Le patriotisme aujourd'hui, c'est la démocratie.

C'était le mot d'ordre d'Hocine Aït Ahmed. Hocine Aït Ahmed, dirigeant historique de la lutte pour l’indépendance de l’Algérie, est mort hier, à Lausanne en Suisse à l’âge de 89 ans. Le site du MONDE retrace ce matin, l'histoire de ce militant contre l’ordre colonial, qui fut aussi un opposant déterminé à l’ordre nouveau, instauré après l’indépendance de l’Algérie en juillet 1962. EL MOUDJAHID, quotidien proche du pouvoir algérien, évoque l'éclaireur qui voulait à tout prix l'indépendance de l'Algérie. Un militant au long cours et un semeur d'espoir infatigable. Il se situait dans le sens de l'histoire. Il a toujours cru que son pays devait apporter sa contribution active aux grandes questions qui agitent les sociétés contemporaines. Retiré de la vie politique depuis 2013, reprend LE MONDE, il n’aura pas vu de son vivant l’avènement de l’Algérie démocratique et ouverte qu’il appelait de ses vœux. Lui qui s'était attiré les foudres des élites francophones quand en 91, alors que le coup d’Etat se préparait contre des élections législatives remportées par le Front islamique du salut (FIS), lui qui avait appelé au respect de la légalité constitutionnelle avec son slogan : « ni Etat policier, ni Etat intégriste ». Etat policier, légalité constitutionnelle, démocratie, patriotisme, il est amusant de voir comment aujourd'hui, les mots d'hier d'Hocine Aït Ahmed ont une résonance dans l'actualité française.

Et on en vient à ce qui fait parler l'ensemble de la classe politique depuis hier... la déchéance de la nationalité qui fera finalement partie du projet de révision de la Constitution.

On peut sourire comme le fait CHARLIE HEBDO de ce que sera cette année, la magie de Noël. Un Noël Parano dessiné sur deux pages par Vuillemin. Avec une table de réveillon, des bouteilles vides, une bûche à peine entamée et des convives arrosés qui se cachent en bout de table, face à la cheminée. Car il est minuit. Des pieds rouges apparaissent du conduit. C'est le Père Noël. Attention danger ! La BRI, le RAID, le GIGN et les CRS l'attendent fusils et pistolet chargés et pointés sur lui. Noël parano on vous dit. Et avec le revirement d'hier, sur la déchéance de la nationalité, on est en plein dedans.LE FIGARO décrit les coulisses de ces derniers jours et parle de coup de théâtre étrange quand LIBERATION développe l'itinéraire d'une volte-face. Au final dans ce concert de j'y vais, j'y vais pas, on retiendra l'épilogue, hier matin, en Conseil des ministres. C'est Nathalie Segaunes de L'OPINION qui le raconte. L'ordre du jour du conseil est sur la table devant les ministres. Le retard habituel de François Hollande leur laisse le temps d'en prendre connaissance. On a très vite vu que la déchéance était dans le texte explique un ministre. C'est comme ça qu'on l'a découvert. Moment de stupéfaction autour de la table. On était soufflé. François Hollande arrive, se justifie : "J'ai donné ma parole à la nation, je la tiens". Christiane Taubira n'a pas dit un mot. D'après Nathalie Schuck du PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE, c'est George Pau-Langevin, ministre de l'Outre-Mer qui a parlé : "C'est contraire à nos valeurs". "Je sais ce que ressentent certains... " aurait répondu François Hollande. "Je connais vos convictions. Je vous demande de la solidarité et de l'unité". Reste qu'il va falloir trouver les trois cinquièmes des voix au Parlement. S'il ne les obtient pas, François Hollande est prêt à consulter dit-on, les Français par référendum.

Dans cette histoire, l'attitude de François Hollande est beaucoup commentée ce matin, dans la presse.

Par les éditorialistes. Ne cherchez plus. Le dindon et la farce ont été trouvés écrit Mathieu Verrier de LA VOIX DU NORD.C'est la surprise du chef. Jean-Pierre Bédéï, LA DEPECHE DU MIDI. Hollande déchoit. Jeu de mot de Pascal Coquis, LES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE. Attentat contre la République. Patrick Le Hyaric, L'HUMANITE. Etc... etc... Et puis il y a les politiques de gauche qui parlent, anonymement. Le revirement d'hier ? Un proche de François Hollande explique au PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE : "François s'en tape qu'on le prenne pour une bille. Il joue aux échecs." Un autre proche ou peut-être le même au FIGARO : "Tactiquement, il a baladé tout le monde. Parce qu'il ne répondait pas à la question, chacun pensait qu'il allait céder. Mais il faut savoir une chose avec Hollande. Quand il ne répond pas à une question, c'est simplement que la question l'emmerde. Hollande a laissé dégorger les escargots avant de trancher."

Et Christiane Taubira dans tout ça ?

Là aussi les commentaires vont bon train. Pour LIBERATION, c'est le désaveu. MEDIAPART, le naufrage politique. La ministre effacée. Mais que fait-elle encore là se demandent Lénaïg Bredoux et Michel Deléan. Le site ATLANTICO compare lui ce matin, François Hollande à un sultan et la ministre de la Justice à l'héroïne des 1.001 bourdes. C'est elle qui lundi expliquait à la télévision algérienne que la déchéance de nationalité ne serait pas retenue. Taubira écrit Gilles Gaetner est imprudente, volcanique, expéditive, absente et déroutante. Une sorte d'héroïne de Montherlant qui au fond, n'aime guère qu'on l'aime. Dans l'entourage de Manuel Valls, on explique aux ECHOS que la question de son départ ne se pose pas. De toute façon, plus la droite va demander son départ et l'injurier, plus elle souhaitera rester.

Et pendant ce temps politique, on en apprend un peu plus aussi, sur l'assaut mené à Saint Denis contre Abdelhamid Abaoud, le cerveau présumé des attentats de Paris.

A lire dans LE MONDE, le résumé du rapport sur les circonstances de l'intervention, on y apprend par exemple, qu'aucune arme de guerre n'a été retrouvé contrairement à ce qu'a pu dire le patron du Raid. Il y a avait dans les décombres seulement un pistolet semi-automatique, sans chargeur mais avec une balle. L'essentiel des munitions, plusieurs milliers, a été en réalité tiré par les policiers d'élite. Le risque qu'un piège ait été tendu n'était pas à exclure justifie t'on du côté du ministère de l'Intérieur.

A lire également dans la presse aujourd'hui, Jean-Marie Le Pen déclare sa flamme à Nicolas Sarkozy.

A chacun sa stratégie politique. C'est à lire sur le site du SOIR DE BELGIQUE, qui a consulté l'hebdomadaire d'extrême droite RIVAROL. On y apprend donc que le fondateur du Front National ne tarit d’éloge sur l’ancien président de la République. Selon lui, Nicolas Sarkozy est «de loin le meilleur. Il est celui qui n’hésitera pas à déborder Marine sur sa droite». Et ce n’est pas tout. Selon le Menhir toujours : «Sarkozy est un bateleur de qualité» qui «peut faire rêver» et qui «a du charme, ce que n’ont ni Juppé, ni Fillon, qui ont tous les deux des gueules d’empeigne». Les deux anciens Premiers ministres en prennent pour leur grade : «Sarkozy a les moyens de gagner cette bataille, car ses deux principaux concurrents ont des têtes de croque-mort qui sont véritablement impayables».

Allez pour terminer, Laetitia, vous nous emmenez en ballade ce matin.

Actualité de Noël exige, parlons des rennes. Sur le MAKING-OF de l'AFP, on peut y découvrir le voyage de Greg Baker en Mongolie au royaume des rennes. Magnifiques photos de la Taïga Mongole. 12 jours de voyages, pour rencontrer ces éleveurs qui sont dit-on, parmi les derniers à perpétuer un mode de vieux de plusieurs millénaires. Ils appartiennent à la minorité Dukha, une ethnie dont le nom mongol est Tsaatan, littéralement : «ceux qui possèdent des rennes» Les Dhuka dépendaient jusqu'ici, de leurs bêtes pour le lait et leurs déplacements. Mais leur habitat est perturbé par le changement climatique. De plus, le gouvernement, dans le souci de préserver la nature, a interdit l’accès à de vastes territoires sur lesquels ils avaient l’habitude d’aller et venir. Conséquences... ils ont cessé d’être autosuffisants. Alors question du jour...De combien de rennes, le Père Noël a t'il réellement besoin pour distribuer l'ensemble de ses cadeaux sur la planète cette nuit ? Le mensuel CAUSETTE a fait les calculs. Si on prend en compte leur force de traction : 500.000. Pourquoi ? Parce que figurez vous qu'on s'échangera demain matin sous le sapin, entre 120 et 130 millions de cadeaux en France. Le Père Noël doit quand même livrer 75.000 tonnes de paquets. Soit au total, 3.500 tonnes de CO2 dépensés. D'autant que pour les emballer, les lutins auront décimé en tout, plusieurs milliers d'arbres. Soit 11.000 tonnes de CO2. Je ne vous parle des jouets qu'il est allé chercher en Chine. Soyons très clair et rien qu'entre nous : Le Père Noël n'est pas très écolo.

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