". A présent, nous apprend ce matin LA TRIBUNE : les entreprises sont "à la recherche du consommateur perdu". "Les standards marketing ont du plomb dans l'aile", chacun achète ce qu'il veut en ne se souciant plus des attentes des vendeurs... "Le sexe, l'âge, la catégorie socio-professionnelle ou le lieu de résidence ne suffisent plus à dessiner des profils type de consommation de manière fiable. Les comportements d'achat s'individualisent". Résultat : "les marques, distributeurs et publicitaires ont fait leurs adieux à la ménagère de moins de 50 ans." Quelques exemples de ces nouveaux comportements relevés par l'Institut TNS-World Panel :

    • La moitié des grignoteurs de biscuits pour enfants ont plus de 35 ans.
    • Plus de 7 consommateurs sur 10 de poudre chocolatée ont plus de 15 ans.
    • Plus d'une vente sur trois de lingettes pour bébé se fait au bénéfice de foyers qui n'ont pas d'enfants. Au rayon des cosmétiques, autres bizarreries : 6. - 17% des utilisateurs de crème féminine pour le visage sont des hommes.
    • 26% des femmes choisissent leur déodorant parmi des produits destinés en principe à leur mari. Au-delà de ces distrayants constats, il y a bien sûr une réalité économique que résument LES ECHOS dans ce titre : "La consommation, soutien de la croissance en 2007, s'essoufle en fin d'année"... En novembre, la consommation manufacturée a enregistré son troisième mois d'affilée de baisse, une "première" depuis plus de 10 ans, selon l'Insee. Les prévisionnistes ne crient cependant pas à la catastrophe. Ils parient sur le fait qu'"après avoir gonflé leur taux d'épargne cette année, les ménages français le réduiront l'an prochain" et qu'ils consommeront. Je consomme Tu consommes Il consomme Nous consommons Vous consommez Ils consomment C'est la conjuguaison des fêtes de fin d'année. On achète, on offre, on mange, on reçoit. Vos éditorialistes, ce matin, voient Noël de manière moins prosaïque que je ne viens de le faire. 11. - Pour LA PROVENCE, Philippe Larue écrit : "dans un monde précaire, croyants ou pas, vivons donc Noël comme une trève utile, un creuset d'amour au sein de nos familles retrouvées, recomposées ou élargies(...) Parce que le monde autour de nous, toujours changeant, n'est guère rassurant et que l'avenir nous réserve sans doute quelques épreuves".
    • Une trève ?... "Un laps de temps beaucoup trop court" pour Pierre Taribo dans L'EST REPUBLICAIN, pour qui, "au-delà de la dimension spirituelle de l'événement, nous devrions être tous d'accord sur l'importance de l'homme dans un monde que l'on voudrait plus juste, plus tolérant, plus humain, plus vivable pour ceux qui croient au ciel et ceux qui n'y croient pas." 14. - Aux yeux, enfin, de Patrice Chabanet et du JOURNAL DE LA HAUTE MARNE, Noël, en quelque sorte, c'est toujours ça de pris... A ses yeux, "Noël reste (...) une façon de se ressourcer avant une année que les devins de l'économie nous annoncent sinon difficile, du moins incertaine". La photo du Père Noël, en grand et en couleur, vous la verrez dans LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE. Je le dis aux enfants, il ne s'agit pas du vrai Père Noël. Celui dont vous devinerez les traits souriants sous ses postiches de barbe et de tignasse blanches, c'est "Michel" (c'est le prénom que lui a donné LE PARISIEN, le temps d'un article et d'un cliché, faux prénom destiné à préserver l'anonymat de ce monsieur). Qui est-il, ce faux "Michel", faux Père Noël ? Eh bien, c'est "le grand gagnant de l'année 2007" au tirage de l'Euromillion. Juste après Noël de l'an dernier, cet ex-chef d'équipe dans le bâtiment a touché le 5 janvier près de 40 millions d'euros. Qu'en a-t-il fait ? Il a généreusement distribué 2 millions ici, 15.000 euros là, à une cinquantaine de ses proches (enfants, frères, soeurs, neveux, nièces). "Pas de casino, pas de décapotable survitaminée, pas de gaspillage" constate l'envoyé spécial du PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE en Bretagne où vit ce multimillionnaire sans chichis. Le 31 décembre, "Michel" célèbrera la nouvelle année en Alsace, à l'occasion d'un voyage organisé en autocar ! "Un jour, raconte Josiane, sa compagne, on a dormi à Paris dans un hôtel 4 étoiles. Le lit faisait deux mètres de large, on ne se trouvait plus". "Michel" est un nouveau riche raisonnable, pas "bling-bling" pour deux ronds... "Je suis d'une famille modeste, alors je reste modeste, c'est dans ma nature (...) Le fric, ça fait pas un homme". Chacun n'a pas la chance, comme "Michel", de ne plus trop compter sur l'argent. Dans LES ECHOS, vous lirez que les foyers les plus modestes consacrent un quart de leurs dépenses à leur logement, contre 11% pour les plus riches. c'est ce que révèle l'enquête "Budget de famille" que l'Insee vient de publier "Le logement est le poste budgétaire le plus discriminant dans la société française, ce qui contribue à amplifier la crise actuelle". "Bonnes fêtes (quand même)"... c'est le titre qui coiffe le dessin de Charb, dans L'HUMANITE. On y voit l'âne et le boeuf entourant l'enfant Jésus, bien emmailloté et posé sur la paille. En soupirant, l'âne dit à son compère : "On téléphone au 115 pour un logement d'urgence ?"... Le boeuf répond : "Non, on va chez l'ex-directeur de cabinet de Boutin, y'a plus de place !" "Lieu de naissance : chez moi"... ... Avec ce titre, LIBERATION consacre un article à "l'accouchement à domicile (qui) retrouve des adeptes" (l'accouchement à domicile, autrement dit : l'AAD). Dans les premières lignes de ce papier, on apprend ceci : "A 4 pattes, accroupies, en chien de fusil, qu'importe : elles ont décidé d'accoucher chez elles. Sur 800.000 naissances par an, on en compte 1% à domicile (...) Les femmes qui fuient les hôpitaux seraient de plus en plus nombreuses. Si elles en parlent de façon extatique ('un souvenir merveilleux', 'un moment magique', 'd'euphorie' disent-elles) cette pratique sidère les médecins... et les inquiète". En 1945, 45% des accouchements se faisaient à domicile, seulement 13% dix ans plus tard. Aujourd'hui, la médicalisation qui a contribué à la diminution de la mortalité infantile et maternelle est "critiquée". Selon la sociologue Béatrice Jacques, citée par Libé, "la mise en cause des progrès médicaux" s'inscrit "dans une critique générale de la société technologique occidentale". L'article se termine sur l'exemple de Gaëlle. Elle a accouché "chez elle"... sans sage-femme (en vacance). A la naissance du bébé, le père l'a cru mort. Puis elle a dû être transportée d'urgence en hélicoptère à l'hôpital, à 80 kilomètres de chez elle, car son placenta ne s'était pas décollé, son bébé a eu une détresse respiratoire sur le chemin et a dû rester huit jours à l'hôpital. Mais la foi est si forte que si c'était à refaire, elle le referait. 'Sans hésiter' ". "Bethléem bombée pour Noël"... C'est toujours dans LIBERATION ; on y découvre qu'un artiste anglais "a recouvert de graffitis subversifs les murs de la ville". Il se nomme Banksy. Libé publie, en photo, une de ses oeuvres. Sur une façade de la rue principale de Bethléem, une petite fille en robe rose (palestinienne, sans doute) fouille au corps un soldat (israélien, très certainement). Il a les bras en l'air, son M16 est posé contre le mur. Une page plus tôt, le journal nous livre les conclusions d'un rapport que se sont procuré ses journalistes. Ce document révèle que "l'Histoire des Arts deviendrait obligatoire dans le primaire et le secondaire dès la rentrée 2008". Reste à savoir comment et avec quels moyens... A toutes fins utiles, LIBERATION souligne qu'en pleine réduction d'effectifs, "appeler à alléger des programmes déjà trop lourds, le ministère n'a nul moyen de recruter des professeurs d'Histoire de l'Art en un délais si court. Il faudrait 10.000 postes". "Niger : ils risquent la peine de mort"... C'est dans LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE. Mais vous verrez cette information dans d'autres types de presse, sous une forme généralement brève. Thomas Dandois et Pierre Cresson sont journalistes. Ils effectuaient un reportage au Niger pour la chaine de télévision franco-allemande ARTE quand on les a interpellés vendredi pour les inculper "d'atteinte à la sûreté de l'Etat". Les autorités nigériennes leur reprochent de s'être rendus sans autorisation dans le nord du pays pour y rencontrer la rebellion touareg. Autre histoire de journaliste, mais cette fois en France... En fin de semaine dernière, la rédaction du TELEGRAMME DE BREST a découvert que le parquet de Quimper avait obtenu de l'opérateur téléphonique Orange, le relevé des communications de son reporter Hervé Charbonnière ; il enquête depuis l'été 2006 sur un meurtre lié au "milieu" nantais. Commentaire du directeur de l'information du TELEGRAMME, Hubert Coudurier dans les pages saumon du FIGARO : "Il est regrettable qu'une sorte de complicité s'installe ainsi entre les opérateurs de Télécom et la justice sur le dos de la presse, considérée comme quantité négligeable". Paul Gonzalès, qui a recueilli cette réaction, rappelle au passage plusieurs affaires récentes (comme la mise en examen d'un journaliste du MONDE il y a 15 jours). Dans tous les cas, souligne-t-elle, "il s'agissait pour la justice d'accéder aux sources", les sources journalistiques qui sont en principe protégées par l'article 109 du Code de Procédure pénale. Lue aussi, et toujours dans LE FIGARO, la reprise d'une analyse que le porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez a livrée à la revue trimestrielle COMMENTAIRES. L'heure, écrit-il, n'est plus en politique à "la rareté médiatique". Laurent Wauquiez appuie sur la nécessité, selon lui, de communiquer très en amont des réformes. Sans quoi, conclut-il : "la bataille est perdue d'avance". La "rareté médiatique" : l'écrivain Julien Gracq en avait fait une ligne de conduite. Sa petite cousine, Laure Bazantay, journaliste à LA CROIX, écrit dans ce journal : "Il était détaché des attributs de sa notoriété, conscient de l'admiration qui lui était vouée et sans fausse modestie". Tous vos journaux rappellent ce matin que Louis Poirier (son nom d'état-civil) avait refusé le Prix Goncourt en 1951 pour "Le rivage des Syrtes". Dans LE FIGARO, Michel Tournier (académicien Goncourt) le décrit comme "un grand paysagiste". "Il nous emmène en effet sur des sentiers qui ne croisent aucun autre, où nul sinon lui ne peut nous orienter. Installant des paysages mentaux fabuleux et de précises topographies, il crée, à proprement parler, des lieux-dits"... C'est un extrait de l'éditorial de Didier Pourquery dans LIBERATION, édito qui s'achève sur ces mots : "Après Gracq donc, l'évidence d'une oeuvre ; le silence, juste froissé par le bruit du coupe-papier entre les pages"... (car les livres de Julien Gracq, publiés aux Editions José Corti, ne passaient jamais par la lame du massicot avant publication).
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