Sans doute avez-vous déjà vu son visage... Car elle était en France il y a quelques semaines... Et on l'a aperçue à la télé : elle a donné des interviews... Ce matin, c'est dans Le Figaro qu'on la retrouve... grande photo d'elle, à la page 2... Petit bonnet de laine et sweet à capuche blanc, elle offre un grand sourire à l'objectif du photographe... Ses yeux sont joyeux également... Elle, c'est Nojoud... Elle a 10 ans... Et c'est la première mineure yéménite à avoir demandé et obtenu le divorce... Sans doute avez-vous déjà vu son visage... Et peut-être, du coup, avez-vous déjà entendu son histoire... Mais si ce n'est pas le cas, je vous invite à lire le papier du Figaro... papier signé Delphine Minoui... qui nous raconte le parcours de Nojoud, mariée de force en avril 2008 avec un homme de 30 ans, contrainte d'arrêter l'école, privée de sorties, abusée sexuellement, et qui un matin a dit "non"... Elle s'est enfuie... Elle est allée voir un juge... Et aidée par une avocate, elle a donc finalement obtenu le divorce... Aujourd'hui, son histoire a fait le tour du monde... Nojoud est devenue un symbole... Et d'autres petites filles du Yémen ont suivi son exemple... à tel point que le Parlement yéménite vient de porter à 17 ans l'âge légal du mariage... Pas suffisant toutefois pour mettre fin à la coutume, comme le rapporte la rédactrice en chef du Yemen Times, premier journal à s'être intéressé aux mésaventures de Nojoud... "Récemment, raconte-t-elle, une fillette yéménite de 9 ans, mariée à un homme saoudien, est morte trois jours après ses noces... Ses parents auraient dû crier au scandale... Au contraire, ils se sont empressés de s'excuser auprès du mari, comme s'il s'agissait d'une marchandise de mauvaise qualité... Et ils ont offert en échange sa petite soeur de 7 ans"... Le poids de la coutume... Quant à la petite Nojoud, elle, elle est retournée vivre chez ses parents... Elle retourne à l'école... Elle continue de donner des interviews... Au Yémen, les femmes l'applaudissent... Mais certains hommes, toutefois, la considèrent comme une traîtresse... Et les petites filles comme elle ne sont pas à l'abri d'un "crime d'honneur", prévient Delphine Minoui, qui vient de co-écrire un livre avec Nojoud : "Moi, Nojoud, 10 ans, divorcée"... Ce qui donne, dans le journal : "Au Yémen, la révolte des petites filles mariées de force"... Et c'est un tout autre mariage qui continue, ce matin, à faire la Une des journaux : le mariage entre les Caisses d'Epargne et la Banque Populaire... avec une polémique qui s'amplifie autour de la nomination attendue de François Pérol à la tête du nouveau groupe bancaire... François Pérol, actuel secrétaire général adjoint de l'Elysée... dont La Croix nous dresse le portrait... "45 ans, brillant, charmant, drôlissime", si l'on en croit les industriels, les banquiers et les conseillers qu'a rencontrés Solenn de Royer... C'est elle qui signe le portrait de ce haut-fonctionnaire... "Mèche grise et sourire en coin, sorti major de l'ENA, considéré comme l'artisan principal des mesures anti-crise... Le plan de relance, c'est lui... Le plan de sauvetage des banques, c'est encore lui... Le plan pour l'industrie automobile, c'est toujours lui... Et, dixit ma consoeur, son éventuel départ de l'Elysée inquiète aujourd'hui une partie du microcosme, qui se demande pourquoi le chef de l'Etat, en pleine crise financière, a décidé de se séparer de ce précieux conseiller"... Inquiétude d'un côté... et polémiques de l'autre... "Polémiques autour d'une nomination", titre ainsi La Tribune... "Polémique sur un proche du Président", titre Libération... Tandis que Le Parisien-Aujourd'hui en France évoque "la fusion qui fait des vagues"... Le Parisien qui a choisi comme "mot du jour" le mot "pantouflage" : terme qui désigne avec une certaine ironie le fait, pour un fonctionnaire (et plus généralement, pour un haut-fonctionnaire) de passer de l'administration publique au secteur privé... C'est légal, mais à certaines conditions... Il ne faut pas, notamment, qu'il y ait conflit d'intérêts, c'est-à-dire que le fonctionnaire en question ait eu auparavant des relations avec la société qu'il a choisi de rejoindre... Or là, de l'avis de certains, il y a donc, si ce n'est conflit d'intérêts, en tout cas un sérieux mélange des genres... C'est l'avis de Michel Vagner, dans L'Est Républicain... "La compétence de François Pérol n'est pas en cause, écrit-il, c'est la méthode, c'est le mélange des genres"... "N'y aurait-il en France des gens de valeur qu'à moins de 100 mètres du palais présidentiel ?", s'interroge de son côté Yann Marec dans Le Midi Libre, en évoquant "une nomination-copinage"... Dénonciation plus forte encore chez Dominique Garraud, dans La Charente Libre... Lui également parle de "mélange des genres"... Mais il sent même, dans cette affaire, "des effleuves nauséeux de république bananière"... Et voilà comment il résume la situation de François Pérol arrivant à la tête d'un groupe dont il a lui-même été l'instigateur : "C'est comme un directeur d'une agence matrimoniale qui, après avoir oeuvré pendant des mois à l'union de deux futurs époux, se glisserait le jour du mariage à la place du monsieur pour passer l'anneau à la main de la promise". Polémique donc sur ce mariage bancaire... et champagne pour le PACS... Ca, c'est à lire notamment dans France-Soir... "Le PACS vient de fêter ses dix ans, et il est en train de rattraper le mariage"... "Avec près de 140.000 actes signés l'an dernier, le PACS, union si décriée au départ, est aujourd'hui entré dans les moeurs"... Du côté des enseignants-chercheurs, là en revanche ce n'est toujours pas le champagne... On en parlait à l'instant avec Valérie Pécresse : le mouvement de grogne se poursuit... Et l'on peut dire sans se tromper qu'entre les universitaires et leur ministre, l'heure n'est en effet ni au PACS ni au mariage... C'est plutôt le divorce, comme en témoignent ces titres des journaux... A la Une de Presse-Océan : "Le blocus reconduit à l'université de Nantes"... Etudiants et personnels restent mobilisés jusqu'à lundi... Et "le mouvement s'étend à l'ensemble de l'éducation", commente L'Humanité... La quatrième semaine de mobilisation dans les universités commence sous le signe d'une convergence active et accrue du primaire et du secondaire... "Elle ne veut pas être une entreprise : l'université résiste" : ça, c'est à lire dans Les Inrockuptibles... une enquête d'Anne Laffeter sur cette fronde des chercheurs et des enseignants qui aujourd'hui remettent en cause le fondement même des réformes... "des universitaires qui se sont sentis méprisés, insultés, déshonorés et outrés par les contre-vérités de Nicolas Sarkozy dans son discours du 22 janvier dernier, un Sarkozy potache qui s'est moqué d'une recherche française aux résultats médiocres et de la fainéantise des enseignants-chercheurs"... "Bien sûr, on peut mettre les rieurs de son côté, en se gaussant des 128 heures annuelles de cours", commente ce matin Jacques Le Goff, à la Une de Ouest-France... Il est professeur de droit public à Brest... "Bien sûr donc, écrit-il, on peut se gausser... Mais les rires s'effacent lorsqu'on explique que, pour réaliser une heure de cours, il en faut une vingtaine ou plus de préparation... Pour écrire dans une revue un article sérieux, il faut trois mois de travail... Pour rédiger un livre, deux à cinq ans... Sans compter la lecture des thèses, d'une moyenne de 500 pages... Ce qui fait problème dans cette affaire, poursuit-il, c'est l'obsession de la performance mesurable érigée en mesure de la qualité de l'action publique"... Bref, on demanderait aujourd'hui aux enseignants-chercheurs de faire du chiffre... comme on demande aux magistrats de faire du chiffre... comme on demande également aux préfets de faire du chiffre, pour les reconduites à la frontière notamment... Sur le sujet, je vous conseille d'ailleurs la lecture du papier de Fouzia Othman sur le Bondyblog... "La chasse aux chômeurs étrangers continue"... Témoignage d'une conseillère d'un Pôle Emploi, qui raconte comment elle contrôle les chômeurs étrangers, avec un détecteur de fausse pièce d'identité... "Et lorsqu'une pièce non valide est repérée, une procédure de signalement est mise en route... Le conseiller ne doit rien dire à la personne... Tout se fait à son insu... Il transmet la copie du titre de résidence au service des fraudes de l'ASSEDIC, qui contacte ensuite la Police de l'air et des frontières"... Les agents du Pôle Emploi auraient donc pour consigne d'aider la police... Autre site d'information Internet : le site Bakchich... qui nous apprend ce matin que Noël Mamère pourrait perdre sa robe d'avocat... Noël Mamère, journaliste devenu député... Et qui, du fait de son parcours et de ses fonctions électives, a pu, comme d'autres politiques, devenir avocat sans passer les concours traditionnels... Dominique de Villepin a fait de même, ainsi par exemple que Jean-François Copé... Et Noël Mamère a récemment plaidé... On s'en souvient : c'est lui qui a défendu Olivier Besancenot dans l'affaire l'opposant à l'entreprise Taser... Mais, nous apprend Bakchich, en mai dernier, un recours a été déposé contre l'inscription au Barreau de Noël Mamère... qui serait donc aujourd'hui un avocat en sursis. Un peu de douceur dans le monde politique... Ca, c'est à lire dans Le Figaro... A la sortie du dernier Conseil des Ministres, Eric Besson a félicité Christine Albanel... "De tous les ministres, lui a-t-il dit, c'est toi qui te débrouille le mieux en ce moment"... Réponse ironique d'Albanel : "Je suis partie tellement bas que je ne pouvais que remonter"... Valérie Pécresse : d'après vous, c'est qui le ministre qui s'en sort le mieux en ce moment ? (...) Et puis, pour finir, deux autres infos réjouissantes... D'abord une citation de Bernard-Henri Levy dans l'hebdomadaire Gala... "Lorsque je travaille, j'écris généralement nu"... Et puis cette bonne nouvelle, à la Une de France-Soir... "Jeanne Mas revient"... "Après une éclipse de plus de dix ans, la chanteuse prépare son retour à l'Olympia"... Quel rapport entre BHL et Jeanne Mas ?... Aucun...

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