Etienne Chouard en majesté dans la Provence. Un médecin italien qui veut greffer des têtes, dans le Monde. un adolescent alpiniste dans le Dauphiné. Un conte de Noel dans l'Echo. Une Vierge à l'Enfant dans Ouest-France. Les Chrétiens de Syrie prisonniers de soutenir Bachar, leur moindre mal, dans le Figaro.

On parle de brou de noix ce matin!

Evidemment, le brou de noix, cette matière, je le lis dans Midi Libre, "révolutionnaire, directe, immédiate", et qui par sa fluidité a permis à un peintre de retrouver l'esprit des cavernes, "je rêvais aux peintures préhistoriques, les illisibles, les primitives", nous dit Pierre Soulages dans Midi Libre, Soulages qui dans la France de l'après-guerre, sur une idée de l'ami Raoul Dufy, peignait au brou de noix qui ne coutait quasiment rien, pet ce souvenir scintille parmi tant d'autres dans cette belle interview donnée à Midi libre qui titre fièrement, "le siècle Soulages". Car le peintre préféré des français a 99 ans aujourd'hui, le Figaro également s'y arrête dans un texte tout aussi beau de ce peintre  "sidérant de force et de gaîté",  saisi dans sa maison de Sète près d'Ismaël, qui transporte pour lui les grands formats noirs, et de son épouse Colette d'un an sa cadette, épousée en octobre 1942 à Sète à minuit, "la mariée était en noir sous un grand chapeau noir moi aussi j'étais en noir"...   Le noir est joyeux. 

Et lisez donc Soulages ce matin où le rouge des pères Noel le dispute à l'horreur du Tsunami indonésien, lisez le dans et Figaro ou lisez-le dans Midi libre et la presse d'Occitanie, car Midi libre partage son texte avec l'Indépendant la Dépêche et Centre presse Aveyron. Lisez soulages partout en fait...  Car il nous parle de lumière. Car il nous parle d'un vieil homme qui peint en dépit de l'arthrose et  qui fut un enfant qui figurait la neige en dessinant des traits noirs qui faisaient ressortir le blanc du papier.  Il nous parle des honneurs, Soulages qui sera au Louvre l'an prochain et peut-être à New York pour son siècle.  

Il nous parle aussi de la France, Soulages qui se souvient d'un jeune homme désespéré en 1941 arrivant à Montpellier et entendant que l'on criait "vive Pétain" près de son hôtel, car le Maréchal ce jour-là recevait Franco, et Soulages qui était né à la conscience politique dans la guerre d'Espagne, était allé se consoler au musée Fabre devant Courbet et ses baigneuses, et de ce souvenir plus profond que l'anecdote, Soulages nous redit que l'art nous console, et cela reste vrai pour les personnages majeurs de l'actualité éphémère.

Nous lisons que Soulages fut une parenthèse aimable pour un président aujourd'hui en souci, puisqu'en mars dernier Emmanuel et Brigitte Macron vinrent le voir à Sète et le couple impressionna Soulages par sa culture! Le peintre cita les premiers mots d'une phrase de Stéphane Mallarmé sur l'art, le Président la compléta de manière simple et fluide! "Sait-on ce que c'est qu'écrire? Une ancienne et très vague mais jalouse pratique, dont gît le sens au mystère du coeur. Qui l'accomplit, intégralement, se retranche."  

Se retranche-t-il dans l'art encore aujourd'hui, notre Président lettré que le Monde croque en réveillon avec nos militaires du Tchad, protégé l'espace d'une escapade des soubresauts d'un pays qui donne le sentiment de perdre les repères. Les français laissent dormir leur argent en banque, l'encours des dépôts dans l'hexagone atteint les 390 milliards d'euros disent les Echos, et ce n'est pas le moins inquiétant... 

La Provence interroge en majesté le professeur d'économie Etienne Chouard, qui parcourt les barrages de gilets jaunes pour créer lis-je des ateliers constituants, car sur les barrages et dans le référendum d'initiative citoyenne, on va retrouver l''esprit de la démocratie grecque où les riches ne gouvernaient pas, et Chouard a un beau visage d'homme habité, personnage des anti-système depuis le référendum européen de 2005, mais qui s'aventura en complotisme. Il balaie les reproches ainsi, Chouard... "parfois je me trompe, c'est humain, cela ne fait pas de moi un criminel"...   Il se dit anarchiste, Chouard, comme soulages, qui aimait bien Rocard et aime bien macaron... les mots ont leur limite...    

Et les journaux  parlent de Noel...  

Qui est la consolation et l'espérance, et pas seulement aux églises... Et l'Echo; qui est un journal de l'Indre, de la Dordogne et de la Creuse, cède joliment à la coutume du conte de noël, dans un texte écrit par un instituteur à la retraite féru de nouvelles, Jacques Lecomte, et le conte de Monsieur Lecomte raconte un vieux monsieur de 91 ans, dont la femme de 90 ans ne bouge plus sur son lit d'hôpital et il faudra appuyer sur le bouton pour en finir, mais le père Noël lui redonne vie...   

Veut-on croire aux contes, à nos vieilles histoires et nos douceurs maintenues? Noel enfin titre la croix, Ouest-France met en une  si belle image d'une vierge à l'enfant d'un peintre italien du 17e siècle et l'éditorial du grand quotidien de l'Ouest s'émeut de Jésus, "prince de la paix né au cœur de la nuit et devant fuir la violence déchaînée du tyran de l'époque", et Ouest France parle donc du Christ, mais parle d'aujourd'hui. Il y a dans la presse chrétienne un appel farouche à la solidarité, et aussi un appel à la mémoire collective, la Vie, encore en vente ce début de semaine, raconte bellement les nuits de Noel qui étaient festives et bruyantes jadis...    

La Croix nous dit qu'Asia Bibi, chrétienne du Pakistan que les islamistes veulent tuer, passera noël en recluse, gardée pour sa sécurité d'un pays qui l'a gracié mais qu'elle ne peut quitter. 

Le Figaro est parti en reportage auprès des chrétiens de Syrie, où l'on à nouveau célébré une messe le 15 décembre à Notre dame de la flamme dans la ville de Homs, et c'est un TRES BEAU REPORTAGE sur le désespoir d'une communauté dont le monde a été détruit par la guerre,  le plus triste est cette résignation de chrétiens qui doivent adhérer au régime de Bachar el Assad, qui était l'ennemi d leurs ennemis, et ils sont, eux, témoins de l'espérance, prisonnier d'une dictature qui serait leur moindre de mal...  il est aussi beau, le reportage du Figaro, que l'éditorial du journal est étrange, qui pour défendre les chrétiens d'orient s'en prend aux "zélotes de la diversité", comprenez les progressistes d'occident qui seraient indifférents à ce drame, et cette détestation de la diversité, ici, au nom de la diversité, là-bas, laisse rêveur, comme les idéologies des hommes.  

Dans Libération, je lis des histoires d'animaux sensibles er intelligents; c'est excellent, aussi, pour se soulager.    

Et un médecin italien pour finir...   

Un médecin dont les ambitions prométhéennes ont déjà été racontées par l'Express, mais le Monde nous fait voir dans une discussion dans les jardins du Palazzo reale de Turin le charme vénéneux et l'élégance italienne du professeur Sergio Canavero, qui s'est juté de greffer un jour une tête d'homme sur un corps d'homme, pour que l'esprit survive aux aléas des corps usagés... Il veut refaçonner l'avenir comme d'autres veulent refaçonner la république, ils sont délicieux...   

On reste après Canavero avec un besoin e chose simples. Dans le Dauphiné, un adolescent, Tom Lafaille poursuit la trace de son papa Jean-Christophe qui était alpiniste et est mort au bout du monde quand il n'avait pas cinq ans, il grimpe, le jeune Tom qui commença sur les murs de sa chambre bambin. Soulages aussi a grandi sans père et en fut libre; Tom est libre de suivre le sien.

Précision. A l'antenne, j'ai parlé de millions et non pas de milliards à propos des dépôts bancaires des Français, ce qui était absurde, et est sans excuse, fut-ce en plaidant le lapsus, sans excuses sinon celles que je présente ici aux auditeurs.  C.A.

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