Et si, cette nuit, le Père Noël se cassait la figure dans la cheminée, complètement saoûl, la clope au bec et la hotte pleine de foie gras très très gras ? On plaisante : on ne veut pas faire l'apologie des excès en tout genre... Mais il y a des matins où le sanitairement correct hérisse les poils de la barbe blanche... Dans L'Est Républicain, Philippe Rivet relate la dernière étude d'un chercheur australien, publiée dans le British Medical Journal... Le Père Noël (vous avez bien son image en tête, Alain LE GOUGUEC), il faut dire les choses : il est rougeaud et gras du bide... Eh bien, ce chercheur a relevé une corrélation entre les pays qui vénèrent le Père Noël et ceux où le taux d'obésité des enfants est élevé... Il véhiculerait un message néfaste, selon lequel l'obésité serait synonyme de bonne humeur et de jovialité... Il y a de quoi tomber de son traîneau... Mais, à lire la presse, on réalise que ce personnage, que l'on pensait consensuel en diable, a toujours suscité la polémique... Dans Le Nouvel Observateur, Eve Roger rappelle un épisode qui avait fait beaucoup de bruit en 1951 : un prêtre de Dijon avait brûlé l'effigie du bonhomme rouge et blanc sur les grilles de la cathédrale Saint-Bénigne... C'était un coup de colère contre le bonhomme qui incarnait la paganisation et la marchandisation de la société... Et c'est vrai que Noël, et le Père du même nom, ont souvent été l'objet de manipulations... Le rappel est dans Alternatives Economiques, ce mois-ci... L'Eglise elle-même a imposé cette fête au IVème siècle, pour concurrencer les fêtes païennes qui célébraient le changement de saison ou le début de l'année... Mais au fil des siècles, les marchands du Temple ont repris le dessus... Et si le propriétaire de rennes le plus célèbre du monde est vêtu de rouge et blanc, c'est notamment grâce à Coca-Cola : la firme américaine l'avait utilisé lors d'une campagne de pub dans les années 30... Noël, ou la fête bourgeoise par excellence... Alternatives Economiques rappelle que l'Angleterre victorienne a beaucoup fait pour la populariser... Elle se transforme alors en célébration de la famille, une famille où les filles reçoivent des poupées et les garçons des chevaux de bois... Quelques décennies plus tard, le Père Noël est devenu l'ennemi intime des altermondialistes et anticapitalistes... quoique, pas tous... Dans Le Nouvel Obs, Jean-Luc Mélenchon dit toute la sympathie qu'il a pour le vieux barbu : "Il a l'air de traiter correctement ses rennes : c'est donc qu'il a du respect pour les travailleurs... Et son moyen de transport est assez écolo... Et puis la couleur rouge est un bon indice : ça le rapproche plutôt de la gauche"... En conclusion, Alternatives Economiques cite l'ethnologue Marcel Maus, qui voyait dans Noël "un fait social total, car s'y expriment toutes les dimensions de notre vie en société : économie, morale, politique et religion"... (Alain LE GOUGUEC : "Et du coup, le regard de chaque journal sur Noël varie selon sa sensibilité")... C'est le temps de la solidarité pour L'Humanité, qui fait, en ce 24 décembre, un tour de la France solidaire... C'est le moment de penser positif pour Libération, qui sort un numéro spécial intitulé "Libé des solutions"... Du Brésil à la Seine-Saint-Denis, du réchauffement climatique à la descolarisation, tour d'horizon des projets qui marchent... Et puis c'est le jour ou jamais pour s'interroger sur la place des religions dans nos sociétés... Encore un adversaire du Père Noël... Il nous est signalé dans Le Figaro... C'est le Grand Rabbinat, en Israël... Le directeur du Lobby pour les valeurs juives du Rabbinat vient d'adresser un avertissement aux propriétaires d'hôtels, restaurants et autres lieux publics : s'ils utilisent des sapins, des chapeaux rouges ou des Pères Noël dans leurs décorations, ils pourraient être rayés des établissements casher... Cette poussée d'urticaire a ému jusqu'aux membres du Congrès américain, qui demandent aux diplomates israéliens d'exprimer leurs réserves après cette déclaration... Noël, titre Le Figaro ce matin, c'est une fête "sous surveillance pour 100 millions de chrétiens"... Soudan, Inde, Pakistan, Irak, Chine, Vietnam : dans tous ces pays, être chrétien, c'est risquer sa peau... C'est d'autant plus choquant que, comme l'écrit Etienne de Montety dans son éditorial, "la foi chrétienne a ses racines dans certains de ces pays en Orient"... La Croix s'interroge sur la pratique de la religion chrétienne en France... Parole à ceux qui ne vont jamais à l'église sauf le soir de Noël... Le Père Nicolas de Brémond d'Ars essaie de comprendre ces visiteurs d'un soir... Il y a un enracinement de cette fête, dans lequel il voit un phénomène anthropologique d'abord... "Les gens cherchent à se retrouver au moment de l'année où les nuits sont les plus noires... Et puis Noël mobilise nos souvenirs d'enfance : il permet de retisser le fil de la mémoire familiale... Il y a une attente spirituelle, mais on ne peut pas dire de quelle nature"... Une certitude, selon ce prêtre, qui est aussi sociologue : tous, qu'ils soient croyants ou pas, ont besoin de marquer les grands déterminants de la vie humaine : l'amour, la naissance, la mort... Et pour cela, Noël est un jalon privilégié... (ALG : "Et en ce moment, quand on parle de religion, le débat glisse bien vite vers l'identité nationale")... C'est bien le problème avec ce débat : les glissements plus ou moins contrôlés... La presse raconte ce matin la dernière polémique au sein de la majorité : celle entre Pascal Clément et Nora Berra autour des minarets... "Le débat sur l'identité nationale met la pagaille dans la majorité", titre La Tribune... Il entre en collision avec la question de la burqa, qui "fait des remous à droite", selon Le Parisien-Aujourd'hui... Le chef des députés UMP Jean-François Copé a pris tout le monde de vitesse avec sa proposition d'interdire la burqa dans l'espace public... Nicolas Sarkozy était furieux, selon Le Parisien : la prise de position de Copé ravive les passions... Un ministre ajoute : "Copé cherche à mettre son tampon sur tout ce qui bouge... C'est un organisateur de loterie, dont le gagnant est toujours Copé"... Bref, la fameuse trève des confiseurs est foulée aux pieds... Alors, dans Le Dauphiné Libéré, Didier Pobel fait un voeu : "Le vrai cadeau dont on puisse rêver serait à coup sûr un gros paquet de sé-ré-ni-té... histoire d'oublier les polémiques qui empoisonnent cette fin d'année... Finissons-en avec l'artificiel débat sur l'identité nationale"... Dans La République du Centre, Jacques Camus essaie de donner du sens à cette méfiance exprimée çà et là à l'égard de l'islam... "A force d'incroyance, nous nous sommes pris à redouter les envahissantes croyances des autres... Noël, que l'on ait la foi ou non, doit témoigner de notre culture chrétienne et de ses grands principes pour s'avérer capable de dialoguer avec ceux qui croient autrement"... (ALG : "Et le héros de ce Noël 2009, Bruno DUVIC, vous l'avez trouvé dans L'Equipe")... Et si la polémique sur la main de Thierry Henry avait fait réfléchir les footballeurs à la notion de fair-play ?... Le héros, il s'appelle Valter Birsa... Il a 23 ans, il est Slovène, il joue dans l'équipe d'Auxerre... Hier, Auxerre affrontait Marseille en championnat de France... Récit du match, sous la plume de Raphaël Raymond, dans L'Equipe... "A la 33ème minute, le milieu de terrain slovène est percuté par le joueur marseillais Bakari Koné... Il s'écroule... L'arbitre pense que Koné lui a donné un coup de coude, il sort le carton rouge, mais face à la protestation véhémente des Marseillais, il a un doute, alors il va voir le joueur d'Auxerre... Et Valter Birsa lui dit la vérité : "Non, M'sieur l'arbitre, y a pas faute, je n'ai pas reçu de coup de coude"... L'arbitre est donc revenu sur sa décision... Pendant le reste du match, il dit avoir remercié Birsa au moins dix fois... Belle leçon de fair-play... Pas sûr qu'elle se généralise... L'un de ses coéquipiers reconnaît que, sur le terrain, il n'a pas bien compris l'attitude de son camarade... Les Auxerrois ont été récompensés : ils ont finalement battu Marseille "2-0"... Ce qui met le quotidien La Provence en colère contre les joueurs de l'OM : "C'est la saison des truffes"... Dans la série "défaites et jeux de mots", vous avez la Une du Progrès ce matin : "Ca sent le sapin pour l'équipe de Lyon", qui elle aussi a encore perdu hier soir... Mais dans la presse sportive, ce qu'on considère comme le plus beau cadeau de Noël, c'est le come-back de Michael Schumacher en Formule 1... Après trois ans de retraite, le pilote de tous les records reprendra le volant d'une Mercedes l'année prochaine... "Il s'expose, se relance et se défie", écrit Anne Giuntini dans L'Equipe... "Quoi qu'il advienne de sa seconde carrière, on le respectera parce qu'il aura osé"... Philippe Delestre, le dessinateur de L'Est Républicain, célèbre l'événement à sa manière : un Père Noël à fond la caisse sur son traîneau passe devant une patrouille de gendarmes effarés... Pour expliquer l'excès de vitesse, le Père Noël montre ses rennes : "C'est le retour de Schumacher qui les a excités"... Décidément, cette nuit, surveillez vos cheminées... Bonne journée...

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